‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 27 sur 65 · S LE DEPART · texte numérisé non relu

S LE DEPART

Adieu, doux ciel natal , terre où j'ouvris les yeux ! Adieu , patrie ! adieu , patrie !

Il tombe ce mistral , dout le souffle glacé M'enchaînait dans le port de l'antique Marseille ; Mon brick napolitain qui sommeillait la veille Sur cette onde captive où les vents l'ont bercé ,

Aux cris qui frappe mon oreille Sous ses agrès tremblans s'émeut, frémit, s'éveille,

Et loin du port s'est élancé.

O toi , des Phocéens brillante colonie , Adieu , Marseille , adieu ! Je vois blanchir tes forts. Puisses-tu féconder, par de constans efforts, Les germes de vertu , de valeur , de génie , Dont les Grecs tes aïeux vinrent semer tes bords. Que la mer te soit douce , et que le ciel prospère Regarde avec amour tes opulens remparts! () fille de la Grèce , encore adieu ! je pars ;

Sois plus hcMU'ciisc (|ii(' la lucrc !

Je les liravr tes flots, je ris de leur eonrroiix ; J'aime à sentir dans Fair leur mordante amertume Ils viennent , et de loin soulevant leur écume , A la proue élancés, ils bondissent vers nous. Mais , tels que des lions dont la fiu eur avide Sous une main connue expire en rugissant , Je les vois caresser le voile blanchissant

De la Madone cpii nous guide , Lorsque son bras doré , sur leur dos s'abaissant ,

Joue avec leur crinière limnide.

Courage, mon vaisseau ! double ce cap lointain ;

Penche-toi sur les mers; que le beaupré s'incline

Sous le foc déployé qui s'enfle et le domine.

Mais ce cap, c'est la France ; elle aura fui demain. . .

Je l'entends demander d'une voi\ douce et liére,

Sur quels bords, dans quels champs en lauriers pi us féconds,

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