‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 36 sur 65 · I)[I GÉNÉRAL FOY · texte numérisé non relu

I)[I GÉNÉRAL FOY

A LA FfARCfc:

P.orrr; villa Paolms

ON, tu ne connais pas enror Ce sentiment d'ivresse et de jne'Ianeolie Qu'inspire d'un beau jour la splendeur allaiblie,

184 Li:s FUiM:nAiLLi:s

Toi qui n'as pas vu les flots (roi* , Oii uaue à son couchant un soleil d'Italie, Inonder du Forum renceinte ensevelie Et le temple détruit de Jupiter Stator!

Non , tu ne connais pas l'irrésistible empire Des beautés qu'il déploie au moment qu'il expire Si tes yeux n'ont pas vu son déclin vif et pur, Qui s'éteint par degrés sur Albane et Til)ur , Verser les derniers feux d'une ardeur épuisée

A travers le brillant azur

Des portiques du Colisée 1

Sur le mont Janicule et ses pins toujours verts ,

Tu meurs, mais dans ta gloire ; on t'admire, on te chante;

Tu meurs, divin soleil , au milieu des concerts

De cette Rome plus touchante Qui pleure ta clarté ravie à ses déserts.

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Du trône tu desceruls comme elle:

Jadis ses moiiumens t'égalaient en splendeur : n'une reine déchue amant tou jouis fidèle. Que ta lumière est triste et helle Sur les déi)ris de sa grandeur!

1 es layons amortis, que le regard supporte, Pâlissent en les éclairant , Soleil , et ton éclat mourant S'unit mieux à leur beauté morte.

Ainsi l'on voit s'éteindre, environné d'hommages, IjC talent inspiré , qui , pur et sans nuages ,

N*a brillé que par la vertu.

Ainsi nous Tadmirons, ainsi nos larmes coulent , Au milieu des débris de nos lois qui s'écroulent

Comme un monument abattu ; F't l'éclat plus sacré de ce flambeau (|ui tombe Répand les derniers feux dont il est embrasé

186 r.i:S FUNERAILLES

Sur le temple détruit et sur l'autel brisé De la r/iberté qui snccoinbe.

Dans sa splendeur enseveli , Glorieux et pleuré par la reconnaissance, Ainsi mourut cehii qui vengea notre France.

Ces traits éloquens ont pâli Qui de l'ame élancés pénétraient jusqu'à l'ame; 11 s'est ouvert ce cœur, il vient de se briser, Trop plein pour contenir la généreuse flamme

Qu'il répandait sans l'épuiser.

La patrie, à l'aspect d'une cendre si chère, A senti s'émouvoir ses entrailles de mère.

Ah ! qu'elle pleure, elle a droit de pleurer : Pour la défendre encore il déposa ses armes.

Elle s'honore en voulant l'honorer.

A le nommer son fils qu'elle trouve des charmes ; Fière de sa douleur, plus belle de son deuil ,

DU (;i:M-:nAi. ioy is'

A (|iM Noudra les nom' (jircllc montre ses lairnes ; Car il est des enians (ni'on pleure avec or-^ueil.

Koine, tes yeux sont morts à ces larmes sacrées

Dont on iiaît gloire en les versant ; Les cendres de tes fils ne sont plus honorées

Par ce tribut reconnaissant.

En vain leurs nobles cœurs battaient [)our la patrie, Dans ton abaissement en vain ils t'ont chérie ; Ces murs , dont Michel-Ange a jeté dans les (mcux

l.c dôme audacieux , Réservent leurs honneurs à la puissance morte : Pour elle des concerts, des Heurs et des flambeaux , Et des bronzes menteurs penchés sur des tombeaux ; Mais pour la vertu , que t'importe ?

Aussi , courbé sous Tor du sceptre pdstoral , Ton peuple grave et fier, que ce mépris offense, r^aisse tomber son bras levé pour ta défense.

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