UNE SE3IA1NE
Vengeance! Tout un peuple a répété : Vengeance
Restes inanimés . vous serez satisfaits !
Le peuple vous l'a dit , et sa parole est sure ;
Ce n'est pas lui qui se parjure :
Il a tenu cpiinze ans les sermens qu'il a faits.
Il s'est levé : le tocsin sonne ; Aux appels bruyans des taml)ours, Aux éclats de l'obus qui tonne, Vieillards, enfans, cité, faubourgs.
Sous les haillons , sous l'épaulette .
Armés , sans arme , unis , épars , Se roulent contre les remparts Que le fer de la baïonnette Leur oppose de toutes parts.
Ils tombent ; mais dans cette ville , Où sur chaque pavé sanglant La mort enfante en immolant , Pour un qui tombe il en naît mille.
Di: PAins. 22:>
Ouvre/., ()u\ l'VA eiicor les grilles de Saint-Cloiid ! Vomisse/ des soldats [)oiir nous livrer bataille, [jcsabreestdansleui s mains ; dans leuis laiii^s , la mitraille ; Mais de la f^iherté l'arsenal est j)artout.
Que nous importe à nous l'instrument qui nous venge I
Une foule intrépide agite en rugissant
La scie aux dents d'acier, le levier, le croissant ;
Sous sa main citoyenne en arme tout se change :
Des foyers fastueux les marbres détachés ,
TiCS grès avec effort de la terre arrachés ,
Sont des boulets pour sa colère ; Rt , soldats comme nous , nos femmes et nos sœurs
Font pleuvoir sur les oppresseurs
Cette mitraille populaire.
Qu'ils aient Tordre pour eux, le désordre est pour nousl
226 UNE SEMAI ni:
Désordre intelligent, f[iii seconde Faudace,
Qui connnande, obéit, marque à chacun sa place,
Connne un seul nous l'ait agir tous .
Et qui prouve à la tyrannie ,
En brisant son sceptre abhorré ,
Que , par la patrie inspiré , Un peuple, comme un homme, a ses jours de génie
Quoi ! toujours sous le feu , si jeune, au premier linig Retenons ce martyr que trop d'ardeur enflamme. Il conrt , il va monrir. . . Relevons le mourant : O liiberté ! . . . . c'est nne femme !
Quel est-il ce guerrier suspendu dans les airs?
De son drapeau qu'il tient encore Il roule autour de lui le linceul tricolore. Et disparaît au milieu des éclairs.
Viens recueillir sa dernière parole, Grande ombre de Napoléon !
C'est à loi (le f^raver son nom Sur les piliers du noiiNeau pont d'Aréole.
Ce soleil de juillet (|ireiiliii nous revoyons,
Il i\ brillé sui' la l>astille.
Oui , le voilà, e'est lui! F^a T^iberté, sa fille,
Vient de renaître à ses rayons.
Ijuis pour nous, aeeoniplis l'œuvre de dëlivranee ; Avance, mois sauveur, presse ta course, avance :
Il faut trois jours à ces héros.
Ahrèj^^e au moins pour eux les nuits qui sont sans gloire ;
Avance , ils n'auront de repos
Oue dans la tond)e ou la victoire.
Nuits luo'ubres ! tout meurt, lumière et mouvement.
De cette obscurité nuu'tte et sé[)ulcrale
Quels bruits iiuiltendus sortent [)ar intervalle.*
Le cliquetis du fer qui heurte pesannnent
Des débris entassés la barrière inégale ;