UNE SEMAINE
Ces cris se répondant de moment en moment : Qni vive? — Citoyens. — Garde à aous, sentinelles! L'adieu de deux amis, dont un embrassement Vient de confondre encor les âmes fraternelles ; Les soupirs d'un blessé qui s'éteint lentement , Et sous l'arche plaintive un sourd frémissement, Quand Tonde, en tournoyant, vient refermer la tombe D'un cadavre qui tombe. . .
Au Louvre, amis ; voici le jour !
Battez la charge ! au Louvre ! au Louvre ! Balayé par le plomb qui se croise et les couvre ,
Chacun , pour mourir à son tour,
Vient remplir le rang qui s'entr'ouvre.
Le bataillon errossit sous ce feu dévorant. Son chef dans la poussière en vain roule expirant ; Il saisit la victime , il l'enlève , il l'emporte , Il .s'élance, il triomphe, il entre... Quel tableau ! Dieu juste ! la voilà victorieuse et morte
Sur le trône de son bourreau !
I)i: 1>AIUS. 229
Allez , volez, tombez dans la Seine écumante , D'un pouvoir [)arrici(le einhlènies abolis ! Allez , eliiffres brisés ; allez , pourpre fumante ; Allez , drapeaux déchus , que le meurtre a salis ! Dépouilles des vaincus , par le fleuve entraînées , Dépouilles des martyrs que je pleure aujourd'hui , Allez , et sur les flots , à Saint-Cloud , portez-lui 1 jC bulletin des trois journées !
Victoire ! embrassons-nous. — Tu vis ! — Je te revoi I
— liC fer de l'étranger m'é[)argna connue toi.
— Quel triomphe! — En trois jours —Honneur à ton coiu'agel ■ — Gloire au tien ! — C'est ton nom qu'on cite le pirmici'. — N'en citons qu'un. ^ — Lequel? — Celui du peuple entier. Hier qu'il était brave, aujourd'hui qu'il est sage !
— Du trépas en mourant , un d'eux m'a préservé.
— Mais ton sang coule encor. — Ma blessure est légère.