‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 50 sur 65 · HYMNE DES INA ALIDES · texte numérisé non relu

HYMNE DES INA ALIDES

Tu seras fier de ton repos, Car tu dois , chez tes intrépides , Dormir oii dorment les héros, Sous les drapeaux des Invalides !

Tous ces étendards mutilés, En y balançant les blessures

•280 HYMIVE DKS ÎNVATJ1)I.S.

Dont la foudre les a criblés, T'y berceront de leurs min^mures

fi'artilleur, qui t'a vu sans nom Sur ta pièce républicaine, Y viendra parler de Toulon Avec son ancien capitaine.

Ceux qu'à ta voix Desaix guida Viendront, sur l'ombre consulaire Du vainqueur de la Bormida, Courber leur gloire octogénaire.

D'Austerlitz rêvant près de toi, Là viendront d'autres frères d'armes; Sur leur vieil Empereur et Roi, JÀ couleront leurs vieilles larmes.

iivmm: i)i:s in vaijdks. mi

Ils (liront, en redressant là Leurs fronts couverts de eie.Mtrie(\s Père des braves, te \oilà !

Ta eeruire a pave nos services.

Tu seras fier de ton repos !

Car tu dois, chez tes intrépides.

Dormir où dorment les héros Sous les drapeaux des Invalides!

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NOTES

Li: DKPAirr

-ihi^i^

Ailioii . p.ilrii' ! ailicii , p.iiric !

•Nous avons cntoiidii dire à l'auteur des Messéniennes que , lorsciue le brick napolitain sur lequel il était embarqué leva l'ancre, il entendit un jeune matelot chanter un air touchant d'Italie, que M. Delavigne a heureusement retenu ; il associa même alors aux notes de cet air les paroles d'une ballade h peu près improvisée , comme pour traduire la pensée supposée du chanteur. Nous croyons (ju'on nous saura ^ré de conserver irj cette ballad(\ (pioique l'auteur n'y trouvecpie le mérite de la naÏMMe :

r^a l)i'i<;aiitinr (^)ui \a toiiiiKM', lloiilo et s iiicliiH' Poiii' mCiitraiiu'i'

2S(j NO ri: S

() Viei'i'e Marie, Pour moi priez- Dieu !

Adieu , patrie !

Provence , adieu !

Mou pauvre pèie Verra souvent Pâlir ma mère Au bruit du vent.

O Vierge Marie , Pour moi priez Dieu Adieu , patrie !

Mon père , adieu !

I^a vieille Hélène Se confira Dans sa neuvaine Kt dormira.

>(>Ti:s 2S7

Pour moi prie/ Dieu Adieu , |);itri<* !

Ili'lènt*, ;i(li(Mi !

Ma scieiii' se \v\(\

Kt (Jit déjà :

(( J'ai fait un rêve :

(( Il reviendra ! »

() Vierge Marie , Pour moi priez Dieu .'

Adieu , patrie!

Ma sœur, adieu !

De mou Isaure T.e mouchoir hiane S'ai»ite eueore Kii m'appelaut

•iss iVOTi:s

O Vierge Marie, Poiii" moi prie/ Dieu Adieu , patrie!

sa lire, atJieii

Brise ennemie.

Pourquoi souiller Quand mon amie Veut me parler?

O Vierge Marie, Pour moi priez Dieu Adieu , patrie !

Bonheur, adieu !

LA SIHVLU:.

-mm»^

L'Rspagdo (|iii préfère au plus beau <lc srs droiis

On ne se souvient pas assez que, d'après les anciennes institutions du pays , la liberté avait obtenu droit de cité dans la monarchie espaj^nole , bien avant môme que l'Angleterre tVit entrée dans les voies du gouvernement représentatif. Le despotisme de Charles-Quint et le fanatisme de l'in- ([uisition dénaturèrent les vrais principes du gouvernement espagnol. En 1807, ce fut pourtant le souvenir des vieilles libertés castillanes qui fatigua Napoléon par d'héroïques résistances, et qui ressuscita les traditions chevaleresques du Cid. C'est à ce mémorable réveil de l'Espagne que M. Delavigne faisait allusion dans le fragment suivant d'un poëme (|ui ne sera jamais publié.

Dans l(* inonic sommeil (l'unr lirvi'c accahlantc

S'il rêve qu'un poignard se lève sur son sein, Voyez ee moribond, fort de son épouvante Pâle et les bras tendus pour saisir Fassassin , S'élancer frissonnant de sa couche brûlante : Ainsi la faible Espagne, à ses derniers nioniens. Secouant le sommeil d'une lente agonie,

Pour écraser la tyrannie

S'arracha de ses Ibndemens.

FiC Cid ! voilà le Cid , dont l'ombre désolée.

Brisant son mausolée , Paraît, le glaive en main, la douleur sur le front ; Il frémit , le héros , de colère et de honte ,

Comme au jour où cherchant le Comte Il perdit sa maîtresse et vengea son affront. a Arrière ! cria-t-il , guerriers dont la vaillance « Sons tant de cieux divers vengea l'honneur français ; a Arrière , par pitié pour trente ans de succès ! « Par respect pour ta gloire, arrière, noble France !

>oTi:s -2111

'V Ils rn\Mit(Mi(l(Mit (lu moins : je l<*s ai vus li-t'iiiii (( (]t's drapeaux inuliles et iicrs de leurs hiessur es : « Ils einpiuiitent des vents une voix pour t^énii»-. K Kt send)lent nuiiinurei* de sinisi res augures. (c Au récit des revers qui vous sont préparés , (( Baisse/ vos fers sanglans, étendards intrépid(\s 1 (c () vainqueurs de Valniy , pleure/ 1 « Pleure/, vainqueurs des Pviarnides !

(( Du ciel vomissant les féu\ , (( r^e plus brûlant des mois accourt et vous dévore : (( C'est peu : de notre sang des vengeurs vont eclore,

(( Semblables à leurs aieux

« Dont les bras victorieux « Ont brisé dans Burgos les bannières du Maure.

« Des montagnes dU rgel aux nuirs de V Mliinnbra,

•292 NOTES

ce Pelage a réveille nos tribus assoupies ;

(c Du guérillas fuyant le plomb vous atteindra ;

a Son stylet dans la main le meurtre vous suivra « Sur la crête des Asturies , a Dans les gorges de la Sierra . . .

« Ils ne sont plus ces jours oii , vous prenant pour guides ,

ce Les arts, d'un héroïque essor, ce Suivaient en combattant dans des déserts arides « Les pas de Sultan juste et de Sultan bras d'or*.

« Ils ne sont plus ces jours de liberté , de gloire , ce Jours sauveurs , et par vous à jamais consacrés , ce Où la France abreuvait ses sillons altérés ce Du sang dont Kellermann arrosait sa victoire.

* Surnoms donnes par \vs Arabes a Desaix va a Klobt-.r.

INOTKS -21^

« fnfortunés déhiis de tant cl'ex[)Ioits |)ass('s « Vous allez perdre dans nos sables « I^es derniers lambeaux vénérables « ()ue le boulet vous a laissés.

« Arrière, étendards intrépides..

« Mais non , la charge sonne , et vous obéirez : « O vainqueurs de Valmy , pleurez !

« Pleurez, vainqueurs des Pyramides ! »

DITIIYRAMHK

SUK LA NAISSAINCK I) T liOl \)E IU)MK

90 Mars I8i^

" Destin , f|ui m'as promis l'empire de la terre, « Tîi disais : Rome, un jour souveraine des rois,

« Les verra, courbés sous ses lois, f Devant elle abaisser leur sceptre tributaire : «( Rome au monde asservi dictera ses arrêts. " Où sont ces rois captifs, ces tributs, ces hommages > Et ce sceptre vain([ueur des peuples et des tiges?

'< Destin, qu'ont produit tes décrets?

•298 DITHYHAMHr SI |{ I. A NAISSANCR

a Ma gloire a disparu comme une ombre légère ;

(c Autour de moi je vois épars <c Les antiques débris du trône des Césars

'( Ensevelis dans la poussière.

' Où marchaient mes soldats, où flottait leur bannière,

a Je n'aperçois que des tombeaux ; « Et, déchu pour jamais de sa splendeur première, f( Un peuple de vaincus ose fouler la terre

(( Ou dort un peuple de héros. »

Rome! ne gémis plus sur tes foudres éteintes. Au séjour du destin ont pénétré tes plaintes, Et, de son antre obscur, aussi vieux que le temps Fia voûte prophétique a redit ces accens :

'v Quit la (îité de Mars à ma voix se console ; <c Un nouveau Jupiter, garant de mes décrets.

j)lJ iu)i i)i: i;oMi- jD'i

« Vîi |)i'ési(ltM' au (^apitoie; ( () monts (Iji Lutinni , inclinez vos soiniiu'ts ! ( Napoléon va rendre à I anticjue Ansonie '( Ses lauriers, sa splendeui', son troue, son ^enic

(( Rome, tes destins vont changer ; <( La France, sur tes pas, t appelle à la victoire,

(( Elle ne peul cédei' sa t^loii'e.

« Mais elle peut la |)arta<»er.

Pour soutenii' le poids du sacré diadème ()m doit à tes i^randeurs bientôt t'associer , « Du héros la bonté suprême (c Te pi'omet lui autie lui-même, (c De ses vertus inimortel héritier, v

Mais déjà le ciel te le donne; L'éclair luit , les airs sont troubles. Kt dans les temples ébranlés L'airain pieux trend)le et resonne.

3()0 DirHYHAMBK SIR LA fNAISSAÎNCI-

La foudre a retenti cent fois :

(( Quel est celui que le tonnerre

a En grondant annonce à la terre ■

f( C'est le fils du plus i>rand des rois '. .

Salut , doux espoir de la France !

Gloire au guerrier fils du guerrier i A peine il vient de naître ,... et Funivers entiei* A retenti de sa naissance.

Déjà l'aigle romaine , au vol audacieux ,

Va prendre son essor et planer dans les cieux :

Ces fils de Rornulus , dont vingt siècles de gloire

Protègent les exploits passés.

Tremblent de les voir éclipsés Par cet illustre enfant qu'adopte la victoire

L'astre de Jule en a pâli ,

J)L KOI l)K i;<)>IL MU

Et sous le marhre soliUiire, De ses restes glacés muet déjxjsitaiie César a tressailli.

Quel auguste ap|)aieil! quels pompeux sacrifices! Aux autels de son Dieu, dans les saints édifices,

T^a France est à genoux !

Quel innnense concours assiège ses portiques ! Ministres du Seigneur, redoublez vos canti(|ues ! O temples , agrandisse/- vous :

Sous ces voûtes religieuses Où flottent de vingt rois les dépouilles fameuses. Mobiles mounmens des exploits d'un héros. Ce peuple ne vient pas, dans sa reconnaissance, Du dieu guerrier, protecteur de la France,

Chanter les triomphes nouveaux.

Un besoin [)lus touchant que celui de la gloire

A guidé les Français ra\ is;

'M)'2 DITll YliVMIJi: Sll|{ LA NAISSAi^Cl;

Kt l'hyiniie de la paix, résonne eu ces parvis, (Vaguère aeeoutimiés aux chants de la victoire,

Le Danube est ému jusqu'au foiid de ses eaux

Et secouant sa cheveliue hiuiiide, Il s'élance joyeux de son palais liquide, TiC front ceint de roseaux.

Mais quelle sublime harmonie

Soudain retentit sur ses bords 1

Des vierges de la Geiinanie

Qui dira les divins accords?

Un dieu lui-même les inspire.

Un dieu leur a prêté sa lyre, Kt la corde sonore a frémi sous leurs doigts. C'est toi que leur voix chante, aimable souveraiue, Toi, dont les jeunes mains ont désarmé la haine. Toi, la fille, l'épouse et la mère des rois.

Tu parus : aussitôt les peuples de la Prjuicc

DU Hoi i)i: lunii. M):\

l^jitourèrent ton cliar de leur coneert joveiix ;

Devant loi marchait I esjx'iaiice,

Kit ce jour à jamais heureux D'un jour phis doux eueor nous doiuie l'assurancr Jeune InuuorteMe, il naît de ton sein généreux Ce fils que ta présence annonçait à rKinj)ii(', Un doux transport déjà se mêle à tes douleuis , Kt sur ces traits souffrans oii la beauté respire , Le souris maternel brille au milieu des pleurs.

Telle, dans sa course légère, Dissipant un brouillard obscui-.

Du jour l'aimable messagère Apparaît sur son char d'azur.

A la terre qui se réveille, La déesse , de sa corbeille Prodiguant les trésors divers, Par ses pleurs et par son sourire Annonce le dieu dont renq)ire Va s'étendre sur l'univers.

301 DITH VH AMBK.

Reçois, royal enfant, les vœux de la patrie : Qn'nn laurier paternel ombrage ton berceau 1 Que la gloire et les arts, qui charmeront ta vie , Consacrent à jamais le règne le plus beau ! Enfant chéri du ciel , attendu de la terre ,

Promis à la postérité, Puisses-tu, sous les yeux de ton auguste père.

Croître pour l'iimnortalité !

Et vous, peuples heureux qui couvrez ces rivages , O vous dont sa naissance a comf)lé tous les vœux ,

Goûtez un bonheur sans nuages Qui doit s'étendre un jour à nos derniers neveux.

Bannissez la crainte importune ; Par un vent favorable en sa course entraîné, Le vaisseau de l'Etat, de gloire environné ,

f^orte César et sa fortune

DISCOURS irOUVKKU'HF

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