‹ Messéniennes et poésies diverses: 13:e édChapitre 22 sur 27 · POÈME · texte numérisé non relu

POÈME

(^ u B L S titres n'ont-ils pat à l'amour des hiiniaini Ces mortels inspirés, dont les savitates mains Pour nous de la nature ont percé les mystères, Dans des cercles connus ont fait rouler les sphères. Et , sondant l'infini , peuplé ses profondeurs D'inpnobiles clartés et de feux voyageurs ?

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i48. LA DÉCOUVERTE

Leur sublime génie, à travers les nuages.

Osa ravir aux cieus le secret des orages ;

A l'aide du cristal en prisme façonné,

Divisa les rayons du soleil étonné-.

Expliqua des couleurs les brillants phénomènes.

Et de notre pensée agrandit les domaines.

Mais reculer l'instant qui nous [donge au tombeau.

Des misères de l'homme alléger te fardeau ,

Détruire sans retour ce mal héréditaire.

Que l'Arabe a transmis au reste de la terre (i).

Qui trop souvent mortel, toujours contagieux.

D'une lèpre inconnue a (r^pé nos aïeux.

Qui n'épargne le rang, ni le sexe, ni l'âge.

C'est te plus bea^ laurier dont se couronne un sage.

(i) On uh qi» le* aoUat» d'Omsr ippottéreDl U pedte vérole en Ëgypie , d'oà elle ne répiiadit dam le rnu du munile.

DE LA VACCINE- Ug

Quelquefois le hasard nous prête son flambeau , Pour éclairer nos pas dans un sentier nouveau.

Au fond du Glocester, dont les vertes campagnes Ifourrment des taureaux les utiles compagnes, Jenner opposait l'art à ce fléau cru«l, Tribut que la naissance impose à tout mortel. Ses bienfaisantes mains prévenaient la nature, Et, déposant au sein d'une heureuse blessure Du poison éprouvé le germe moins fatal, Transmettaient à la fois le remède et le mal (i). C'est ainsi qu'avant nous les peuples de l'Asie Préservaieitt ces beautés, trésors de Circassie, Qu'un avide intérêt, par ce triste secours,

(i) Jetant inoculait a Bcrklcy lorgqa'il découvrit U

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l5o LA DÉCOUVERTE

Aux entmis dn sérail condamnait potir lotiionrs.

Mais c'est peu d'arrêter le torrent dam sa course, El Jeniwt plus heureux en doit taiir U source. Le bien dtfns tous Ie$ atls n'est qu'an pas vers le mieu x . Tandis que dans BeA!èy ses loisirs studieux Contemplent les troupeaux des fécondes génisses'. D'un tuai, qui le Bttrprend, les fraîches cicatrices Ont fixé tout à coup ses yeux observateurs'.

<c Quelquefois , lui dit-on , de malignes humeurs,

• S'arrêtent sous les chairs de la mamelle ardente. « Le trayon douloureux que la fièvre tourmente , "Hérissé de tumeurs, couvert d'un pAle asur,

a Prodigne moins les flots de Son lait encorpur (i),

• £t pressé fu: ks-deigts 4« b«t^ tF0p avide,

(i) Le hit moing abonduit u'épioQTC aucune •llératioD.

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DE LA VACCINE. i5i

H Distille goutte ik goutte une liqueur limpide (i). <• Ces venins pénétrants empoisonnent la main

• Qui brise leur prison et leur ouvre tic chemin ;

I Mais sitAt qu'un pasteur en a senti l'atteinte ,

• n n'est pins tourmenté par la commune crainte :

• Le fléau dont vos soins «iemi«it put^r ces timn ,

• Ëmousse contre lui ses traits conlagienx. >

Jenner entend ces mois et sa route est tracée.

II marche, il toudie au but que poursuit sa pensée. Parle fer délicatdontilarmesesdoïgCs, ■

Le bras d'Unjeune enfant est effleuré trois fois. Des utiles poisons d'une mamelle impure.

Il infecte avec art cette triple piqAre.

(i) La limpidité e>t on des cacictcm pcincipmx qu! disilngiieat le bon vaccin. (Htrason.)

i5a LA DÉCOUVERTE

Autour d'elle s'allume un cercle fu^tiC.

Le remède nouveau dort long-temps inactif.

Le quatrième jour a coiUmencé d'éclore , Et la cbair par degrés se gonfle et se colore. La tumeur en croissant de pourpre se revêt'.

S'arrondit à Ial>ase et se clause aa sommet.

tJn cercle plus vçrmeil de ses {eux l'environne; D'une écaille d'argent l'épaisseur la couronne; Plus mbre , elle est dorée, elle s'ouvre et soudain Délivre la liqueur captive dans son sein.

Puisezlegerme heureux dans safraîcheur première. Quand le soleil cinq fois a fourni sa carrière. Si la douzième nuit a commencé son cours , Souvent il offrira; d'infidèles secours.

A peine les accès d'une fièvre lég^ Accompagnent les pas de ce mal volontaire-, £t l'ennemi secret par lui seul combattu,

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DE LA VACCINE. i55

Chassé de veioe en vein» , espire sans vertu.

O triomphe immortel dans les fastes du monde! Beauté, filte descîeux, toi, dont la main féconde Se plaît i varier ses trésors enchanteurs, Joint la forme élégante à l'éclat des couleurs , Imprime au front de l'homme line vaiie noblesse , Et d'un sexe adoré fait r^ner la faiblesse; Premier lien des cœurs et volupté des yeux, Beauté, toi dont l'éclat , sur des traits gracieux , Détruit avant le temps, passait comme un soiuire, Nous pourrons désormais prolonger ton empire.

Mais le bruit du prodige à Londres se répand. Recueilli dans la plaie , un philtre bienfùsant. Fixé sur des tissus, prisonnier sous le verre.

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rïS4 LA DÉCOUVERTE

Sans pérdK sOH pouroit titiverse t'Aagleterre. Pour Jenoer chaque épreuve est un succès nouveau . Vainqueur, devant ses pas il chasse le fléau. En vain dans ses fureurs une ignorance altîère. Un bandeau sur les yeux, insulte à la lumière; Le fanatisme, en vain contre lui déclaré, Environne l'erreur de son rempart sacré ; Où règne la raison, l'erreur est sans défense, L'Angleterre examine , approuve et récompense. L'Anglais, né libre et fier, aime la vérilé; Il la cherche , il la trouve , il marche à sa clarté. Estimé des Français, il leur doit son estime; Mais avare en tout temps d'un tribut Intime, Sans accoi'der l'éloge, il le veut obtenir.

HivauS) n l'intérêt & pu nous désunir, La Justine m nos canari ne dut jamût s'éteitidre : peux grandes nations s'admirent sans se oraimlrv !

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DE LA VACCINE. i5&

Vayaa loin (VAikion cw Ajiglilis eoiirageim , A travers lea «cueiU, sur les flots orageux, Di) wcret de Jenner propageant le4 q^rveillesi Sem» «ir d'auires biH^s l'heureuK fntU 4« set veilles. . Fendez. le uin des mers, hardli lutvigAleursl Les Autans ench^és suspendent leurs fureurs ; Un Dieu veille sur vous, un Dieu doit vous omidnire- AbaodofHiex la voil« au souffle du léphire^ Le ciel est pur, la nui^ prodigue sei flambeaux, . Et les sceurs de Thétis entraînent vos vaisseaua I Déjà vous alteignst, par delà le tro[»que.

Le vaste cwitiaent que liaigee l'Adantiqve.

Le vaccin voyageur parcourt ces bords lointains. Où le DK^a doré mârit pour nos fesdns. Et ces vallons peuplés de jeunes bayadères.

Dont Hadras a. tissu les pagures l^res.

Il pénètre à Bagdad, aux murs de Bassora

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i56 LA DÉCOUVERTE

Que le myrtbe enrichit des larmes de Mjirha, Dans ces champs , ou de loin le voyageur admire Quelques débris épars des grandeurs de Palmiie , Aux lieux où Constanbn a fondé ses remparts.

Et MUS le ciel glacé de l'emiùre des Czars.

Mais volons sur ses pas aux rives de la France. Le bruit de ses bienfaits vainement le devance; La folle confiance, aux regards effarés , Adopte les récits par l'effroi consacrés.

Des crimes de Jenuer quelle absurde chronique ! L'un croît trouver la mort dans ce philtre ma^ue; L'autre croit voir sa fille , errante aux pieds des monts, Fouler, nouvelle lo, le thym et les gazons (i);

(i) Quelque» balnUtita im la cimpigiie, ntétae âaaa les eniiioni de PeHa , imt ponwé la folie jusqu'à croiic que le

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