LA DÉVASTATION DU MUSÉE ET DES MONUMENTS
J-iA sainte vérité qui m'éoIuufEe et in'iiupiFe , Écarte et foule aux pieds les Toiles imposteurs : Ha muse de nos maux fiétrira les auteurs,
Dussé~je voir briser ma lyre Par le glaive insolent de nos libérateurs.
ao SECONOE
Où vODt ces chars pesants coadiûts par leurs cohortes :
Sous les voAtes du Louvre ils marchent à pas lents . -
Ib s'arrêtent deyant ses portes; Viennent-ib Ini ravir ses sacrés ornements ?
Huses , penchai vos têtes ahattues :
Du siècle de Léon les chefs-d'œuvre divins Soos unciet sans clarté suivront les froids Gennaios ; Les vaisseaux d'Albion attendent nos statues.
Des profanateurs inhumains Vont-ils anéantir tant de veilles savantes f Porteront-ils le fer sur les toiles virantes.
Que Raphaël anima de ses mains?
Dieu du Jour, Dieu desvers, ils brisent ton image. C'en est fait ■ la victoire et la dimité ' Ne couronnent plus tbn visage
MESSËNIENNE. si
D'une double iaunoitalité.
C'en est fait: loin de toi jette un arc inutile. Non, tu n'inspiras point le vieux chantre d'Achille; Non, tu n'es pas le dieu qui vengea les ncnf SŒurs'
Des fureurs d'un monstre sauvage.
Toi qui n'as pas un trait pour venger ton outrago El terrasser tes ravisseurs; ■
Le deuil est aux bosquets de Gnido Muet, pâle et le front baissé.
L'amour , que ta guerre intimide , Ëteint son flambeau renversé.
Pes grâces la troupe légère
L'înterrc^e sur ses douleurs:
Il leur dit, en versant des pleurs:
1 J'ai vu Mars outrager ma mère (i). u
(i) Li Ténut de IjIMicu.
» SECON-OE
Je crois entendre enctw les clameurs des soldats
B« traînant la jcuM immortelle:
Le fer a mutilé ses membres délicats; Hélasl elle semblait, et plus chaste et plus belle.
Cacher sa honte entre leurs bras.
Dans un fiMtprisd'assaut telle une vierge en larmes. Aux yeux des forcenés dont l'insoleiue ardeur Déchira les tissus qui dérobaient ses chanaes , Se Toile encor de sa pudeur.
Adieu, débris fameux de Grèce et d'Ansonie, Et TOUS, tableaux errants de climats en climats ; Adieu, Corr%e, Albane, immortel PUdias ; Adieu , les arts et le génie!
Noble France, pardonne! A tes pompeux travaux, Aux Pujet, aux Lebrun, ma douleur fait injure.
■ Googk-
HESSËNIENNE. a3
Daviil a ramené ton ùècle & la Natttre:
Pamù ses nourrissons Q compte des rivaux..»
Laissons-la s'élever c^ette école nouvelle E Le laurier de David de lauriers entouré, Rer de ses rejetons , enfante un bois sacré Qui protège les arts de um ombre étemelle.
Le marbre animé parle aux yeux :
Une aavte Ténus plus féconde , Près d'Hercule victorieux Étend son flambeau sur le monde.
AJBX , de son pied furieux , Insulte au Sot qui se retire;* L'œil superbe, un bras dans les cieUx, n s'élance, et je l'entends dire:
■ J'échapperai malgré les dieux. «
Hais quels monceaux de morts ! que de spectres livides I
a4 SECONDE
Us tombent dans JafFa ces vieux soldats français Qui réveillaient nàgudve, au brait de lenrs succès, Les siècles entassés au fond des Pyramides.
Ahl fiiyons ces bords meurtriers I D'où te vient, Austerlitz, Téclat qui t'environne f Qui dois-je couronner du peintre ou des guerriers 7 Les guerriers et le peintre ont droit à la o
Des chefWœuvre français naissent de toutes part^ Ib surprennent mon cœur à d'invincibles charmes : Au déluge, entremblant,j'applaudisparmeslannes
Kdon «Dchante mes regards ; Versant sur un beau corps sa clarté caressante , A travers le feuillage un faible et doux, rayon
Porte les baisers d'une amante
Sur les lèvres d'Endynuon ;
MfiSSÉN'IENNE. iH
De aon flambeau vengeur NémésU m'épouvante 1 Je fréitiis avec Phèdre, et A'ose interroger L'accusé dédaigneux qui semble la juger.
Je vois Léonidas. O courage! 6 patrie!
Trois cents hérossontmorts dans ce détroit fameux; Trabcents! quel souvenirl.Jepleure... et je m'écrie: DLx-liuit mille Français ODt expiré comme eux !
Oui: j'en. suis lier encor: ma patrie^ est l'asile, Elle est le temple des beaux-arts :
A l'ombre de nos étendards ,
lis reviendroat ces IMeux que la forlime exile.
L'étranger qui nous trompe , écrase impunément
Ik1 justice et la foi sous le glaive étouffées:
Il ternit pour jamais sa splendeur d'un moment.
a6 SECONDE
II triomphe ei) barbare et brise nos trophées:
Que cet orteil est misérable et vain !
Croit-il anéantir tous nos titres de gloire ? On peut les effacer sur le mailirC ou Fairaitt ; Qui les eflacera do livre de l'histoire?
Ah 1 tant que le soleil luira sur vos états ,
Il en doit éclairer d'impérissables marques.
Comment disparaîtront, 6 superbes moDarques,
Ceschamps ob les lauriers eroissaientpour nos soldats?
AUei , détruisez donc tant de cités royales ,
Dont les clefs d'or suivûent nos pompes triomphale^
Comblez ces fleuves écumants Qui nous ont opposé d'impuissantes barrières; Applanissez ces monts dont les rochers fumants Tremblaient sous nos foudres guerrières.
MESSÉNIENHE. 17
Voilà nos monuments: c'est là que nos exploits Redoutent peu l'orgueil d'une injuste victoire: Le fer, le feu, le temps plus puissant que les rois Ne peut rien contre leur tuémoiFe.
.Googl.
„C<K,gfc
.Googk-