‹ Messéniennes et poésies diverses: 13:e édChapitre 5 sur 27 · DU BESOIN DE S'UNIR · texte numérisé non relu

DU BESOIN DE S'UNIR

APEÈS LE I^A&T DES ATKANGEKS.

{j toi que l'univers adore,

O toi que nuudit l'univers ,

Fortune, dont U main, du couchant à l'aurore,

Dispense les lauriers, let sceptres et les fers,

Ton aveugle courroux nous garde-t-il encore

Des trionqihes et des revers?

3a TROISIEME

Nos malheurs trop fameux proclament ta puissànce: Tcs jeux furent sanglants dans notre belle France : Lepeuple mieux instruit, mais trop fier de ses droits. Sur les débris du trèae. établit son empire , Poussa la liberté jusqu'au mépris des lois, Et la raison jusqu'au délire.

Bientôt au pr«nier rang porté par ses exploits. Un roi nouyeau brisa d'un sceptre despotique.' Les faisceaux de la République, Tout dégouttants du sang des rois.

Pour affermir son tr^ne, il lassa la victoire, D'un peuple généreux prodigua la valeur; L'Europe qu'il bravait a fléchi sous sa gloire ; '

Elle insulte a notre malheur.

C'est qu'ils ne vivent plus que dans notre mémoire.

Ces gucniers dont le Nord a moissonné (a Hcut' O désastre ! 6 ]>i(ii-! jour A jamais célèbi'c, Où ce cri s'éleva dans la patrie en deuil ; )ls sont morts, et Hoscow fut le Saoïbeau funèbre Qui pi'éta ses clartés k leur vaste cercueil.

Ces régnes passagers , et les ehûtcs soudaines De CCS trûncs d'im jour l'tm sur l'autre croulants , Ont labsé des levains de discorde et de haines Dans nos esprits plus turbulents.

Cessant de comprimer la fièvre qui l'agitCf Le fier républicain, sourd aux leçons du temps, Appelle avec fmiîur, dans ses rêves ardents,

Une liberté sans limite; Hais cette liberté fut féconde en foriàïts :

Cet océan trompeur qui n'a p<^nt de rivages.

N'estcomin jusqu'à Dons quepar de gundsiuufrages Dans les aunaks des Français.

1 QueDOSiiiauz,direz-Toiis,noussoientdu moins utiles: Cl Opposons une digue aux teqipétes civiles; « Que deux pouvoirs rivaux, l'un émané des rois, n L'autre sorti du peuple et garant de ses droits, ■ Libres et dépendants , ofrrent au rang suprême « Unrempart contrenous, un frein contre lui-^nénie.»

Vainement la raison vous dicte ces discours; L'égoïsme et l'o^ueil sont aveugles et sourds : Cet amant du passé , que le présent irrite, Jaloux de voir ses rois d'entraves d%agés.

Le front baissé, se précipite

Sous la verge des préjugés!

HESSÉNIËNNË. 35

Quoi! toujonra des partis proclamés légidines,

Tant qu'ils régnent sur nos débris , L'un par l'antre abattns, proscrivant ou proscrits,

Tour-à-toar tyrans on vicdmes!

Empire malheureux, voilà donc ton destin!...

Français, ne dites plus : ■ La France nous est chère • ; Elle désavouerait votre amour inhumain.

Cessez , enfants ingrats , d'embrasser votre mère ,

Pour vous étoalïer dans son sein.

Contre ses ennemis tournez votre courage ; Au conseil des vainqueurs s<m sort est agité : Ces rois qui l'encensaient' fiers de lenr esclavage,

Vont Itû vendre la liberté.

Won, ce n'est pas en vain que sa voix nousappelfc; Et , s'ils ont prétendu , par d'întlines traités.

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Imprimer sur nos fronts une tache étemelle ; Si de leur doigt superbe ils marquent les cités, Que-veut se partager une ligue infidèle; Si la foidessennentsn'est qu'un garant trompciiri Si le glaive à la mùn l'iniquité l'emporte; Si la France n'est plus|' ^ la patrie est morte, Mourons tous avec elle, ou rcndons^liii l'honneur.

Qu'en lends-jc , et d'oi'rvient cette ivresse

Qui semble croître dans son cours ?

Quels chants, quels transports d'allégresse!

Quel bruyant et nombreux concours!

De nos soldats- la foule au loin se presse , D'une nouvelle ardeur leurs yeux sont embrast'rs; Plusd'Anglaisparmi nous! Pins dejoug! Plus d'entraves! Levez plus fièrement vos fronts cicatrisés.... Oui, l'étranger s'éloigne; oui, vos fers sont brisés.

■ ' .Googk-

HESSÉNIENNE. 3?

Soldats, vous n'êtes plus esclavesl

. Beprends Um orgueil, - Ha noble patrie i Quitte enfin ton deuil, Liberté chérie; Liberté, patrie, Sortez du cercueill....

D'un vainqueur insolent méprisons les injures; Riches des étendards conquis sur nos rivaux.

Nous pouvons à leurs yeux dérober nos blessures , En les cachant sous leurs drapeaux.

Voulons-nous enchaîner leurs fureurs impuissantes? Soyons unis, Françab; nous ne les verrons plus Nous dicter d'Albion les décrets absolus,

Arborer sur nos tours ses coulenrs menaçantes. Nous ne les verrons plus , le front ceint de lauriers , Troublant de leur aspect les fêtes du génie ,

Chez MelpcHuène et Polymnie Usurper une place où siégeaient nos guerriers. Nous ne les verrons plus nous accorder par grâce Une part des trésors flottants sur nos sillons.

Soyons unis, jamais leurs bataillons De nos champs envahis ne couvriront la face:

La France dans son sein ne les peut endurer.

Et ne les recevrait que pour les dévorer.

Ah.' ne l'oublions pas; naguère dans ces plaines.

Où le sort nous abandonna, Nous n'avions pas porté des âmes moins romaines. Qu'aux champs de Rivoli, de Fleurus, dlénai Mais nos divisions nous y foi^eaient d<^s chaînes.

MESSÉNIENNE. ig

Efirayante leeon qui doit unir nos cœurk Par des liens indestructibles I Le courage fait des vainqueurs, La concorde, des invincibles. .

Henri , divin Henri , toi qui fus grand et bon , Qui chassas l'Espagnol et finis nos misères.

Les partis sont d'accord en prononçant ton nom; Henri, de tes enfimis fais un peuple de frères. Ton image déjà semble nous protéger; Tu renais; avec toi reofdt l'indépendance :

O roi le plus Français dont s'honore la France, Il est dans ton destin de voir fuir l'étranger!

Et toi, son digne fils, après vingt ans d'orage, Hègne sur des sujets par toi-même ennoblis.

Leurs droits sont con sacrés dans ton pi us bel ou vrage

4o TROISt£H£

Oui, ce graod monument, afTermi d'Age en âge.

Doit couvrir de son ombre et le peuple et les lis.

Il est des opprimés l'asyle impérissable,

La terreur du tyran, duimnisbv coupable,

Le temple de n<e libertés.

Que la France prospère en tes mains magnanimes; Que tes jours soient sereins, les décrets respectés»

Toi , qui proclames ces maximes :

O rois, pour commander, obéissez aux lob; - Peuple, ea obéissant, sois libre sous tes rots! .

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