‹ Messéniennes et poésies diverses: 13:e édChapitre 6 sur 27 · LA VIE DE JEAHNE D'ARC · texte numérisé non relu

LA VIE DE JEAHNE D'ARC

U H jour qiie l'Océan gonflé par la tempête, Révmissant les eaux de ses fleuves divers.

Fier de tout envahir, marchait à la conquête

Une voix s'éleva <lu milieu des orages,

Et Dieu, de tant d'audace invisible témoin.

Dit aux flots étODoés : ■ Mourez sur ces rivages, ■ Vous n'irez pa;; plus loin. '

Ainû, quaad tourmentés d'une impuissante rage, Les soldats de Bedford, grossis par leurs succès, Menaçaient d'un procluûn naufrage Le royaume et le nom français; Une femme, arrêtant ces bandes formidables, Se montra dam nos champs de leur foule inondés; Et ce torrent vainqueur expira dans les sables Que naguère il couvrait de ses flots débordés.

Une femme paraît; une viei^e, on héros. ' Elle arrache son maître aux langueurs du repos. La France qui gémit se réveille avec peine, Voit son trAne abattu, voit ses champs dévastés. Se lève en secouant sa chaîne.

''Et rassemble à ce bruit ses enfants irrités.

Qui t'inspira, jeune et faible bergère, D'abandonner la tioulette légère Et les tissus commencés par ta main?

Ta sainte ardeur n'a'pas été trompée; Hais quel pomoir brise sous ton épée Les cimiers d'or et les casques d'airain?

L'aube du jour voit briller ton annure, L'ader pesant ootirre ta chevelure.

Et des combats td cours bravçr le sort; Qui t'inspua de quitter ton vieux -père, De préférer aux baisers de ta mère.

L'horreur des camps, le carnage et la mort ?

Cest Dieu qui l'a voulu, c'est le dieu des armées.

Qui regunle en pitié les pleurs des malheureux; Cest lui qui d^vra nos tribus opprimées Sous le ptûds d'un joug rigoureux; Cest lui, c'est l'Ët^mel) c'esl 1^ tlieu des années!

L'ange exterminateur bénit ton étendard)

Il mit dans tes accents un sou mâle et terrible,

La force dans ton bras, la mort dans ton regard ;

Et dit à la brebis paisible :

Va déchirer le léopard.

Sichemooti la Hire, Xaintrailles, Duuois, et vous, preux chevaliers, Suivez ses pas dans les batailles; Couvrez-la de vos boucliers, Couvrei-la de votre vaillance; Soldats, c'est l'espoir de lu France Que vutre roi vous a commis.

Marchez quand sa voix vous appelle, Car la victoire est avec elle; La fuite, avec ses ennemis.

Apprenez d'une femme à forcer des murailles,

A gravir leurs débris sous des feux dévorants,

A terrasser l'Anglais, à porter dans ses rangs

Un bras fécond en funérailles!

Honneur à ses hauts faità ! guerriers, honneur à vous ! Chante, heureuse Orléans, les vengeurs delà France,

Chante ta délivrance :

Les assaillants nombreux , sont tombés sous leurs cunps. Que sont-ils devenus ces conquérants sauvages Devant le fer vainqueur qui combattait pourtious?...

Ce que deriennent des nuages - D'insectes dévorants dans tes airs rassemblés, Quand un noir tourbillon élaDcé des montagnes

Disperse ea tonraoyant ces bataillons ail&,

Et fait pleavoir sur nos campagnes

Leurs cadavres amoncela

Aux jeas.- d'un ennemi superbe

Le lis a repris. ses couleurs,;

Ses longs rameaiut courbés sous l'herbe

Se relèvent couverts de fleurs.

Jeanne au front de son maître a posé la conronne. A l'atu^t des plaisirs qui retiennent ses pas

La noble fille l'abandonne :

Délices de la cour, vous n'encliainerex pas

L'ardeur d'une vertu si pure;

Des armes , voilà sa parure ,

Et ses plaisirs sont les combats.

Ainsi tout prospérait à son jeune courage.

HESSÉNIENNE. l,g

Dieu cooduisit deux ans ce merveilleiUE ouvrage.

Il se plut à récompenser Pour la France et ses rois son amour idolâtre. Deux ans il la soutint sur ce brillant théAtre, Pour apprendre aux Anglais, qu'il voulait abaisser, Que la France jamais ne périt tout entière; Que, son dernier vengeur fût-il dans la poussière. Les femmes, an besoin, pourraient les en chasser.

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