ACTE U. SCKNE IV
DE CAOURS
Mais par moi, je m'en vante.
DU 6UESCLIN.
Hum I L'achat me surprend tout autant que la vente. Quel est donc votre but.»^
DE CAOURS
Qu'étant bien averti, Vous puissiez voir le bon ou le mauvais parti.
DU 6UESCLIN.
En un mot, vous cherchez à me faire comprendre Que mon sage intérêt serait de me reprendre.
DE CAOURS
Votre gloire non plus n'y perdrait rien, seigneur.
La gloire est-ce donc tout.»* Ce n'est donc rien l'honneur
C'est bien vous qui disiez, j'en ai bien souvenance : « J'ai dans le cœur, après la Bretagne, la France. » La servez-vous la France? Êtes- vous bien certain
86 MESSIRE DU GUESGLIN.
Que vous no faussez pas le cours de son destin. Et que c'est votre droit de détourner sa chance P
DU GUESGLIN.
Voyons» Gaours, ceci soit dit sans nulle offense. Vous êtes un soldat merveilleux, j'en convien, Mais que vous fait le sort de la France?
DE GAOURS.
A moi? rien.
Peu me chault quel parti triomphe ou quel succombe! Mais je marche avec vous ; si vous tombez, je tombe. Et c'est pourquoi, déjà, je vous ai supplié De choisir l'échelon où vous posez le pié.
DU GUESGLIN.
Eh bicnl que l'échelon soit solide ou qu'il tremble, Le choix est fait, montons ou descendons ensemble. Mais ne me parlez plus jamais d'abandonner Un poste où le devoir fait plus que m'enchainer.
DE GA.OURS
Votre devoir n'est pas, au point où nous en sommes, De servir un parti sans ressources, sans hommes.