‹ Messire du Guesclin;Chapitre 81 sur 102 · ACTE III. — SCÈNE X, i · texte numérisé non relu

ACTE III. — SCÈNE X, i

Mais un arbre n*est pas Fécorce qui Tentoure, La sève ne vaut rîen quand le coeur est gâté.

DE CAOURS

Le sol était ingrat où Farbre fut planté.

DU GUESGLIN.

Dites la vérité ; nos coffres étaient vides, Vous n'aviez pas prévu qu'il viendrait des subsides, Et votre dévoûmcnt insensé... mais changeant, S'est offert au premier venu pour de l'argent.

DE CAOURS

De l'argent? Pauvre ou non, je vous suivais quand même. Mais, quand je vous ai dit qui j'aimais et qui j'aime. Rappelez-vous le ton hautain de vos refus.

Moi qui n'avais de Dieu que vous, je n'en ai plus.

Ainsi la loyauté, la vertu, la droiture.

Ne dure en vous qu'autant qu'une espérance dure ;

Et si vous, n'obtenez ce qu'il vous plaît d'avoir,

1^4 MESSIRE DU GUESGLIN.

Il n'est plus do drapeaux, il n*est plus de devoir! C'est qu'en effet il faut plus et mieux pour notre àme Que le culte d'un homme et l'amour d'une femme. Qu'il faut mettre le Ciel entre la terre et soi. Et que l'orgueil humain remplace mal la foi.

DE CAOURS

Si vous l'aviez voulu, votre dœur Julienne Aurait transfigure mon àme par la sienne.

Je devenais par vous l'honneur des chevaliers» Gomme je pourrais l'être encor... si vous vouliez.

DU GUESGLIN.

J'admire en vérité votre admirable audace; Si je voulais!... la honte on un instant s'efface! Vous n'avez pas écrit ceci?... Si je voulais? Allons! assez! partez! rejoignez vos Anglais, Je vous chasse!

DE CAOURS

Vous me chassez ! Ah ! par le diable, Votre audace à son tour me parait admirable I 11 n'est pourtant pas loin le camp de mes soldats.

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