MESURE D E LA E B A N C B
ont découvert dea ressources de cet amour
inconnues tics siècles précédents, QOl donnent une leçon qui, à être bi Qtendue, dépasse l'exemple qu'on y a d'abord vu. En effet, aucun ne s'en e tenu à cet amour singulier, ou il ne Ta poussé si loin qu'après avoir exercé son cœur sur des objets concurrents, et nourri son esprit de leur substance différente. C'est ainsi que Goethe, Schopenhauer, Nietzsche, Michelet, Renan, Taine, ont aimé complexement la France et l'Allemagne, que Barrés, Maurras et d'Annunzio se sont épris de plus d'un aspect méditerranéen, que Kipling a trouvé dans l'immensité de son Empire la possibilité de satisfaire un génie vorace et de dédier une tendresse ambiguë à l'Angleterre et à l'Inde.
Et l'on a dit que le génie n'a pas de patrie ! Non seulement il en a une, qui est son indispensable attachement au concret, ce concret sur quoi il se jette voluptueusement, qu'il aime tant qu'il le sublime, et en tire cette goutte d'essence :
Thumain qui parfume notre petite bulle ; mais il en a au moins deux, renforçant Tune par l'autre.
Ces alternances, ces croisements spirituels sont irrésistibles. Nous sentons la poésie de 1 aventure terrestre quand nous voyons cette même nécessité qui rapproche et oppose tour à tour les protagonistes.
Par leurs démarches libres, les grands hommes achèvent dans les hautes régions les harmonies qui s'élaborent perpétuellement entre les maîtres-peuples. Nous les imiterons prudemment.
Nous aimons trop le mieux, pour ne pas porter des jugements de valeur. Il y en a toujours de par le monde quelques-uns qui savent où est le point sensible, où se porte la faveur des dieux et où pèse la responsabilité : chacun son tour. A certains moments le peuple le plus valeureux ne doit pas réclamer la plus lourde charge. Il y a des moments de repliement, non pas de repos.
Aujourd'hui, nous, Français, avons plus à faire avec nous-mêmes qu'avec les autres.
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Notre plus grand ennemi est en nousmêmes. Il faut que noua nous tournions
vers la mort qui est entrée en nous.
Mais en nous enfonçant ainsi en nousmêmes nous atteignons un mal, un péril qui est plus profond que nous-mêmes, qui est humain ; nous mettons la main sur ce qui est tragique pour tous les hommes d'aujourd'hui.
Ce qui dépasse une patrie, c'est la vitalité des meilleurs des hommes qu'elle a mise au jour. Ils sont plus forts que les événements, et alors qu'elle fléchit, leur esprit étincelle encore au front de leur mère. Ils peuvent toujours, dans un acte surhumain, ressaisir ou résumer tout l'effort de leur race.
Les jeunes Français doivent être de tels stoïques.
A leur France, dont un excès de civilisation cause le fatal rétrécissement psychologique, le tarissement de la bonne volonté créatrice, à leur France qu'un effet de la nouvelle optique mondiale fait petite entre les nouvelles nébuleuses, ils
trouveront deux moyens pour lui redonner sa pleine mesure.
D'une part elle renonce à un éclat solitaire et s'amalgame aux nouvelles constellations qui se brassent en Europe, qui sont des promesses d'ordre dans le chaos et qui lui prodiguent la force mise en commun. D'autre part elle se recueille dans une méditation sévère sur le sens de l'effort humain, dissipe les tentations éphémères d'une prédominance par les armes et les outils, maintient sa tradition spirituelle, la renforce de toutes les tendances libératrices qui se font jour en Orient et ailleurs, enfin tourne sa langue dans sa bouche pour y former une parole humaine que les événements rendent bientôt nécessaire et décisive.
C'est ainsi que les jeunes Français, brûlés par les fournaises de la guerre, menacés de dépérir dans l'étroit cercle géographique de la France, peuvent se donner de l'air et élargir leurs aspirations à la limite du monde.
Par un dernier effort, je voudrais aller
jusqu'à percevoir les éléments de la discipline universelle à quoi ils vont délits
de soumettre leur dévouement.