ENREGISTREMENT DISCONTINU
très simplement en disposant la plaque de façon à ce ([u'elle puisse être déplacée verticalement entre deux expériences, ou en disposant la fente de façon à ce qu'elle puisse être semblablement déplacée devant la lentille.
Le tableau ci-dessous (fig. 44) est la reproduction de
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Fig. 44.
clichés relatifs à Faction de la chaleur sur les argiles. La ])remière ligne donne la graduation du couple, elle a été dessinée d'après plusieurs photographies différentes qui ont été groupées pour économiser la place. Les lignes suivantes, i, 2, 3, 4, 5 sont des reproductions de clichés faits en phototypographie sans aucune intervention de la main du dessinateur. La ligne i par exemple, représente réchauffement d'une argile ordinaire. Un léger resserrement des traits entre i5o et 35o° indique un premier phénomène avec absorption de chaleur, c'est la vaporisation de l'eau hygrométrique. Un second ralentissement beaucoup plus important entre 55o° et 650" indique la déshydratation proprement dite de l'argile, le départ des deux molécules d'eau combinées. Enfin, l'espacement considérable des traits à 1000° indique un dégagement brusque de chaleur corrélatif du changement d'état isomérique après lequel l'alumine est devenue insoluble dans les acides. Les autres lignes
2o-i PYROMETRES ENREGISTREURS
se rapportent à réchauffement d'autres variétés d'argile, la ligne 3 au kaolin, la ligne 5 à la stéargilite.
Enregistrement continu. — L'enregistrement continu des températures est d'un usage beaucoup plus général, même dans les laboratoires scientifiques, en raison sans doute de la simplicité plus grande de son installation. 11 a été étudié surtout par M. Roberts Austen, directeur de la Monnaie royale de Londres. Une l'ente verticale éclairée par une source lumineuse convenable projette, par Fintermédiaire du miroir du galvanomètre, son image sur une plaque métallique percée d'une fine fente horizontale, et derrière cette fente se déplace une surface sensible, plaque ou papier, qui reçoit le pinceau lumineux, déterminé par l'intersection de la fente horizontale avec l'image de la fente verticale. Si tout était en repos l'impression produite par ce pinceau lumineux se réduirait à un point. Si la plaque se déplace seule, on aura une ligne droite verticale ; si le galvanomètre se déplace seul, une ligne horizontale. Enfin le déplacement simultané de la plaque et du miroir du galvanomètre donne une courbe dont les abscisses horizontales représentent les températures, et les ordonnées verticales les temps.
L'éclairement de la fente, le mouvement de la surface sensible peuvent être réalisés de bien des façons différentes,
Eclairement de la fente. — H y a deux cas bien distincts à considérer, celui des expériences de laboratoire par échauff'ement ou refroidissement rapide qui ne durent que quelques minutes, et celui de Fenregistrenient continu des températures dans un foyer industriel qui pourra durer des heures et des jours, c'est-à-dire
ENREGISTREMENT CONTINU. ÉCLÂIREMENT
des temps loo fois et looo fois plus considérables. La vitesse de déplacement de la surface sensible, et par suite la durée d'exposition à l'action lumineuse, pourra varier dans le même rapport. La source lumineuse nécessaire sera donc tout à fait différente suivant les cas. Pour les déplacements très lents, on pourra se contenter d'une petite lampe veilleuse à pétrole ou à essence ayant une flamme de 5 à lo millimètres de hauteur, ou même d'une simple flamme de gaz. Pour des déplacements plus rapides, on emploiera une lampe à pétrole ordinaire à verre, un bec Auer, ou une lampe à incantlescence ; enfin pour les déplacements très rapides de la plaque sensible, lo millimètres à loo millimètres par minute, on peut avantageusement recourir à la lumière oxhydrique ou à l'arc électrique. Gomme lumière oxhydrique, la plus commode est la lampe du D"" Roux à sphères de magnésie ; elle consomme peu de gaz et est enfermée dans une boîte métallique qui empêche toutes les diffusions gênantes de lumières.
L'arc électrique donne beaucoup plus de lumière que l'on n'en a besoin et l'usure rapide du charbon en déplaçant les positions du point lumineux rend difficile la permanence de l'éclairement convenable de la fente. Pour des expériences très courtes, on peut très commodément employer la lampe à mercure dans le vide (flg. 45) où l'arc jaillit entre deux surfaces de mercure. Pour l'entretenir il faut 3o volts et 3 ampères. Son seul inconvénient est de s'éteindre après quelques minutes de fonctionnement par suite de l'évaporation du mercure dans le tube central. Il suffit, il est vrai, d'une simple secousse
Fjg. 45.
2o4 PYROMËTRES ENREGISTREURS
pour la remettre en marche en faisant repasser une petite quantité de mercure de l'espace annulaire antérieur dans le tube central.
Quelle que soit la source lumineuse employée, on peut éclairer la fente au moyen d'une lentille disposée comme il a été indiqué à propos de l'enregistrement discontinu, c'est-à-dire projetant sur le miroir du galvanomètre l'imaefe de la source lumineuse. Quand celle-ci est assez large, on pourrait se contenter de placer la fente devant la source lumineuse en la rapprochant suffisamment pour être certain que quelques-uns des rayons lumineux la traversant tombent bien sur le miroir. Mais on s'expose ainsi à beaucoup chaufl'er la fente, ce qui peut l'altérer; on est conduit en outre à employer des sources lumineuses plus volumineuses que cela ne serait nécessaire autrement. Dans le cas de l'emploi d'une lentille, l'intensité lumineuse utile est aussi grande qu'en plaçant la fente immédiatement contre la source lumineuse toutes les fois que l'image de celle-ci est plus grande que le miroir du galvanomètre; or avec les dimensions habituelles des sources employées, cette condition se trouve toujours remplie sans aucune précaution spéciale.
Au lieu d'une fente éclairée par une source distincte, on peut employer un fil de platine ou mieux, comme le fait M. Charpy, un filament de charbon de lampe à incandescence chauffé par le courant électrique.
Pour que le trait de la courbe enregistrée soit très fin, il est nécessaire que les deux fentes, la fente lumineuse et la fente horizontale, soient également très fines. Des ouvriers habiles peuvent tailler dans le métal des fentes semblables. Mais on peut les constituer beaucoup plus simplement en prenant une plaque photographique au gélatino-bromure que l'on expose à la lumière, déve-