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OBSERVATIONS REMARQUABLES

Nous ne quitterons pas cet historique de l’usage externe des métaux , sans dire que la science elle-même n’a pas toujours dédaigné de recueillir les faits qui s’y rapportent. Ainsi l’on trouve, dans les Éphémé rides des curieux de la nature, l’observation très-remarqable d’une jeune fille qui fut guérie très-rapidement d'une paralysie assurément hy stérique, par une sorte d’armature d’or que le hasard avait appris à lui faire porter. A peine la malade était-elle amplement garnie de bijoux et de monnaies de ce métal, que déjà le

mouvement lui revenait dans les jambes.

C’est peut-être le cas de mentionner un fait d’applications métalliques assez bizarres pour la forme, que nous tenons de son auteur même, M.leDr A. Richard, le fils et déjà le digne héritier de notre célèbre et bien regrettable professeur de botanique.

En 1849, à peu près à la même époque où nos applications de cuivre devenaient si populaires, dans certaines localités de la Haute-Marne, contre les crampes des cholériques (voyez le chapitre suivant) , M. Richard fut appelé auprès de deux cholériques delà rue des Postes. Les phénomènes nerveux de ces malades étant très-violents, notre confrère se rappela fort à propos les propriétés nouvelles que nous venions de signaler dans le cuivre, et aussitôt il improvisa une armature de ce métal avec divers ustensiles de ménage.

Le succès qui suivit cette singulière application fut si complet et si rapide , que les deux cholériques, débarrassés de leurs crampes , ne trouvèrent aucune gêne à rester encore plusieurs heures armés de 1a. sorte.

Il nous est arrivé bien souvent à nousmême d’arrêter immédiatement , ou tout au moins de diminuer, des crises de nerfs de toute sorte avec les objets quelquefois les plus vulgaires qu’on a presque partout sous la main ; et quoique ce ne soit pas exactement ici le lieu de parler de notre pratique personnelle , nous allons en citer deux exemples des plus remarquables, dans l’espérance qu’ils pourront, à l’occasion, ne pas être sans utilité pour les médecins et les malades.

Un jour où nous avions accompagné une de nos malades, madame la baronne de L... , dans une promenade en voiture, il se déclara subitement chez cette dame une névralgie delà face, bientôt après si violente, que l'on fut obligé de la descendre dans la maison la plus voisine.

Des applications chaudes sur la joue , des frictions sèches et humides, puis le cathétérisme du tympan lui-même, avaient été déjà tentés sans succès, lorsque nous étant rappelé que madame L... avait offert quelquefois des phénomènes de somnambulisme, nous nous fîmes apporter de l’office un simple vase de cuivre. Ce métal fut appliqué tantôt sur la joue, tantôt sur la tempe et le front , du côté malade, et moins de quinze minutes après, la malade , remise de la sorte de cruelles

souffrances qui menaçaient de durer plusieurs heures , put remonter en voiture et se venger du temps perdu par une promenade d’une durée deux fois plus longue que d’habitude.. (Nous verrons plus loin les rapports qu'il y a entre le somnambulisme et l’action du cuivre.)

À quelque temps de là , nous fûmes appelé en toute hâte pour une de ces prétendues inflammations d’intestins, si communes surtout chez les personnes du monde , qu’il est bien peu de médecins qui n’aient eu occasion de sauver quelques-unes de leurs névropathiques de cette effrayante > mais fort innocente maladie. Notre nouvelle malade avait été déjà traitée elle-même de ces mêmes accidents avec force saignées et sangsues, et plusieurs membres de sa famille , déjà très- alarmés , ne doutant pas que nous n’eussions aussi recours à ces mêmes moyens, tenaient presque toutes prêtes la cuvette, les bandes à saigner, etc. Pour nous, peu désireux d’acheter une reconnaissance facile au prix de pareils sacrifices, nous aimons mieux braver le ridicule d’une vaine tentative, et nous nous contentons d’appliquer sur le ventre un large vase à fond de cuivre, contenant environ un litre et demi d’eau froide , pour empêcher l’élévation de sa température.

Nous laissons à penser de quelle stupéfaction furent frappés tous les assistants, à la vue de cette pratique d’un nouveau genre! Mais , moins d’un quart d’heure apres, il y avait déjà parmi eux une surprise bien différente, et, le même soir, la malade ayant pu présider, comme à son habitude, au dîner de sa maison, nous dûmes subir les transports de la reconnaissance la plus bruyante.

Nous aurions échoué ici avec le enivre rouge, que nous nous serions adressé ensuite à un ustensile de laiton, si nous n’avions pas pu nous procurer immédiatement une armature de ce métal ; puis , dans le cas de nouvel insuccès , à des objets en fer ou en acier ; enfin , si ni le cuivre ni le fer n’avaient rien produit encore , nous aurions eu’, comme dernière ressource : 1° Iemétal descloches, que l’on trouve dans les sous blancs de la lre République ; 2° l’argent monnayé ou l’argent à vaisselle; 3° enfin l’or en monnaie ou en bijoux. Ce dernier métal est fort précieux sans doute pour les usages de ia vie ; mais , dans notre traitement , il

est un des derniers à nous rendre des services.

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