MÉDAILLES CONTRE LE CHOLÉRA
Quant à ce qui concerne le cuivre , il est sûr que ses applications ont joui d’une moindre faveur populaire que celles du fer ou de l’acier, peut-être tant à cause d’une certaine odeur que ce métal dégage par la chaleur et le frottement , que par la crainte qu’inspirent en général ses sels et ses oxydes, Toutefois, sans reve-
nir sur l’usage externe du cuivre sous forme de baignoires, nous dirons qu’il n’est pas douteux que plusieurs malades ne trouvent, à leur insu, du soulagement dans les différentes médailles de ce métal ( nous ne parlons, bien entendu, que des plus larges ) que la religion les convie à porter sur eux ; il semblerait même, et ceci donnerait une nouvelle importance à notre récente communication aux Académies, sur la préservation du choléra par le cuivre, qu’en outre des tubes remplis de mercure, que beaucoup de personnes portèrent sur elles, en Allemagne, pour se préserver de l’infection cholérique , par la raison que tous les ouvriers employés aux mines de mercure de YJstrie avaient joui , lors de la première épidémie , d’une immunité complète, déjà , à la même époque, dans plusieurs parties de la Hongrie , il se.fit, dans le même but , un heureux et fréquent usage de larges médailles de cuivre (Hahnerpann, 1833). L’observation remarquable que nous avons faite, cette année, de la préservation cholérique qui a été commune à un très -grand nombre d’ouvriers occupés à extraire le cuivre ou à le travailler, ne serait donc pas complètement nouvelle, et risquerait par cela même beaucoup moins de rester stérile. Ce sont probablement ces mêmes médailles de la Hongrie qu’un industriel de Paris vendait au dernier choléra dans la rue Vivienne. Parmi les personnes qui en firent usage , nous ignorons s’il y en eut beaucoup et si elles s’en trouvèrent bien, M. X... , que nous avons eu occasion de Yoir depuis , gagna à cette simple application une amélioration très-notable d’une ancienne gastralgie. Il y avait deux ans que ce malade portait sur lui une médaille de cuivre , lorsque l’exploration métallique nous indiqua qu’en effet il y avait chez lui une sensibilité très-manifeste à ce métal.
L’observation de M. X... nous rappelle qu’une dame fort distinguée à tous les litres, lady***, avait trouvé, nous ne savons trop comment, qu’une grosse médaille en or lui rendait absolument les mêmes services. Lorsque nous eûmes l’honneur d’être présenté à cette dame, elle avait encore sa petite armature d’or sur la poitrine , et il nous fut également aisé de nous assurer, par l’état comparatif de la sensibilité sur un de ses doigts annulaires , avec celle.des autres doigts
qui se trouvaient privés de ce précieux métal , que l’or lui convenait en effet parfaitement.
Que de personnes névropathiques ne doivent, à leur insu, la diminution , sinon la disparition complète, d’une migraine ou de tout autre phénomène nerveux périodique , qu’à ce que les caprices de la mode sont un jour venus leur apporter le métal approprié sous la forme d’un bracelet ou même d’une simple bague de quelque dimension , et combien de malheureuses dames, affectées périodiquement de spasmes atroces ou de violentes douleurs névralgiques , se trouveraient tout au moins soulagées par ce seul mode de spoliation, si, à notre exemple, on prenait quelquefois la peine d’en tirer parti ou moyen des bijoux qui leur sont le plus agréables ! !
En Angleterre, les dames font un fréquent usage de l’acier sous ces deux formes, et ce métal, qui nous rend journellement de si grands services avec le cuivre, venant ajouter son action bienfaisante aux effets salutaires d’une bonne éducation physique et d’une meilleure hygiène , il pourrait bien ne pas éire tout à fait étranger à la moindre fréquence des affections nerveuses que nous avons cru remarquer, pendant un séjour de plusieurs mois à Londres et à Brighton,chez les ladies de ce grand pays.
Que penser après cela des effets salutaires attribués aux pendants ou boucles d’oreilles par quelques mères prévoyantes, qui, dans certaines ophlhalmies rebelles , font percer de bonne heure les oreilles de leurs enfants?