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NÉVROSES DIVERSES. HOTEL-DIEU

Sorti de la Salpêtrière, nous reportâmes notre expérimentation dans le grand hôpital de l’Hôte!- Dieu , où le souvenir de nos applications sur les cholériques nous valut un accueil très-honorable de la part de ses différents chefs de service. De nouveaux malades nous y furent confiés, et bientôt une commission académique, composée de MM. les professeurs Bérard et Cloquel et de M. Jules Guérin , nous fit l’honneur de venir suivre nos expériences et notre traitement.

Un jour, nous présentons à ces messieurs une malade de M. Rostan , affectée au suprême degré d’hystérie, avec paraplégie et anesthésie presque générale.

Nous avions exploré avec soin sa sensibilité, et, nous étant bien assuré à l’avance que Vacier anglais en limaille agissait sur cette fonction, nous n’hésitâmes point à annoncer une guérison prochaine. La commission en prit note pour une réunion suivante ; mais à ce moment , hélas ! nous avions eu beau varier les applications d’acier, puis quitter ce métal pour en rechercher un autre, la malade se trouvait à peine soulagée , et aussi sa sensibilité avait été seule un peu modifiée, tandis que la paralysie des membres inférieurs était à peu prés restée la même.

Cet échec, étant venu nous apprendre que le métal pouvait bien ne pas avoir d’action sur la motilité, quoiqu’il agît très-

manifestement sur la sensibilité (1), fut déjà pour nous un avertissement de faire toujours, à l’avenir, une double exploration des métaux avant que de nous prononcer sur les résultats du traitement.

A quelques jours de là cependant, il nous arriva une autre mésaventure, dans des circonstances à peu près pareilles , sauf pourtant une légère différence, qui mérite d’être signalée.

Il s’agit encore d’une hystérique paraplégique qui appartenait au même service. Le métal , acier anglais , avait été bien désigné, celte fois, par une double exploration sur les membres supérieurs, et, comme il s’était bien comporté à l’égard de la sensibilité et de la motilité, qui toutes deux y avaient subi une grande diminution, nous nous crûmes autorisé à porter devant la commission un pronostic tout à fait favorable ; mais , ayant appliqué ensuite l’acier sur les jambes, que nous avions malheureusement négligé d’armer par avance, nous eûmes le profond regret de voir la paralysie persister, et avec elle la plus grande partie des phénomènes nerveux rester les mêmes.

Ces deux échecs successifs, qui auraient pu faire à notre découverte le plus grand tort, s’ils n’avaient été déjà plus que compensés par un grand nombre de succès , eurent pour avantage de nous amener à cette conclusion , dont il nous était impossible de prévoir d’avance toute la rigueur, à savoir : * que, dans une affection nerveuse avec anesthésie et amyosthénie , il ne faut jamais se prononcer sur l’efficacité du traitement métallique qu’après avoir acquis une triple assurance non-seulement de la parfaite action du métal sur la sensibilité et la motilité des membres supérieurs, mais aussi de son égale activité sur les mêmes fonctions des membres inférieurs , surtout lorsque ceux-ci se trouvent affligés d’une paralysie complète. »

Depuis le mois de mars 1850, c’est-àdire depuis notre sortie de la Salpêtrière jusque vers le mois de décembre de la même année, nos applications métalli-

(1) M. le Dr Pierre a même publié l’observation d’une hystérique traitée par les métaux, sur laquelle l’acier anglais n’avait d’action que sur une partie de la sensibilité; tandis que l’argent, avec Vi0 d’alliage, la ramenait tout entière.

ques furent pratiquées journellement à V Hôtel-Dieu , et ce n’est que lorsqu’elles y eurent fait leurs preuves dans le traitement d’un grand nombre de maladies , chlorose , névralgies , hystérie , hypo chondrie, paralysies nerveuses de diverse nature (hémiplégie, paraplégie, amaurose ), etc., que nous nous décidâmes à les porter sur un nouveau théâtre. Parmi les médecins de ce vaste hôpital qui eurent la bonté d’encourager nos essais, il est surtout deux de nos maîtres, MM. Rostan et Tardieu, auxquels nous devons un témoignage public de notre reconnaissance pour la haute bienveillance dont ils voulurent bien nous honorer, en abandonnant à notre discrétion les maladies chroniques de leur service qui pourraient être à la convenance des métaux.

HOPITAL NECKF.R.

Après l’Hôtel-Dieu , ce fut le tour de l’hôpital INecker. Nous avions été invité à nous y rendre par M. le Dr Horteloup; malheureusement la distance qui nous séparait de cet établissement nous empê cha de profiter, aussi longtemps que nous l’aurions désiré, des excellentes dispositions de ce nouveau et bien honorable protecteur de la métallothérapie. Toutefois nous y fûmes pendant assez de temps pour que ni M. Horteloup ni ses élèves ne puissent avoir déjà oublié le succès qu’eut notre traitement sur une certaine malade, la dame Chartier, dont l’état de puis plusieurs mois fort misérable avait engagé M. Horteloup à essayer de notre intervention.

Presque à parei lle époque, les mêmes motifs d’éloignement,, et les exigences d’une clientèle déjà nombreuse, nous empêchèrentégalement de profiter de très-honorables invitations qui nous furent adressées par divers autres médecins des hôpitaux que nous avions été assez heureux pour intéresser d’autres fois en faveur de nos ex périences;de ce nombre, nous citerons MM.

Robert, àBeaujon ; Guersant,aux Enfants Malades, et Beau , à Saint- Antoine ; et si tout à l’heure nous nous sommes cru le droit de dire que M. Horteloup ne pouvait pas avoir complètement perdu le souvenir de notre passage à l’hôpital

Necker, nous nous croyons tout aussi autorisé à affirmer qu’aucun de ces honorables médecins ne peut point avoir oublié davantage certaines expériences, à l’appui desquelles nous prendrons la liberté d’invoquer leur puissant témoignage, lorsque nous croirons le moment opportun pour aborder la délicate question du somnambulisme.

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