CHLOROSE
CAUSES ET TRAITEMEXT.
De reloue à Paris, vers le mois de novembre, nous employâmes la fin de 1851 et le commencement de 1852 à élucider une très-intéressante question , celle de la chlorose, qui déjà avait eu souvent le privilège de toutes nos réflexions-, et c'est le 18 mai 1852, lorsque nous crûmes avoir approfondi suffisamment ce nouveau sujet, que nous eûmes l’honneur de lire, en séance publique de l’Académie impériale de médecine, notre mémoire, plusieurs fois cité dans ce livre, Sur la véritable cause de la chlorose , sur la marche naturelle de ses phénomènes, le mode d’action du fer dans son traitement , les circonslarices qui font que le fer ne guérit pas toujours; sur les moyens de s’assurer d’avance de son action et de lui substituer avec sûreté un autre agent, lorsqu’il doit être nuisible ou même sans effet.
Voici les conclusions générales de ce travail, telles qu’elles ont été rapportées dans la Gazette médicale de juillet 1852 :
« La chlorose , ainsi que la dyspepsie qui la précède, n’est jamais que le symptôme d’un état ou d’une maladie nerveuse. Elle arrive consécutivement, et presque nécessairement, sous l’ influence des phénomènes asthéniques ou négatifs, anesthésie, amyosthénie, aménorrhée, etc , qui caractérisent la plupart des affections nerveuses, et se guérit de même par n’importe quel agent qui ramène la sensibilité, la motilité, la menstruation , etc. , à des conditions normales. En cela, le fer à l’intérieur n’agit pas autrement que ce même métal à l’extérieur, ou une armature de fer, par exemple. Une fois l’innervation bien rétablie dans tous les organes, la dyspepsie cesse, le tube dige-tif reprend toutes ses fonctions , et bientôt le sang retrouve dans les aliments euxmêmes, et pas ailleurs, tous les éléments nécessaires à sa reconstitution.
« Il existe dans les métaux une propriété particulière qui, soit par l’électricité ou le magnétisme minéral, dont elle serait une modification , soit par toute autre cause qui nous échappe, les rend capables d’exercer une action spéciale directe sur la force nerveuse, de l’attirer vers eux
quand on les applique à la surface du corps , et de la mettre en mouvement lorsqu’ils sont donnés à l’intérieur sous une forme convenable.
«Cette propriété variable pour les différents métaux et leurs alliages, attractive ou répulsive d’après les individus auxquels elle s’adresse , semble constituer presque autant d’aptitudes différentes qu’il existe de métaux. De là il résulte que, dans les mêmes conditions, tel malade éprouve de bons effets d’un métal à l’intérieur (fer) ou à l’extérieur, tandis qu’un autre qui se serait bien trouvé, au contraire, de l’usage d’un second métal (cuivre), n’éprouve rien avec le premier, si même il ne lui arrive des accidents de son administration intérieure. L’ignorance de ces aptitudes , et d’ailleurs la presque impossibilité de les constater avant que les métaux fussent entrés dans la voie que nous leur avons ouverte, fut souvent nuisible à la science et aux malades, et il importerait qu’à l’avenir on pût éviter, dans l’administration de toutes les substances, sels et oxydes métalliques, les tâtonnements et l’empirisme.
« Si nous ne faisons pas erreur, les applications extérieures de métaux sont trèspropres pour cela , et désormais ces nouveaux agents , devenus en outre comme tout autant de pierres de touche (à de nouvelles choses, il faut de nouveaux mots, ou tout au moins étendre ia signification de ceux qui existent), par l’heureuse analogie qui existe entre leur action intérieure et leur action extérieure, seraient d’un grand secours non -seulement pour nous éclairer dans le choix des anciennes formules, mais aussi pour nous aider sûrement à en créer de nouvelles... » (1).
(I) Une des plus heureuses applications qu’il y aurait à faire de l’usage externe des métaux , ce serait de ne jamais envoyer les malades à de grandes distances y prendre des eaux de sources, ferrugineuses par exemple , sans s’être bien assuré d’avance que le métal fer leur convient parfaitement. Pour nous, d’après ce que nous savons sur ce sujet, nous nous ferions désormais un cas de conscience d’en agir autrement.
CIIOLÉM,