I.K SYSTKME NKllVEUX
^;iiij;linmi;iirf. du ikhii <li' brides l'pinières. l'ius tnrd, lo ^raïul syinpalliit|iu' lui th'ciil t't représontc! avec uu grand soin dans quoltiuos Insectes, i-l notanimont dans le Sphinx dn Troënc, par Nowpoi't, ([ui le nomma système nerveux surajouté, sans étahlii' de compai'aison avec une i)ortion quelconque du système nerveux des Vertébrés, il y a une dizaine; d'années, sa vérilal>le nature a été démontrée.
Le grand synq)athi(pie semlde ne pas exister chez le plus grand nombre des Articulés; mais, comme dans plusieurs tyi)es il a été j)ossible de le voir s'unir et se confondre graduellejiu'iit avec la chaîne ganglionnaire, par suite des progrès de l'âge et de la centralisation du système nerveux, il est certain (pi'ailleurs son absence apparente est due simplement à son union intime avec la chaîne. Si rien de semblable ne se produit chez les Vertébrés, cela doit être attribué à la colonne vertébrale, qui oppose un obstacle absolu à un rapprochement entre le grand sympathi(jue et la moelle épinière.
Le grand sympathique des Insectes est toujours impair; mais il est évident qu'il doit être double primordialement, comme les autres parties du système nerveux. Si l'on parvient à l'observer chez des embryons, on en acquerra probablement la preuve matérielle. D'ailleurs, si les ganglions se montrent simples dans tous les individus étudiés jusqu'à présent, parfois les coi'dons sont doubles.
Dans les Articulés, la chaîne ganglionnaire étant tout à fait ventrale, le grand sympathique se trouve occuper un plan supérieur. Dans les Vertébrés, au contraire, la moelle épinière étant tout à fait dorsale, il occupe un plan inférieur. Cette diftérence est en harmonie avec la position relative des principaux viscères , dans ces deux grands types du Règne animal. Il ne faut pas toutefois attacher à ce dernier fait une trop grande importance, car il ne suffit pas , comme l'ont supposé certains natiu'alistes , de renverser un Insecte sur le dos pour
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y découvrir le plan exact de l'animal vertébré. ()u le sait, chez tout animal articulé, le cerveau et la chaîne ganglionnaire, qui représente la moelle épinière des Vertébrés, sont situés dans des rapports différents.
Tous les faits aujourd'hui connus, touchant le système nerveux des Insectes, conduisent à dire qu'il y a chez les représentants de cette division zoologi([ue : des nerfs de sensibilité spéciale, naissant du cerveau; des nerfs mixtes, sensibles et moteurs, provenant de l'encéphale et do la chaîne ganglionnaire; un système nerveux alTecté à la portion antérieure du tube digestif, aux organes respiratoires et aux parties pi'incipales de l'appareil circulatoire, remplissant le rôle des nei-fs pneumogastriques des animaux supérieurs; et enfin un véritable grand sympathique accompagnant la chaîue ganglionnaire dans toute sa longueur, comme ce nerf accompagne la moelle épinière dans les Vertébrés.
Les ganglions et les nerfs ont en général une assez grande transparence, et parfois cette transparence est telle, qu'on a peine à les distinguer. Les anatomistes sont obligés d'employer, pour leurs dissections, l'alcool, et mieux encore l'essence de térébenthine, qui, en raffermissant toutes les parties du système nerveux, les rendent d'un blanc opacpie. Les centres médullaires, blancs chez la plupart des Insectes, sont ordinairement d'une teinte jaunâtre chez les Lépidoptères. En l'état de nos connaissances, cette coloration ne présente aucune signification.
Les noyaux médullaires sont formés de cellules, les unes plus petites, les autres plus gi^andes, mais leur arrangement n'a pas encore été observé d'une manièi^e rigoureuse.
Depuis les recherches de INewport, on sait qu'il exish- dans chaque nerf deux faisceaux de fibres, absolument comme dans les nerfs spinaux des Vertébrés. C'est particulièrement sur la chaîne ganglionnaire que l'on distingue aisément les deux ordres de fibres nerveuses. Les colonnes supérieures passent sur les
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noyaux nu'iluUain's dans toute la louf^ucui' de la iliaiue, se faisant romanjuei' par leui' couleur plus Manche que celle des parties sous-jaeontes, surtout si la préparation a été soumise à l'action de la térébenthine. Les colonnes inlérieures sont partout en rajtport intime avec les cellules ganglionnaires. Tous les nerfs thoraci([ues et ahdominau.x sont formés de lil)res provenant des faisceaux supérieurs et des faisceaux inférieurs, auxquels s'ajoutent des filets du grand synq)athi([ue. D'après la situation relative des deux ordres de fdjres et d'après quel([ues expériences moins concluantes qu'on ne le souhaiterait, les colonnes supérieures sont forujéesde libres motrices, les colonnes inférieures de fd^res sensibles.
Des expériences ont été faites dans le but d(.' déterminer le rôle physiologique des dilTércnites parties du système nerveux des Insectes. Mais la difficulté de produire des lésions trèspartielles sans occasionner de blessures trop graves sur de petits animaux, étant extrême, ces expériences n'ont pu donner tous les résultats désirables.
Les centres médullaires cérébroïdes ayant une prédominance manifeste sur les autres centres nerveux, par leur volume, par leui's relations directes avec les organes des sens, ne possèdent pas cependant, d'une manière exclusive, les facultés qui appartiennent en propre au cerveau des animaux supéi'ieurs. Si l'on arrache la tète d'un Insecte, en prenant la précaution d'empêcher l'écoulement du liquide sanguin au moyen d'un peu de cire molle, l'animal, pouvant vivre encore assez longtemps, continue à exécuter des mouvements réfléchis. Un éminent professeur de IMontpellier, Antoine Dugès, vit une Mante dont il avait enlevé la tète agiter ses pattes de devant comme pour saisir une proie. Un Hanneton, une Abeille, une Sauterelle })rivée de sa tète ne manque pas de frotter avec la patte la partie de son corps que l'on vient à toucher. On a souvent remarqué que les Criquets et les Sauterelles dont on a pressé
le tarse, portent aussitôt leur patte à la bouche et lèchent de leurs pulpes la partie qui a été froissée. Plusieurs heures après avoir été décapitée, une Sauterelle, dans les mêmes circonstances, exécute le même mouvement, comme si elle avait encore le pouvoir de se servir de ses palpes.
Ces faits tendent à prouver que toutes les facultés instinctives ne sont pas localisées dans le cerveau, et se retrouvent jusqu'à un certain point dans les centres nerveux de la chaîne sousintestinale. Néanmoins, lorsqu'on vient à piquer les lobes cérébroïdes en traversant le tégument à l'aide dune aiguille, ou à l'inciser, l'animal éprouve un trouble considérable; il tombe ordinairement dans une sorte de toi'peur. Sous l'influence d'une excitation, il s'agite, mais ses mouvements sont irréguliers, sa démarche mal assurée; souvent il décrit des cercles, soit à droite, soit à gauche : c'est ce que nous avons observé plusieurs fois; c'est aussi ce qui, d'autre part, a été constaté par un naturaliste de la Suisse, Al. Yersin, auteui' de recherches sur les fonctions du système nerveux des Insectes.
11 est fort difficile d'enlever l'un ou l'autre des ganglions thoraciques sans déterminer une blessure extrêmement grave, qui occasionne une abondante hémorrhagie et entraîne bientôt la mort. Si l'on fait une forte piqûre à l'un des centres nerveux, il se produit une gêne dans les mouvements des pattes et des ailes suivant le point de la lésion. M. Faivre, aujourd'hui professeur à la Faculté des sciences de Lyon, poursuivant des expéiuences sur le système nerveux du Dytique, a cru reconnaître que la respiration s'arrêtait d'une manière instantanée dans le cas seul où était pratiquée l'ablation entière du ganglion métathoracique. Cette obsei'vation s'accordait peu avec les faits anatomiques; car il est bien démontré que les muscles affectés aux mouvements respiratoires reçoivent leui-s nerfs des divers noyaux de la chaîne ganglionnaire et surtout du grand synipathi({ue. L'expérimentateur, agissant sur un Insecte défa-