‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 3 sur 102 · LA SCIENCK AUX PRISES AVEC LE MONDE DES LVSECTES · texte numérisé non relu

LA SCIENCK AUX PRISES AVEC LE MONDE DES LVSECTES

lo môme temps par une étude importante d'un autre genre. Marcello Malpighi, docteur de l'université de Padoue, né à Crevalcuore, entre Bologne et Modène, le 10 mars 1G2I8, professeur de médecine tour à tour à Bologne, à Pise, à Messine, puis médecin du pape Clément XII, mort à Rome le 20 novembre 1 691, est l'auteur d'un travail bien connu sur le Bombyx du Mûrier, qui fut publié à Londres en 1600.

Le premier, Malpiglii voulut connaître l'organisation d'un Insecte sous ses états de larve et d'adulte. En Italie, le Ver à soie, en grande estime pour les biens qu'il procurait au pays, devait être choisi de préférence à toute autre espèce.

Malpiglii décrivit et représenta les différents appareils organiques de la Chenille et du Papillon. Il reconnut la disposition des principaux centres nerveux, les particularités essentielles de l'appareil alimentaire, les formes des organes de la reproduction; il fit la découverte de l'appareil respiratoire, si caractéristi([ue chez les Insectes, et du cœur, habituellement désigné sous le nom de vaisseau dorsal. D'un seul coup la science avait fait un grand pas.

A cette époque, où des naturalistes de l'Italie acquéraient dans l'Europe savante une juste renommée, la Hollande avait d'infatigables investigateurs qui devaient également arriver à une haute célébrité. Tout le monde a entendu parler du premier micrographe, Antoine de Leuwenhoeck, dont la carrière fut longue ; car, né le 4 octobre 1632, il vécut jusqu'au 6 août de l'année 1723.

Leuwenhoeck avait compris que de nombreuses découvertes étaient réservées à l'observateur qui pourrait étudier les objets H l'aide de grossissements considérables. Il imagina les microscopes simples, consistant en de petites lentilles ou de petits globules de verre enchâssés dans des platines d'argent munies d'une ai^iille servant de porte-objet. Le naturaliste s'était fait constructeur d'instruments, et il sut tirer bon parti de soti talent

manuel. Leuwenhoeck, incessamment préoccupé de l'idée de constater des faits, ne songea guère aux déductions que l'on pouvait en tirer. On se figure, en efTet, les impressions de l'homme de recherche, voyant pour la première fois, dans tous les corps soumis à son microscope, des êtres ou des choses dont personne n'a encore soupçonné l'existence; le désir de porter partout son précieux instrument doit s'emparer exclusivement de son esprit. Chaque observation procurait une découverte, une i^évélation, une conquête. Leuwenhoeck examine du sang, il découvre les globules; le produit des organes mâles, il voit les corpuscules fécondateurs ; une goutte d'eau, il en reconnaît les habitants ; les êtres qualifiés d'Infusoires, tout un monde. Il étudie sous le microscope les os, les dents, les muscles, le foie, la rate, etc., et il constate les traits les plus frappants de la structure intime de ces parties. Mais on était à une époque où le mode de propagation de divers animaux était beaucoup eu discussion ; Leuwenhoeck ne manqua point de fournir sa part d'observations sur un sujet de cette importance. On ne pouvait expliquer, ni les apparitions presque soudaines, ni. la prodigieuse multiplication des plus affreux parasites de l'Homme; le savant Hollandais se chargea de l'explication : il avait eu l'épouvantable courage de faire l'expérience sur son propre corps.

Il est un compatriote de Leuwenhoeck qui conservera toujours une grande place dans l'histoire des sciences zoologiques, Jean Swammerdam, le plus habile investigateur de l'organisation et des métamorphoses des Insectes au xva° siècle. En Swammerdam apparaissent im amour de la vérité, un talent d'observation, un espint de recherche que l'on doit estimer d'un ordre bien élevé, quand on s'arrête par la pensée à l'état des connaissances scientifiques au temps où vivait ce naturaliste. Swammerdam, né en 1637, commence sa carrière par la médecine. Des études sur l'Homme et les Mammifères ne l'ayant pas conduit à dos résultats bien nouveaux, il songe qu'il existe une classe d'ani-

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