LES SÉCRÉTIONS ET LA REPRODUCTION
Beaucoup d'Insectes donnent des produits particuliers ; ils ont des sécrétions spéciales fort intéressantes à étudier, car ces produits jouent ordinairement un rôle considérable dans l'existence des espèces qui les fournissent. Divers organes peuvent être le siège de ces sécrétions. Un simple aperçu un peu général sur ce sujet suffira en ce moment; lés détails trouveront leur place dans l'histoire des familles.
Tout le monde a remarqué l'odeur pénétrante que répandent certains Insectes. Si l'on vient à toucher une Coccinelle, le petit animal si connu sous le nom de Bêle à hon Dieu, une odeur assez désagréable se manifeste et demeure très-persistante après les doigts; on peut même apercevoir le suintement d'une liqueur jaunâtre sur les côtés du coi'ps, en arrière du prothorax : c'est la liqueur odorante. Ce Coléoptère, d'un vert métallique, que l'on rencontre fréquemment dans nos campagnes, courant avec
une extrcme agilité, le Carabe doré, laisse échapper une odeur repoussante quand on l'inquiète. Les Coléoptères si abondants dans les mares et les ruisseaux, que l'on appelle les Dytiques, font écouler à la surface de leur corps une liqueur blanche, dès qu'où, vient à les saisir; cette liqueur est nauséabonde. Ces soi'tes d'éjaculations odorantes sont produites par des glandules ou des follicules situés sous le tégument, et dont les conduits, toujours très-courts, s'ouvrent entre les anneaux du corps et parfois entre les articulations des membres.
Les sécrétions de ce genre sont évidemment un moyen de défense; il n'est pas douteux que des animaux voraces renoncent souvent à s'emparer de l'Insecte qui tout à coup répand autour de lui une odeur très-pénétrante. Il est aussi des Insectes qui exhalent une sorte de parfum ; quelques Capricornes sont remarquables sous ce rappoii. L'odeur de rose qu'ils répandent a sa source également dans de petites glandes so as-cutanées. Nous ignorons si ce parfum est de nature à éloigner les ennemis des Capricornes odoi^ants.
La plupart des Hémiptères répandent une odeur infecte, l'odeur de Punaise, si caractérisée et si bien connue. C'est une sécrétion produite chez les adultes par une sorte de sachet placé à la base de l'abdomen, et s'ouvrant au dehors par deux fentes, dans l'espace compris entre les pattes postérieures. Tant que ces Hémiptères, les Punaises de bois, comme ou les nomme vulgairement, ne sont pas arrivés à l'état adulte, tant qu'ils demeurent privés d'ailes, ils ont, à la face dorsale de l'abdomen, deux glandes odoriférantes s'ouvrant chacune au dehors par deux petits pores. Au moment où ces Punaises de bois subissent leur dernière mue, au moment où elles prennent leurs ailes, les glandes dorsales s'atrophient; leurs orifices extérieurs se trouvant cachés sous les ailes, leur sécrétion resterait sans effet. Mais, en même temps que ces glandes s'atrophient, se constitue la glande ou le sachet occupant la région ventrale. La connais-