‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 41 sur 102 · I.I.S l.l'.l'IlKtl'TKItKS. -lU · texte numérisé non relu

I.I.S l.l'.l'IlKtl'TKItKS. -lU

(iiil (les |i;il|i('s (Hii (Irpjissfiil iidlalilciiii'iit l:i hMc; les si'C(»ii(ls oui ct's iiièincs |»al|ics loiit à lait cxij^us,.

Li'S Lyoûiiitcs (iiit (le iioiiihi'ciix l'eprt-sciilaiils en l^juropo, entre soixante-dix et <(uatre-vingls, que l'on i'é])ai'tit dans quelques genres faeiles à distinguer. I^es Tliéclas, les Polyonnnates, les Lyeénas. Les Tliéclas ont leurs ailes postérieui-es prolongées en une petite queue, des antennes avee une massue niédioerenient épaisse. Ce sont de petits i'apillons brunâtres en dessus pour la plupart, et en dessous d'une teinte claire, avec des lignes ou des dessins caractéristi(iues des espèces.

Prenons pour exemple l'un des Tliéclas les plus communs dans notre ]>ays : le Porte-queue brun à ligne blanche dt; Ernst, (•Il Thécla W lilaiic {Thecla W album). Le papillon est tout liriiii eu dessus, avec une ligne hlanche près du liord ; il est d'iiii gris clair eu dessous, avec des lignes noires, rouges et blanches, l'une de ces dernières figurant, vers l'extrémité des ailes postérieures, la lettre TF parfaitement reconiuiissable : de là le nom adopté pour l'Insecte, et un caractère qui permet de le reconnaître sans difficulté. La cbenille de celte espèce vit sur les Ormes et quelquefois sur l'Aubépine. Courte, élargie, déprimée en dessus, comme les autres chenilles de Lycénites, elle a toute l'apparence d'un Cloporte; cependant elle n'en a pas la couleur. La chenille du Petit-Porte-queue brun est ordiiiairement d'un vert-pomme qui ne diffère pas beaucoup de la couleur des feuilles <le l'Orme, lorsqu'elles ont enc(U'(; toute leur fraîcheur i)riiifauière. Sa tête, très-petite, brunâtre, se retire entièrement dans le premier anneau du corps pendant le repos. Sur chacun de ses anneaux couverts d'une fine pubescence , on remarque deux petites saillies dorsales, et do chaque côté un trait plus obscur que la teinte générale de l'animal. Les pattes écailleuses de cette chenille sont très-petites ; les pattes membraneuses sont également fort courtes, et comme le corps est loin d'être svelte, on peut être assuré que l'insecte doit être fort lent dans sa marche.

Les épines des pattes membraneuses circonscrivent une cavité

MÉTAMOni'IIOSES nu T1IL(L\ \\ BL4NC (Tliecla W aUium).

agissant à la manière d'une ventouse : c'est un indice que la chenille marche sur une surface d'ordinaire plane comme une feuille.

LES LÉPinOPTftRES. 20S

(|u'cllo no griiiiiK' guôiv après les tiges. En effet, toutes les chenilles lies Lycénites, très-lentes dans leurs mouvements, se déplacent fort peu. Après avoir rongé une feuille, elle se porte sur la feuille voisine, et c'est là leur plus grand voyage. De la couleur du feuillage au printemps et blotties habituellement à la face inférieure des feuilles, ces chenilles sont difliciles à apercevoir. C'est une sauvegarde contre leurs ennemis, tous les insectivores, qui volontiei's en feraient Iciii's délices.

Les chenilh's du Tliécla W blanc se ti-ouveiil (■omiiiunément sur les Oi-nics de nos roules, des parcs, de la lisière des bois; elles se transforment eu s'attachant aux feuilles sur lesquelles elles ont vécu. Les chrysalides, légèrement pubescentes, sont d'un gris brun, avec une rangée latérale de points noirs. Comme chez toutes les espèces du groupe, les anneaux de leur abdomen sont immobiles. Le papillon édot une quinzaine île jours après la métamorphose de la chenille, et ou le voit voler pendant tout le mois de juui. On n'a pas encore observé où il dépose ses œufs, ni sous quelle forme l'Insecte passe l'hiver.

Tous les autres Théclas ressemblent à celui-ci par leur genre de vie comme par leur transformation. Le Thécla du Prunellier [Thecla Spini) se montre souvent dans les jardins. Le Thécla du Chêne [Thecla Quer eus), àoniXo?, ailes sont glacées de bleu violacé, nest pas rare dans les bois. Le Thécla de la Ronce [Thecla Rubi) est commun dans la plupart des taillis où croît la plante qui nourrit sa chenille. 11 offre mie coloration exceptionnelle chez les Lépidoptères; ses ailes, brunes en dessus, sont en dessous d'un vert clair uniforme. Une espèce de la Californie [Thecla dumelorum, Boisd.) en est toute voisine, ayant ses ailes absolument de la même couleur. 11 est du reste très-remarquable de voir combien une foule d'espèces de la partie occidentale de l'Amérique du Nord ressemblent aux espèces de l'Europe tempérée.

Le genre des Polyommates se distingue des Théclas par les antennes, dont la massue est plus courte et plus épaisse, et par

•20/, LES MKTAMOnPHOSKS DIÎS INSECTES.

Ips ailos postV'rioures sons prolongoment. Lo nom de l'olyoïnmates, qui signifie beaucoup dyeux, fait allusion aux petites taches cerclées, assez semblables à des yeux, qui ornent la face inférieure des ailes de ces jolis Lépidoptères. En dessus, les ailes des Polyommates sont en général d'un fauve doré et d'un éclat métallique produit à peu près de la même manière que chez les Morphos. Toujours chez les femelles, quelquefois chez les mâles également, ces ailes brillantes sont tachetées de noir.

Pendant leur premier âge, les Polyommates ressemblent extrêmement aux Théclas. L'espèce la plus commune du genre est le Bronzé de Geoffroy ( Polyommalus phlœas ) . Comme quelques Vanesses, elle a une grande partie du monde pour jtatrie; elle vole partout sur les chemins, dans les chamjis rocailleux, dans tous les endroits découverts. Le Polyommate de la Verge-d'or [Polyommalus virgaureœ) est le plus étincelant : les ailes du mâle sont d'un rouge dort' uniforme. C'est une espèce qui habite les Alpes et qui ne se trouve jamais que dans les pays de montagnes. Le Polyommate chryseis (Polyommalus chryseis), ou XArgus-saliné-changeanl d'Engramelle , presque aussi beau, mais d'un ton un peu violacé et chatoyant, est parfois abondant dans les grandes forêts. C'est charmant, au mois de juin, de le voir briller au soleil, dans les petites avenues de la forêt de Chantilly.

Sous le nom de Lycéna, on a distingué des Polyommates toutes les petites espèces aux ailes bleues en dessus, quelquefois brunes chez les femelles, et généralement ornées en dessous d'une multitude de taches ocellées. Ce sont de vrais Argus, comme les appelaient les ajiciens entomologistes, et comme nous voudrions les appeler encore, si le nom à' Argus ne désignait, depuis Linné, une espèce en particulier.

A ce genre se rattache le Porle-queue bleu strié de Geoffroy [Lycœna bœlica), d'un bleu grisâtre en dessus, tout strié en dessous, et orné à l'angle des ailes postérieiu'es de quelques points

LES ij;i'iiHii'Ti:uKs. 40,-)

(ktIIl's. .ly.iiit une |«iniilli' dOi'. C/csl un joli [iclil |>;i|»illoii, Jiuqiiel lii iK'titc (|ii('U(' de ses ;iik'S doiiiu' iiiliuiiiu'nt d'clégaiico. Il est fort ré|>aiidii dans l'Europe méridionale, en Afrique et en Asie, et il est devi'uu commun dans une grande partie de la France, (le[)uis tpie le Haguenaudier aélé propagé dans les parcs et les jardins. Sa chenille vit dans les silicpies de cet arl)risseau et en ronge les graines.

La plupart des Lycenas n'ont pas <le rayures à la face inférieure de leurs ailes, mais seulement des taches ocellées. Partout, dans les ])laines. au milieu des champs de Trèfle, de Sainfoin, de Luzerne, voltige l'Argus hleu (Lycœna alexis). Le uuilc a les ailes du plus beau hleu de ciel, avec des reflets chatoyants; la femelle a les ailes brunes. Sa chenille vit sur les Légumineuses les plus répandues. L'Argits bien céleste [L. adonis), un peu moins abondant cpie le pi'écédent, est peut-être encore plus joli, h Argus bleu nacré [L. corydon) se plaît d.ms les avenues des bois et dans les plaines arides. Les chenilles de ces espèces vivent sur diiïerentes Légumineuses.

Les Erycinites, dont les variétés de formes sont extrêmes, habitent les régions chaudes du monde. Par leurs premiers états, par leurs métaraori»hoses, d'après les observations de plusieurs voyageurs, elles diffèrent fort i)eu des Lycénites. Une seule espèce de ce groupe se trouve en Eui-ope, et cette espèce a la coloration et toute l'apparence d'une petite Mélitée : des ailes fauves «piadrillées de noir. C'est la Lucinc ou le Fauve à lâches è/aMcAw d'Engramelle (Nemeobius lucina), Léjùdoittère très-commun au mois de mai, dajis les clairières des forêts et des grands bois. Sa chenille possède la physionomie des Cloportes, comme celle des autres Erycinides, et sa chrysalide, ramassée, obtuse, est couverte d'une fine pubescence.

Les IksPKiuiDEs, qui forment notre quatrième famille de Tordre des Lépidoptères, s'éloignent d'une manière très-notable des lyi)es précédents. Ce sont des Diurnes (|ui déjà se rapprochent

des JNoclurnes d'uuc façon saisissante. Ils ont un corps épais; une tête forte, élargie; des antennes renflées en une massue allongée comme un fuseau, et souvent courbée à l'extrémité, à la façon d'un crochet ou d'un hameçon. Leurs pattes sont bien développées, et les postérieures en particulier sont fortes, avec leurs jambes munies de deux paires d'épines. Les ailes de ces Lépidoptères ont une ampleur très-médiocre, relativement au volume du corps; elles ont très-généralement des couleurs grises, brunâtres, fauves.

Les Hcspéinides étaient mises par Linné au nombre des Plébéiens; cette classification était justifiée par une taille petite, par des couleurs ternes, par un vol saccadé, lent, humble en quelque sorte. En considération de leur allure incertaine, Geoffroy les nommait les Estropiés.

Ces Lépidoptères voltigent dans les endroits couverts, les étroites allées des bois, les taillis sombres; ils semblent presque confus de se montrer à la lumière. Les Hespériides sont parfaitement des Diurnes, et elles affectent une analogie d'allure surprenante avec certains Nocturnes.

Si les Hespériides, à l'état adulte, ditfèrent Iteaucoup des familles précédentes, elles s'en éloignent aussi sous leur première forme. Leurs chenilles, par leur aspect, par leurs mouvements brusques, rappellent la démarche des Pyrales. Elles ont un corps mince, allongé, ime tête grosse, arrondie. Pour dissimuler leur présence, elles se cachent souvent dans les rigoles d'une feuille dont elles retiennent les bords au moyen de quelques fils. Au moment de subir leur transformation, elles établissent avec plus de soin leur retraite, puis elles s'attachent par l'extrémité de leur corps comme tous les autres Diunies, et s'enlacent en outre avec un certain nombre de fils entrecroisés : c'est une sorte de réseau très-léger. Les chrysalides sont minces, longues, anguleuses.

Les Hespériides ne sont, à proprenienl pai-ler, ([u un grand

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