LA SCIENCE AUX THISES AVEC LE MONDE DES INSECTES
« Surinam; ouvi'ap,c où les clicnillcs et les vers de Sui'iiiam » sont dessillés et déerits <laiis toutes leurs trausforuiations, » d'après le vivant et représentés avee les plantes sur lesquelles » ils ont été trouvés. »
Sibylle de Mérjau mourut à Ainsterdani, le liJ janvier 1717.
Son oiivraye, ([ui eut de nond)reux admiratenrs, peut eneore èti'e consulté de nos jours avec quelque profit.
Des connaissances déjà importantes sur le mode de reproduction cl sur l'orpjanisation des Insectes étaient acquises. Sur les mœurs, les instincts, les métamorphoses de la i)lupart de ces animaux, on n'avait encore que des notions peu étendues. Mais, en 1G83, naissait à la Rochelle un homme qui devait contribuer d'une manière éclatante au progrès de l'histoire des Insectes. ^ Cet homme était Ferchaultde Réaumnr, l'auteur d'une foule de travaux sur les sujets les plus variés.
Eu 1703, à l'âge de vingt ans, Réaumur vient à Pai-is, où bientôt, par l'intermédiaire de son parent, le président Ilénault, il est mis en relation avec les principaux savants de l'époque. Des études mathématiques occupent d'abord le jeune homme, et la publication de quelques mémoires de géométrie lui ouvre dès 1708 les portes de l'Académie des sciences. Presque aussitôt Réaumur abandonne les mathématiques et semble tout particulièrement attiré vers l'histoire naturelle. 11 se livre à des recherches sur l'accroissement des coquillages , sur la soie des Araignées, sur les mouvements des Mollusques et des Zoophytes, sur la formation des pex'les, etc. 11 entreprend des expériences sur la digestion, qui jettent d'assez vives lumières à l'égard de cette fonction, pour faire regretter que l'auteur n'ait pas eu l'inspiration qui, plus tard, devait tant illustrer le nom de Spallanzani.
Au commencement du xvm" siècle, l'idée des applications de la science à lindustrie élcctrisait les investigateurs. Réaumur fut conduit ainsi à s'occuper de l'art du cordier, de l'art du
tireur d'or, de la suspension des voitures, à publier un traité sur l'art de convertir le fer en acier, après avoir découvert des procédés de fabrication dont la valeur a été longtemps méconnue'. Il fit ensuite un mémoire sur la porcelaine, et il donna un moyen pour faire du verre blanc. En 1731, il avait imaginé la graduation du thermomètre qui, plus que ses magnifiques travaux scientifiques, a rendu son nom populaire.
Cependant ce chercheur infatigable, stimulé par des sujets de tous les genres, s'était épris de l'étude des métamorphoses, des instincts, des mœurs des Insectes. Après avoir inséré quelques mémoires particuliers dans le Recueil de l'Académie des sciences, il pensa que ses nombreuses observations sur les Insectes, réunies en un corps d'ouvrage, se montreraient dans leur jour le plus favorable. Six volumes, publiés de l'année 1734 à l'année 1742, composèrent ainsi la vaste publication portant le titre modeste de Mémoires pour servira l'histoire des Insectes. L'auteur avait plus de cinquante ans lorsqu'il commença cette publication, bien faite pour rendre son nom impérissable. Il avait étudié dans le silence, jusqu'au moment où il eut amassé un énorme ensemble de faits intéressants. Réaumur, déjà riche de sa gloire acquise par d'autres travaux, favorisé d'une situation indépendante, n'était soUicité par aucune considération à produire ses brillantes recherches sur les Insectes avant l'heure qu'il avait fixée lui-même.
De nombreuses relations lui procuraient une quantité d'objets d'études, et le naturaliste avait disposé dans son cabinet des boites grillées, des cloches, de petites volières, où il pouvait épier aisément les manœuvi-es et les transformations d'une foule
' « 11 est inconcevable comment cet habile métallurgiste (Réaumur) a su découvrir » et développer la théorie de l'acier, et l'on ne sait ce que l'on doit le plus admirer, » ou de la sagacité et de la rectitude d'esprit de l'illustre savant, ou de la sfupidili' » des fabricants d'acier qui sont restés si longtemps sans le comprendre. » (L.uidrin fils, Traité de l'acier, 1859, page 80.)