‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 51 sur 102 · I.KS IIYMKNOPTKIUCS · texte numérisé non relu

I.KS IIYMKNOPTKIUCS

Lci l*i'ovi(leiice ici se iiuuiirosto s(3ns 1;» ronne dos llyiiu''iioi»l(''rt's parnsiU's. Cluicun imagine l)i('ii (|ii(' ricliiicunioii, déposant na seul «l'ul' dans le corps d'une clicnillc. ne parvicnl pas tonjonrs, dans les circonstances ordinaires, à reMcoulicr soixante ou (juidreviugts chenilles de^l'cspèce ([ui lui eonvient pour oireetncr le dépôt de tous ses œufs; il [léril alors, laissant une postérité bien restreinte. Mais dans les circonstances où notre llyménoptère trouve partout à sa portée les individus i^ui lui sont nécessaires,

. presque aucun de ses œufs n'est perdu. Un seul Ichueumou frappera niortellemout une légion de chenilles, et l'année suivante les Parasites seront si nombreux, que l'œuvre de destruction marchera avec une étonnante rapidité. Voilà les Insectes nuisibles à la végétation devenus rares : les llyménoptèi-es abondent au contraire et se trouvent dans l'impossibilité d'assurer le dépôt de

.. leurs œufs ; ils périssent la [dupart sans laisser de postérité, et alors l'espèce phytophage recommence à se multipUer en paix. C'est ainsi que se produisent, dans un grand nombre de circonstances, les apparitions et les disparitions successives de certains Insectes. L'expUcation a bien des fois déjà été donnée, mais les vérités, si simples qu'elles soient, ne se ré[)andent qu'avec des peines inhnies.

Pendant longtemps les naturalistes attachés à l'étude des Hyménoptères parasites se contentaient de les recueillir au hasai'd et de donner des descriptions de leurs formes et de leurs couleurs. Celait se contenter de peu ; mais il est dans la nature des plus grandes choses d'avoir d'humbles origines. Maintenant les observateurs se préoccupent de savoir aux dépens de quelles espèces vivent ces Parasites. Dans un intéressant ouvrage sur les Insectes nuisibles, M. Goureau, un colonel du génie aujourd'hui en i^etraite, investigateur sagace et ingénieux, s'est appliriué à faire connaître les Parasites de chacune des espèces dont les agriculteurs ont à s'inquiéter.

L'épithète de Parasites a été acceptée d'une manière générale

pour qualifier les Hyménoptères dont les larves vivent dans le corps d'autres Insectes, et, en l'absence d'un autre terme précis, nous sommes à notre tour obligés de l'accepter; elle est cependant vicieuse. Dn entomologiste auquel on doit des observations de mœur-s, et particulièrement des travaux descriptifs sur les Hyménoptères, le comte LepelJetier de Saint-Fargeau , s'est efforcé de prouver qu'il fallait employer le mot de Parasites dans une acception beaucoup plus restreinte que ne le font d'ordinaire les naturalistes. Se fondant sur la vraie signification du mot, il a dit : le parasite est l'individu qui vit aux dépens d'autrui en mangeant son bien, et non pas en mangeant l'hôte lui-même. Or, parmi les Hyménoptères, il existe en nombre, nous le verrons bientôt, des espèces qui dévorent les provisions que d'autres Hyménoptères ont amassées pour leurs larves, sans jamais attaquer ces dernières. Ces espèces seules devraient s'appeler des Parasites, d'après le sentiment de Lepelletier de Saint-Fargeau, d'accord avec cette définition du Dictionnaire de l'Académie française : «Le parasite est celui qui fait métier d'aller manger à la table d'autrui.» Malgré la justesse de laren^prque, la pauvreté de la langue nous oblige à continuer de qualifier de parasites les Hyménoptères dont les larves vivent de la propre substance d'autres Insectes.

Nous avons dit que ces Hyménoptères appartiennent à trois types très-faciles à reconnaître. Ils forment ainsi trois grandes familles : les Ichneumonides , les Proctotrupides , les Chalcidides.

Les Ichneumonides ont pr-esque toujours un corps long, mince, des pattes grêles; des ailes relativement assez grandes, trèsveinées, les nervures formant des cellules complètes; des antennes vibratiles, longues, filiformes, rapprochées à leur insertion et composées d'une longue suite d'articles; des mâchoires pourvues de longs palpes.

Tout, dans la conformation des Ichneumons, dénote l'agilité :

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le corps soui)le, d'un poids très-faihli', les pattes propres à la course et les ailes puissantes. Les yeux saillants, et surtout les antennes, dans un état de vibration continue, donnent à ces Insectes inie physionomie vive et animée, (juand on veut les saisir, ils s'échappent avec une prestesse merveilleuse, et les femelles que l'on maintient entre les doigts cherchent à se défendre avec leur tarière , instrument du reste peu dangereux, vu l'absence de tout appareil vénénificpie.

Dans cette immense famille des Ichneumonides, nous distinguerons les représentants de deux tribus et de ([uelques groupes ou grands genres. Les deux tribus sont les Ichneumonines et les Bracouines. Chez les premicx's, on compte quatre articles aux palpes de leur lèvre inférieure ^ chez les seconds, trois seulement.

Commençons notre examen par les espèces auxquelles a été réservé plus spécialement le nom d'Ichneumons (groupe des Ichncumonites), appliqué autrefois à tous les représentants de la famille des Ichneumonides. Ceux-ci, en général d'une assez grande taille,, ont l'abdomen arrondi sur les côtés et une tarièi^e fort petite, qui, dans l'état de repos, ne fait nullement saillie à l'extrémité du corps. Les Ichueumonites introduisent leurs œufs dans le corps de chenilles ou d'autres larves vivant à découvert.

Les espèces composant le genre Ichueumou des entomologistes de l'époque actuelle ont l'abdomen assez épais, attache au thorax par un assez long pédicxde. Ces Insectes, aux formes élancées, sont ordinairement parés de bandes et de taches jaunes ou rougeâtres qui se détachent sur un fond noir.

Les Pimplites sont des Ichneumonides dont l'abdomen est peu rétréci à son origine et dont la tarière est toujours fort saillante. Chez les Pimplas, et particulièrement chez les espèces que les auteurs ont distinguées sous le nom d'Ephialtès, la tarière des femelles a une longueur beaucoup plus considérable que tout le corps de l'Insecte. Prenons pour exemple le type du gem^e, un

Ilymi'iioptère fort coniinun dans le centre et le nord de l'Europe, l'Ephialtès noir (Eplualles manifeslator), que l'on voit pendant l'été dans les avenues des bois, se posant sur les fleurs ou courant sur le tronc des arbres.

Son corps en entier est d'un noir luisant; ses ailes transparentes sont légèrement enfumées, ses pattes longues et grêles, d'un roux vif avec les jambes et les tarses de derrière rembrunis. Le mâle est grêle et détaille médiocre, la femelle très-grande com])arativement et beaucoup plus robuste.

Dans son premier état, cette espèce est parasite des larves de Buprestes et de Capricornes vivant dans l'intérieur des troncs. Rien de plus intéressant à voir que l'Ephialtès en quête d' une larve ou en travail pour opérer le dépôt d'un œuf. Par un beau temps, lorsque le soleil surtout est dans son éclat, il semble plein d'une indescriptible animation. Ses antennes, en perpétuelle vibration, s'agitent en divers sens; ses ailes frémissent; il parcourt un tronc avec une étonnante rapidité; par moments, il s'arrête, il exidorc, puis, rapide comme un trait, il se porte sur un autre point, renouvelant son exploration. Cent fois les mêmes n^^nœuvres se répètent. Soudain, l'Insecte paraît prendre position en un endroit ; il a reconnu la présence d'une larve à sa convenance, celle d'un Capricorne si c'est dans nos forêts, d'un Bupreste {Chalcophora mariana) si c'est dans les Landes ou dans les sombres forêts de Pins de l'Allemagne; il s'est assuré de l'existence d'une fissure qui lui permettra d'introduire sa tarière et d'atteindre sa proie. Alors, la tète dirigée en bas, fortement accroché avec ses pattes, il soulève son abdomen, ramène sa tarière par une vigoureuse contraction, la fait pénétrer par l'étroite fissure, et atteint la larve qui, renfermée dans son obscure galerie, semblait à l'abri de tout danger venant de l'extérieur. Dans ce mouvement, les deux valves de la tarière s'écartent, se courbent, prêtant un appui aux stylets qui pénètrent en droite ligne. Notre dessin montre l'Ephialtès pendant sa grave opération, le tronc coupé, afin de

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