I.ES ICHNErSIONlDES DU GENRE PIMPLA
Un Ephiallùs noir [EphiaUes manifestator) mâlo au vol — Un inJivMu femelle de la même espèce inlrodiiisaii (Ciirdausle coi'ps d'une larve de Capricorne. — Un Epliiallèspersundanl [Rhyssa persuasoria) icmeUc.
ptère; il reconnaît malgré l'épaisseur du bois la présence d'une larve, et il ne peut voir cette larve ; il a l'instinct de chercher et
de trouver une fissure pour le passage de sa tarière, car cet instrument long, mince et flexible, est impuissant à perforer un tissu ligneux.
Un autre Pimpla (le Rhyssa persuasorià) beaucoup plus joli que l'Ephiallès commun, les difTérentes parties de son corps étant ornées de petites taches ou de petites ligues jaunes, a des habitudes analogues.
Les Cryptes (Cryptus) sont des Pimplites ayant le métathorax éphieux, l'abdomen pédicule, la tarière de longueur médiocre. 11 en existe beaucoup d'espèces ayant chacune ses préférences pour tel ou tel genre d'Insectes.
Les Ichneumonides du groupe des Ophions (Ophionites) se reconnaissent, au premier coup d'œil, à la forme toute pai'ticulière de leur abdomen. Cet abdomen, arqué et comprimé latéralement, ressemble à une faucille. Les Ophionites ontime petite tarière ; ils déposent leurs œufs dans le corps de larves vivant à découvert, ou les fixent simplement sur la peau de ces larves. Les œufs de ces Insectes ayant une forme assez étrange, plusieurs observateurs se sont attachés aies faire connaître. Ils sont oblongs avec un long pédicule un peu contouimé, fixé parla femelle sur la peau de l'Insecte destiné à être dévoré. Les jeunes larves de l'Hyméuoptère brisent leur coquille et passent la tête par le côté opposé au pédicule, en laissant leur corps engagé dans la coque de l'œuf. Elles attaquent ainsi leur victime, en restant protégées quelque temps par cette enveloppe. Assez fréquemment ou a observé des Ophionites qui, ayant péri au moment de la ponte, portaient des œufs attachés à l'extrémité de leur abdomen, et l'on a vu parfois aussi les larves éclore et celles-ci se mettre à manger le cadavre de leur mère en l'absence de toute autre proie.
Les espèces du genre Ophion proprement dit ont des antennes grêles et filiformes, des pattes minces, un abdomen dont la portion basilaire constitue un assez long pédicule. La plupart d'entre elles sont de grande taille et très-généralenicnt d'une
LES HYMÉNOPTÈRES. 3/il
cdulouv rauvf. L'Ophion jauno (Ophton luteus) ost tivs-commun on Europe.
[.es Braooninos forment la foule des Ichncumonides; leurs espèces, prodif^ietisemcnt multipliées, sont pour la plupart d'une taille fort exig;u('.
Les Bracons (groupe des Braconites), qui ont les mandibules pourvues de dentelures courbées et les antennes longues et grêles, se rencontrent continuellement sur les fleurs pendant la belle saison; ils attaquent particulièrement des Coléoptères. Les Alysiites (genre Alysia, etc.), qui diffèrent surtout des précédents par les dentelures de leurs mandibules, sont parasites des Diptères de la grande famille des Mouches (Muscides).
Les Agatliites, distincts des Braconites par le bord de la tiMe sans l'écliancrure qui existe chez ces derniers, sont de très-petits Insectes. Les Microgasters, les plus répandus de ce groupe. Hyménoptères longs de 2 à 3 millimètres, caractérisés par leurs yeux velus et leurs antennes composées de dix-huit articles, déposent leurs oeufs en masse dans le corps de diverses espèces de chenilles. Les larves des Microgasters arrivant au terme de leur ci'oissance, rongent tous les viscères de leur victime, lui percent la peau pour en sortir, et chacune en particulier se fde au dehors un petit cocon soyeux. L'un de ces Ichneumonides, le Microgaster aggloméré [Microgasler glomeralus), qui est noir avec les pattes fauves, peut être observé ])ien facilement. Les chenilles la Piéride du Chou [Pieris Brassicœ) sont souvent tuées par ce petit Hyménoptère ; il est des années et des localités où, sur une centaine de ces chenilles, on en trouverait difficilement deux ou trois individus épargnés. Au moment de se transfoi'mer en chrysalide, elles gTimpent sur les murailles; c'est alors que beaucoup d'entre elles cessent de vivre, les larves de Microgasters quittent la dépouille de ces chenilles, et tout à l'entour filent leurs cocons; elles se métamorphosent, et dans l'espace de peu de jours, éclosent les Insectes adultes. Les cocons du petit Hyménoptère, ordi-
3fi2 LKS MÉTAMORPHOSES DES LNSECTES.
nairement réunis ou agglomérés en paquets, d'une forme parfaitement ovalaire, composés d'une soie fine, de couleur jaune pâle, ont l'apparence des cocons du Ver à soie réduits aux plus minimes proportions.
Les riybrizonites, les plus petits des lehneumonides, font la guerre aux Pucerons. Le type du genre Hybrizon a reçu de Linné le nom d'Ichneumon des Pucerons (/. Aphidum). Celui-ci dépose ses œufs dans le corps des Pucei-ons du Rosier.
Les Pkoctotrupides se distinguent bien aisément des Icbneumonides. Leur corps est oblong ; leurs ailes n'olTrent qu'une seule nervure bifurquée ; leurs antennes, de médiocre longueur, filiformes ou un peu épaissies à l'extrémité, n'ont jamais plus de dix à quinze articles; leurs mâchoires ont des palpes longs et pendants.
Les Proctotrupides sont tous d'une taille tellement exiguë, qu'il est nécessaire de se servir d'une bonne loupe, sinon du microscope, pour bien reconnaître leurs caractères, leurs teintes bronzées, leurs ponctuations variées à l'infini, l'irisation de leurs ailes. Les formes de ces Hyménoptères étant très-diversifiées, beaucoup de genres ont été admis dans la famille, mais l'histoire des espèces est loin d'être faite. Les auteurs se sont contentés la plupart du temps de décrire ces Insectes sans se préoccuper le moins du monde des conditions dans lesquelles ils vivent. Quelques-uns, il est vrai, ont noté d'où provenaient certaines espèces.
Dans cette famille des Proctotrupides, il y a deux types trèsdistincts, et ainsi deux tribus. Les espèces du premier type (Proetotrupines) ont les ailes d'une dimension ordinaire relativement au volume du corps ; les espèces du second type (Mymarines) ont des ailes extrêmement étroites, quelquefois linéaires et élargies à l'extrémité comme de petites spatules.
Dans la première division, oii*compte les Diapries (groupe des Diapriites), où l'abdomen pédicule affecte la forme d'une Campanule. Los Diapries proprement dites sont de charmants Insectes;
LES MYMliliNOPTftRES. 3M
leurs mâles se fout remaniuer par leurs anteiiiies noueuses, oruéos (li; Ixnuiiu'ts de poils fort élégants. Ces petits Hyménoptères attaquent des larves de Diptères, et surtout des larves de Cécidomyies.
Les Proctotinipes, que l'on sépare des Diapries à raison de leur abdomen assez large à sa base et ainsi à peine pédicule, déposent également leurs œufs dans le eorps des larves de Tipulides. ('/est ce qui a été démontré par (jne](|ues trop rares observations.
Nous distinguons sous le nom de Plalygastériles des Proetotrupides bien reconnaissables à ies'.r alidomen di'primé, sans pédicule. Les Platygasters, dont les antennes n'ont que dix articles, ont l'arement plus de 2 millimètres de longueur ; leurs espèces, fort nombreuses, attaquent principalement des larves de Diptères du groupe des Cécidomyies. Leurs larves se fdent de petits cocons sous la dépouille de leur victime. D'autres Platygastérites, les Téléas, aux antennes composées de douze articles et aux pattes propres au saut, ont encore une taille bien inférieure à celle des précédents; aussi plusieurs de leurs larves peuvent vivre et se développer dans l'œuf d'un Papillon. Le Téléas des œufs [Teleas ovulorum), le plus commun d'entre eux, attaque les omfs de plusieurs de nos Lépidoptères nocturnes; il n'a pas plus d'un demi-millimètre de long.
Quant aux espèces du genre Mymar et de la tribu des Myniarines, rendues fort singulières par l'étrange dégradation de leui's ailes, nous ne savons inen de précis sur leurs métamorphoses.
Les Chalgidides, très-faciles à distinguer des Ichneuraonides et des Proctotrupides, à leurs palpes très-petits, à leurs antennes coudées, n'ayant pas plus de douze à treize articles, à leurs ailes ne présentant qu'une seule nervure bifurquée, constituent certainement la plus immense légion parmi les Parasites. Pi'csque tous d'une taille fort exiguë, ils vivent aux dépens de toutes les «vspèces d'Insectes et même des espèces parasites. Les genres
3/,;, LES MÉTAMORPHOSES DES INSI'CïES.
ont été très-multipliés dans cette famille. No pouvant les énnmérer, nous citerons les formes les plus typiques.
Les Chalcides comptent parmi les plus grandes; elles ont des
DIPLOI.ÉPIS en BÉDIÎGUAII ClIALCIDE PETITE
(Dii'lokpis Bedeguaris). {Chalcis minuta).
antennes épaissies à l'extrémité, des cuisses postérieures trèsrenflées, une tarière saillante. La Chalcide petite (Chalcis minuta), fort commune en certains endroits, dépose ses œufs dans le corps de diverses chenilles. La Pyrale de la Vigne, d'après les observations de V. Audouin, est souvent attaquée par cet Hyménoptère. Les Diplolépis, au corps plus svelte et ordinairement d'une couleiu" verte dorée, éclatante, ont une très-longue tarière. Les femelles, eu général, recherchent les larves des Cynips enfermées dans leurs galles. Souvent les Cynips de l'Églantier sont atteints par le Diplolépis du Bédéguar. Les Péi'ilampes, qui appartiennent au même groupe que les Diplolépis, mais qui ont une tarière assez petite, paraissent rechercher spécialement les Coléoptères. On en voit fréquemment sur les vieilles boiseries vermoidues ; ils sortent, après avoir vécu aux dépens des Vrillettes (Anobium).
Les Ptéromales, au corps aplati, infestent les chenilles. Il n'est pas rare d'en voir sortir une légion d'une chrysalide de Vanesse. LcsEulophes sont des plus petits parmi les Chalcidides. Pour eux, un millimètre est déjà une grande taille; malgré leur petitesse.
ils sont charmants. Ils ont des ponctuations régulières, des couleurs bronzées ou verdàtres, brillantes; le plus souvent les mâles portent des antennes garnies de longs rameaux. Les Eulophes attaquent des chenilles, des lai'ves de Diptères, des œufs de Lépidoptères.
(Chrysidides).
Voici une petite famille d'Hyménoptères que nous ne pouvons associer à aucune autre. Les (^iikysidides ont été désignées sous le nom vulgaire de Guêpes dorées, et en effet, par leur forme générale, par leurs alliu'cs, ces Insectes offrent une certaine ressemblance avec de petites Guêpes, car jamais leur taille n'atteint à la moitié ou au tiers de celle de nos Guêpes ordinaires. Ce qui frappe surtout, à un premier examen, chez les Chrysidides, c'est leur éclat, l'éclat des plus belles pierreries, de l'or, du feu. Certaines espèces ont le corps d'un vert doré magnifique ; d'autres sont en partie d'un splendide bleu d'outremer, avec leur abdomen d'un rouge de feu scintillant. De gi'os points enfoncés, des sortes de ciselure, se voient en différents points du corps, principalement sur le thorax, et produisent de charmants effets de lumière. Aussi est-il merveilleux de voir les Chrysidides au plein soleil; leurs couleurs, alors plus éblouissantes que jamais, ont d'admirables reflets. Si ces Insectes avaient un volume un peu considérable, on serait en extase devant leur beauté ; mais ils sont petits, et alors on est moins frappé de leurs parures.
Les Chrysidides, pourvues de téguments d'une grande épaisseur et d'une extrême dureté, possèdent la faculté de replier leur corps en forme de boule, particularité dont nous n'avons pas d'exemples chez les autres Hyménoptères ; elles ont plusieurs
caractères qui les séparent très-nettement de toutes les autres familles. Leur abdomen, très-convexe en dessus, concave en dessous, attaché au thorax par un pédicule fort court, est composé d'anneaux rentrant les uns dans les autres à la façon des tubes d'une lunette. Chez les femelles, l'abdomen porte un aiguillon dont la piqûre est très-douloureuse.
Les Chrysidides ont des antennes coudées, filiformes, composées de treize articles ; de longues mandibules ; des mâchoires courtes portant un palpe formé de cinq articles ; une lèvre inférieure saillante, de consistance membraneuse et ainsi propre à lécher; des ailes médiocrement veinées ; des pattes assez grêles.
Pendant la chaleur du jour, sous un brûlant soleil, ces Insectes montrent une activité inouïe; sans cesse en mouvement, ils volent, se posent sur les fleurs, en partent avec rapidité pour y revenir tout de suite. Dans le midi de l'Europe, où les Chrysidides sont beaucoup plus abondantes que dans les pays du Nord, c'est en certains endroits un spectacle ravissant que celui de ces petits Hyménoptères voltigeant dans toutes les directions. On croirait voir des perles de feu traversant l'espace. Les Chrysidides n'ont aucune industrie, elles nont pas de tarière leur permettant d'in- 'troduire un œuf dans le corps d'un Insecte. Leurs larves cependant ne vivent que de proie vivante, et dans leur état de faiblesse, elles doivent être logées dans des conditions où elles auront toute chance d'échapper aux bêtes carnassières; les brillantes Chrysidides, incapables de rien édifier elles-mêmes, ont l'instinct d'aller faire leur ponte dans les nids des Hyménoptères fouisseurs et mollifères. Elles violent audacieusement le domicile des espèces qui travaillent pour leur progéniture, sans trop redouter ces espèces plus grandes, plus fortes qu'elles-mêmes. Ici encore il faut s'arrêter à l'admirable conformation de l'animal, pour atteindre un but, pour réaliser le vœu de la nature. La Chrysidide s'introduisant dans le nid de l'Hyménoptère fouisseur ou de l'Abeille solitaire, peut être surprise parle vigilant Insecte armé d'un re-