I-UIUIMIS A MIEL ( ilyrmccocyslns mexicaii us
grusjis cUlc grandeur nalurcrc, vus, l'un ilc piofil,
de miel. Les renseignements les plus circonstanciés que nous possédions encore au sujet de ce curieux Insecte sont dus à un auteur mexicain, de la Llave, renseignements qui, publiés dans un recueil à peu près ignoré eu Europe, ont été traduits en français par M. Salle, bien connu des savants par ses voyages eu différentes parties de l'Amérique.
Ces Fourmis, assez abondantes, paraît-il, aux environs de la ville de Dolorc^, et connues dans le pays sous le nom de Busi-
leras, vivent dans des demeures sonterrainos, qui ne s'annoncent à l'extérieur par aucune éminence. Ces Insectes ont l'abdomen de proportion ordinaire dans les premiers temps de leur vie ; mais peu à peu , au moins chez un certain nombre d'individus, cette partie du corps s'élargit, et le moment arrive oi'i elle est distendue de façon à ressembler à une boule transparente : l'intestin semble avoir subi ime extrême dilatation, par suite d'une énorme accumulation de matière sirupeuse. Dans cet état de réplétion, les Fourmis à miel, incapables de marcher, demeurent suspendues au plafond des galeries de leur habitation. Les femmes et les enfants de la campagne creusent les nids pour y chercher les Busileras, et, récolte faite, sucent avec déhces la partie mellifère. Mais, si l'on veut en servir sur une table, on détache les têtes et les thorax, et les parties mellifères, semblajjles à de petites vessies, sont mises sur une assiette.
Comment est amenée cette singulière accumulation de matière sucrée dans l'intestin de la Fourmi mellifère? Quel rôle, dans la fourmiUère, jouent ces individus gonflés et inertes? Le rôle de nourrice probablement. Toute certitude manque à cet égard.
Dans le groupe des Ponérites, nous comptons peu de genres. Ce sont d'abord les Ponères, dont la tête triangulaire est à peine échancrée eu arrière, dont les mandibules, élargies à l'extrémité, sont garnies de plusieurs dents. Ces Insectes sont surtout répandus dans les régions chaudes du globe ; il y en a peu d'espèces en Europe, une seule dans notre pays, la Ponère resserrée {Ponera contracta), ti^ès-petite espèce, s'établissant daiis la terre, sous des pierres, et formant des sociétés peu nombreuses.
Une autre Fourmi d'un roux pâle, ayant beaucoup de ressemblance avec les Ponères, paraissant vivre de la même manière, et très-remarquable par ce fait que toutes les ouvrières sont aveugles (les mâles et les femelles sont inconnus), a été dé-
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couvc'i'to cil AIg»''ric par M. j.ticas. FJlc est considérée comme ai)piirtciKmt à un genre propre, le genre Typhlopone (Typhlopona oraniensis). Nulle observation de mœurs n'a été faite encore au sujet de cet Insecte. L'absence d'yeux nous donne la certitude que les ouvrières de cette; espèce vivent perpctuellemeut dans les ténèbres, qu'elles ne doivent jamais sortir de leur retraite. 11 faut croire que dans les lieu.xoù elles s etal)lissent, elles trouvent leur nourriture; mais en quoi consiste cette nourriture? L'observation seule peut l'apprendre.
Des Fourmis de l'Amérique méridionale, d'assez grande taille, les Odontomacbes (Odontomachus), se font remarquer par leur tête très-grande, fortement aplatie et échancrée en arrière et par leurs longues mandibules multidentées. Cette curieuse conformation fait naître l'idée d'aptitudes assez particulières cbez c(;s Fourmis, mais les voyageurs nous apprennent seulement qvi'elles travaillent dans le bois (Odontomachus chelifer).
Les Myrmicites sont représentés en Europe par de trèspetites espèces ; mais dans les régions iiïtertropicales , et surtout en Amérique, où ils sont très-abondants, beaucoup de ces Hyménoptères atteignent une taille assez considérable, la plus grande connue dans la famille des Formicides.
Dans les nids de diverses Myrmicites, il existe deux formes d'ouvrières, les unes ayant une petite tète, les autres une tète énorme. Cette différence a été fréquemment reconnue chez des espèces de l'Amérique du Sud ; elle a été signalée depuis longtemps à l'égard d'une espèce de notre pays, et M. Lespès l'a retrouvée chez six ou sept autres Myrmicites. On a appelé du nom de soldats les individus à grosse tète, d'après l'opinion conçue et justifiée par les récits des voyageurs, qu'ils devaient avoir pour fonction la défense de l'habitation. La supposition que ces individus plus robustes et mieux armés que les simples ouvrières pouvaient être des neutres mâles s'est
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naturellement présentée sans avoir été résolue jusqu'à présent par les investigations anatomiques nécessaires. Toutefois M. Lespès a vu chez nos espèces indigènes les deux sortes de neutres se livrer aux mêmes travaux dans l'intérieur du uid.
Les petites Myrmices de France, qui ont de larges mandibules et de longs palpes maxillaires, forment en général de petites l'éunions. La Myrmice rougeàtre {Myrmica ruhida) s'établit sous des pierres et creuse des galeries dans la terre. Plusieurs espèces font leur- installation sous la mousse, dans les bois. Quelques-unes recherchent les endroits sablonneux [Myrm. slructor, etc.); d'autres se logent dans les vieux troncs [M. acervorum); une très-petite espèce, longue de 2 miUimètres, la IMyrmice domestique (M. domeslicà), que l'on suppose avoir été importée en Europe , vit dans les maisons, où elle mine les poutres, les boiseries. Rare en France, mais plus répandue en Angleterre, elle a causé de graves dégâts dans plusieurs villes, notamment à Brightou, rapportent IM.AL Shuckard et W'estwood.
Une découverte curieuse, encore récente, due au professeur Sehenck (de Nassau), est celle d'une sorte de Myrmice dont les mandibules, conformées comme celles des Polyergues, ne peuvent servir comme instruments de travail. Cet Insecte, dont un professeur de Pesth, qui s'est beaucoup occupé des Fourmis, M. Mayr, a fait un genre particulier {Slrongylognalhus), prend pour auxiliaires ou pour esclaves les ouvrières d'une Myrmice {M. cœspilum). C'est dans le groupe des Fourmis à aiguillon le repi'ésentant du Polyergue, qui est du groupe des Fourmis sans aiguillon. Les Attes, au corps inerme, et les OEcodomes, au corps épineux, sont de grandes Fourmis des pays chauds, et surtout de l'Amérique, qui ont de très-petits palpes. L'OEcodomc céphalotc {OEcodoma cephalotes) abonde au Brésil. L'ouvrière, d'un brun noir, a la tète énorme, épineuse en arrière, et le thorax garni de !-;ix tubercules; la femelle, très-grosse, avec la tète dans les pro-
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])ortions ordinairi's. est toute 1)1'iiik'. C'est une «les espèees (|ui se véuuissont parlois en nombre immense pour exécuter de longs voyages, nn(; des espèces qui ont été nommées les Fourmis de visite, parce qu'à certaines épu.pics, assure-t-on, ces Fourmis, arrivant à l'improviste, envahissent les maisons, les débarrassent d'une foule d'animaux malfaisants, et s'en retournent ensuite comme elles étaient venues. Les notions qui nous ont été transmises sur ces singulières expéditions par de nombreux voyageurs sont encore bi(;u vagues; Pierre lluber n'a pas été les observer. 11 n'est pas douteux, au reste, que les grandes Fourmis des tropiques attaquent souvent des animaux pour les sucer.
L'OEcodome céphalote emploie des feuilles pour construire son nid, et ce qu'il y a de plus précis à cet égard, c'est le fait l'apporté par M. Lund. Ce voyageur, passant près d'un arbre isolé en pleine végétation, est surpris d'entendre, par un temps calme, des feuilles tombant comme la pluie; il s'approche, et, sur chaque pétiole, voit une Fourmi qui travaillait de toute sa force. Le pétiole, bientôt coupé, la feuille tombait à terre. Au pied de l'arbre, la scène était plus curieuse encore : la terre était couverte de Fourmis qui découpaient en morceaux les feuilles à mesure qu'elles tombaient. En une heure, tout était uni : l'arbre dépouillé, les feuilles coupées, les morceaux emportés.