I.A CEnCEniS DES SABLES
(Cerceris arenaria).
'. 2. Femelles en diverses atlituiles. — 3, Mule.
Coléoptères de la i'aniille des Cliaraucons. Elle ne tient pas à l'espèce, mais elle paraît tenir essentiellement aux Charançons. Les investigateurs en ont compté de dix ou douze espèces, et de genres très-difïérents, dans les nids de la Cerceris des sables. Ce choix étonne ; on songe à la dureté des téguments de ces Coléoptères destinés à être dévorés par des larves molles, d'une extrême faiblesse. En y regardant de près, l'étonnement diminue : l'ilyménoptère a l'instinct de s'empai*er de Charançons nouvellement éclos, dont les téguments ne sont pas encore très-fermes. D'un autre côté, les larves pai'aissent être assez habiles pour savoir entamer leur proie dans les articidations.
La Cerceris à quatre bandes (Cerceris quadricivcta) observée par M. Fabre, a également le goût des Charançons, mais des plus petits, des Apious, de sorte qu'il lui faut en réunir une trentaine d'individus pour chacune de ses cellules. Le pauvre Hyménoptère a fort à faire pour peu qu'il construise de vingt à trente cellules.
Une autre Cerceris étudiée dans ses habitudes par Léon Dufour,
assassine les Buprestes, de jolis .Coléoptères (Cerceris bupreslicida). Manœuvrant comme tant d'autres Fouisseurs, elle apporte un de ces Insectes jusqu'au bord de sa galerie, le dépose sur le sol, entre à reculons dans son trou, puis vient ressaisir sa proie et la descendre dans sa loge.
Enfin, plusieurs espèces de Cercéi'is s'emparent d'Hyménoptères : la Cerceris ornée (C. ornala) prend des Mellifères; une autre chasse des Ichneumonides et des Chalcidides.
Il est encore un type bien curieux du petit groupe des Cercérites, le genre Philantbe, que des mandibules unidentées et des antennes écartées à leur origine distinguent du genre^ Cerceris. Les mœurs de l'espèce la plus commune, le Philanthe apivore [Philanlhus apivorus ou P. Iriangulum) , oiit (Hé décrites par Latreille, en l'année 1802.
Le Philanthe apivore a la tête et le thorax noirs, tachetés de jaune, l'abdomen jaune avec une tache triangulaire noire sur chacun des anneaux de l'abdomen ; ces signes suffisent à le faire reconnaître. Dans les sentiers, dans les terrains légers, il creuse des galeries qui, généralement, commencent par êti'e verticales et deviennent ensuite horizontales en se pi'olongeant plus ou moins : nous en avons vu d'assez peu profondes ; mais d'un autre côté on assure que ces galeries ont souvent une étendue de plus de 30 centimètres. Au reste le Philanthe nous intéresse surtout à raison de sou audace "particulière. Il se pose sur les fleurs, il butine nonchalamment comme s'il n'avait rien de plus à désirer, mais que l'observateur l'épie avec patience, un spectacle curieux s'offrira bientôt à ses yeux. Une Abeille survient et s'occupe de faire sa récolte ou de miel ou de pollen sans prêter la moindre attention aillevu's. Le rusé Philanthe l'examine, et jugeant la position bonne, s'élance sur elle avec toute l'impétuosité imaginable; il la saisit avec ses mandibules entre la tète et le corselet, et presque toujours parvient à la renverser sur le dos et à la piquer de son aiguillon. L'Abeille oppose la plus vive résistance, mais le