‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 7 sur 102 · LA SCIRNCK AUX PRISES AVEC LE MONDE DES LNSECÏES · texte numérisé non relu

LA SCIRNCK AUX PRISES AVEC LE MONDE DES LNSECÏES

d'investigation peu commua, d'ingénieuses idées pour rcxpériencc et les yeux d'autrui, a réussi à composer la plus lidric histoire de ces curieuses sociétés de l'Insecte qui produit le miel et la cire. Son ouvrage (1792) est encore aujourd'hui le livre de tous ceux qui s'occupent des Abeilles.

Le fils de l'auteur des Nouvelles observations sur les Abeilles, Pierre lluber, a continué l'œuvre de son père, et à son toiu* il s'est i»lai-é au rang des plus })atients et des plus habiles observateurs, par des études sur les mœurs des Bourdons et des Fourmis.

Lorsque l'on songe au nombre prodigieux des Animaux articulés : Insectes, Ai'achnides, Crustacés, répandus sur notre globe, on imagine à peine qu'on puisse arriver à la connaissance de tant d'animaux. L'étude d'un pareil monde semble devoir effrayer l'esprit le plus ferme et le plus entreprenant. Longtemps on ne crut guère à la possibilité de connaître exactement dans leurs caractères, dans leurs habitudes, dans leurs métamorphoses, dans leur organisation, tous ces êtres, ayant pour la plupart des dimensions fort exiguës. Aujourd'hui cependant on est bien avancé à cet égard, et la difficulté d'acquérir des notions très-précises sur ce monde est devenue moins considérable qu'on ne pourrait le supposer au premier abord.

Pour parvenir à un aussi beau résultat, la coopération d'une foule d'hommes d'aptitudes diverses a été nécessaire; le labeur a dû être immense ; le talent de l'ordre le plus élevé a dû souvent se manifester. Rien de cela n'a manqué. La science s'est constituée ; les comparaisons ont conduit à de justes appréciations ; les généralisations alors ont été possibles : la méthode a été créée.

La méthode imaginée dans le but de bien conduire sa raison, suivant la belle expression de Descartes, eu permettant de classer heureusement les faits, de grouper les idées, de distinguer ce qui est général de ce qui est particulier, a fourni le

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moyen de rendre simple et attrayante l'étude d'un sujet dont l'étendue est sans limites.

En histoire naturelle, s'agit-il d'ordre, de méthode, de classification, le nom de Linné se présente aussitôt, rayonnant d'un éclat que le temps ne saurait diminuer.

Un naturaliste de l'Angleterre, Jean Ray, avait compris la nécessité de distribuer les animaux d'une manière méthodique ; mais Linné, le premier, a disposé par classes, ordres et genres, le Règne animal aussi bien que le Règne végétal. Dans la pensée du célèbre naturaliste suédois, la classification avait pour unique but de conduire aisément à la détermination de chaque espèce. Le caractère le plus appai'ent, commun à un groupe d'espèces, devait être choisi sans préoccupation de la recherche de caractères pouvant avoir plus d'importance. Linné, classant les végétaux d'après le nombre des étamines, sans s'inquiéter si la conformité dans le nombre de ces organes n'amenait pas le rapprochement de plantes fort différentes sous tous les autres rapports, si la diversité du nombre des étamines ne se rencontrait point chez des plantes très-voisines les unes des autres par l'ensemble de leur structure, avait réalisé son idéal.

Les classifications de ce genre ont reçu le nom de systèmes ou de méthodes artificielles ; mais l'auteur du Syslema nalurœ, n'ayant pas renconti'é chez les animaux un caractère simple pour grouper les espèces, il fut souvent conduit, par la force des choses, à les classer selon leur degré de ressemblance, et à se rapprocher ainsi de ce que l'on devait appeler bientôt la méthode naturelle.

Linné a dressé l'inventaire do la nature dans les limites où on la connaissait de son temps; il a été presque le créateur des classifications, il a su attribuer à chaque espèce une désignation l)récise ; il a introduit la nomenclature la plus parfaite ({ui ait été imaginée. L'influence de Linné sur la marche de la science a été immense.

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