‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 85 sur 102 · I.A t.ÛCUliNlLLE 1-lNli [Coccus Cacti · texte numérisé non relu

I.A t.ÛCUliNlLLE 1-lNli [Coccus Cacti

D'après des échanlillons provenant des pépinières d'Alger, envoyés par M. Hardy.

Les Coccides femelles, en naissant, ont une certaine agilité, mais bientôt elles se fixent sur les feuilles cl les tiges en enfonçant leur bec dans le tissu de la plante pour ne plus l'en détacher. Elles gros-

sissent alors, et prennent une forme lenticulaire ou globuleuse ; leurs pattes ne prenant aucun accroissement, il est permis au premier abord de reconnaître difficilement des Insectes dans les petits corps dont les appendices sont atrophiés, dont les annulations ont presque disparu. Ces femelles pondent, sans se déplacer; après leur ponte, elles meurent, elles se dessèchent : leur corps devient

LE MALE DE I.A COCHENILLE, TRES-GBOSSI {Cocciis Cacti),

un abri pour leurs œufs et pour les nouveau-nés. D'après quelques observations de M. Leuckart, elles engendrent seules comme les Pucerons, au moins pendant une période de leur existence. Les mâles, toujours très-petits relativement au volume des femelles, ne paraissent qu'à un moment de l'année. Les Coccides femelles sécrètent par la peau en plus ou moins grande abondance une matière cireuse, qui a pour but de les garantir de la pluie et de les protéger contre une foule d'ennemis.

Le genre important de cette famille est celui des Cochenilles

(Coccus). La Coclionillt; fine (Coccus Cacli) est celle qui donne la plus belle matière tinctoriale. Originaire du Mexique, elle a été transportée avec succès dans plusieurs des Antilles, dans diverses parties de l'Amérique du Sud, eu Fjspagnc, plus récemment aux îles Canaries, et enfin en Algérie. La femelle est un Insecte globuleu.\, rougeàtre, se montrant toujours saupoudré de matière cireuse, et portant en arrière deux petits filets très-courts. Le mâle, long de 1 à 2 millimètres, a des antennes assez longues, un abdomen muni de deux longs filets, un bec rudiracntaire ; il ne prend aucune nourriture.

La Cochenille est devenue une source do richesse pour diverses contrées. Aux Antilles et sur plusieurs points du continent américain, on cultive les Nopals sur de vastes étendues, pour nourrir le précieux Insecte. La récolte en est faite à des époques fixes. Un traité sur C(;tte culture a été publié eu 1 787 par Thierry de Ménonville.

Beaucoup d'espèces fournissent une (;ouleur plus ou moins belle : la Cochenille de Pologne {Coccus polonicus), objet autrefois d'un commerce considérable, devenue le type du genre Porphyrophore ; la Cochenille du Chêne vert (Coccus Ilicis), employée pour les teintures en cramoisi. Unej espèce d'Algérie a été signalée comme capable de foui'nir un beau produit; une espèce observée sur les Fèves par M. Guérin-Méneville donne également une matière tinctoriale. La laque qui nous vient de l'Inde est fournie par une espèce du même genre (Coccus lacca).

Divers Coccides, habituellement désignés sous le nom de Kermès, fournissent de la cire. Dernièrement, MM. Targioni-Tozzetti et Sestrini ont montré qu'on pouvait tirer un excellent produit du Kermès du Figuier (Chermes Ficus), qui est trèsrépandu dans l'Europe méridionale. Depuis quelques années, l'Angleterre achète sur le marché de Shang-Haï une sorte de cire d'un blanc d'albâtre cpu provient d'une espèce de Kermès vivant sur des Frênes (Chermes sinensis).

LES APHANIPTÈRES — LES STREPSIPTÈRES

Les Aphaniptères sont des Insectes que tout le monde connaît ; les Strepsiptères, des Insectes que personne n'a vus, si ce n'est un petit nombre de naturalistes. Les Aphaniptères, ce sont les Puces, Insectes des plus intéressants par leur conformation, et des plus curieux par leurs habitudes, par leui^s instincts, par leurs métamorphoses. Les Puces sont des suceurs comme les Hémiptères, et cependant leur appareil buccal est construit d'une manière assez différente. Le labre est une tige acérée; les mandibules, de longues lames aplaties, finement denticulées sur leurs bords ; les mâchoires, de petites pièces triangulaires, avec des palpes avancés sur le rostre, de façon à offrir l'aspect d'antennes; la lèvre inférieure, une lame membraneuse supportant de grands palpes. Chez les Aphaniptères, les yeux, situés sur les côtés de la tête, paraissent être simples; les antennes sont fort petites; les ailes n'existent qu'à l'état de vestiges sous foi'me d'écaillés : de là le nom d' Aphaniptères. Les pattes sont robustes et épineuses

LES APHANIPTKItES. - LES STREPSIPTf:RES. (m

les poslérienres, plus loiimios que les autres, avec les ouissi's renflées, sont propres au saut.

Les Aplianiptères ont des naétaniori)]ios('s complètes; des lai-ves Ycriniformes, des nymphes inactives. L'unique famille de cet ordre, les Pulicides, se compose du f^enre dos l'uces (Pulex). ('lia(|ue espèce est pnipn* à un [Maunnilëre, une espèce particu-

MKTAMORPHOSES DE I,A l'UCE DE I.'HOMUR ( Pulex irritans).

lière à l'Homme. Celle-ci est bien reconnaissable à sa tête lisse, à ses anneaux du thorax et de l'abdomen ne portant sur leurs bords que des cils roides. On n'apprendrait rien à personne en rapportant de quelle façon vivent les Puces. Ces Insectes multiplient prodigieusement dans les pays chauds, et dans certaines conditions, ils acquièrent un volume qui n'est pas ordinaire. Sur les plages fréquentées par des baigneurs, on observe des Puces d'une dimension double ou triple de celles que l'on voit partout ailleurs, cependant elles sont bien de la même espèce.

Si tout le monde sait comment les Puces sucent le sang, avec quelle vigueur elles sautent, tout le monde ne se doute pas combien ces petits êtres se montrent intelligents pour soigner leur progéniture. Les Puces vont déposer leurs œufs dans les interstices des carreaux et des planchers , au milieu de la poussière. Leurs larves, privées de pattes, condamnées à demeurer où elles sont nées, ne peuvent vivre que de la nourriture des adultes. Abandonnées, elles périraient; mais elles ont des mères qui ne les

abandonnent pas, et dont la mort senle peut amener leur perte. Après s'être gorgée de votre sang, la Puce, si c'est une mère, va trouver ses jeunes, et leur dégorge une partie de la nourriture qu'elle a puisée. Au terme de leur croissance, les larves s'enferment dans une petite coque soyeuse et subissent leur transformation en nymphe. Les naturalistes des xvu» et xvnf siècles, Leeuwenhoek, Rosel, de Geer, ont observé les Puces dans leurs soins maternels et dans leurs métamorphoses. De nos jours, un amateur ayant peine à croire à des instincts remarquables chez des êtres qu'il estimait stupides, lorsqu'il lui ari^ivait de sentir leur piqûre, eut recours à l'expérience. Des œufs de Puces furent mis dans de petites boîtes ouvertes, suffisamment garnies de poussière, les mères furent respectées, on observa les manœuvres que nous avons rapportées.

La Puce du Chien (Pulex Canis), plus petite que la Puce de l'Homme, en est très-distincte : elle porte au front et au thorax une rangée de fortes pointes. Accidentellement, les Puces du Chien attaquent l'Homme ; il est donc vrai de dire que les Chiens donnent des Puces.

Il est une Puce des chaudes contrées de l'Amérique, bien connue sous le nom de Chique [Pulex penelrans). Très-petite à sa naissance, effdée, roussàtre, elle s'introduit sous la peau, où elle demeure en prenant un volume inusité. Ce volume est dû à une surprenante dilatation de l'abdomen causée par l'abondance des œufs. Ainsi cette Puce toute gonflée a l'apparence d'une vésicule de la grosseur d'un pois. Le mâle conserve toujours sa taille exiguë et sa liberté. Les Chiques déterminent des ulcérations extrêmement graves, et les personnes atteintes n'ont pas de meilleure ressource pour s'en débarrasser que la main de vieilles négresses fort habiles à extraire les dangereux Insectes.

Les Strepsiptères sont des Insectes fort singuliers, aussi bien par leurs caractères que par leur genre de vie et leur mode de développement. A la fin du siècle dernier, un professeur de Pise,

LKS .\PHAMPTf:RES. — l.KS STHEPSIPTI^.RI-S. ()33

Rossi, cil fit connaître une cspùce parîisite des (iuèpes (Xenos Vespariim), qu'il crut voisine des Icluieumons. Ouelques années plus tard, kirby découvrit en Angleterre un Insecte du inèrae type. L'ordi'e des Strepsi])tères fut établi. Des caractères très-frap- I)ants signalaient en etlet ces parasites d'un nouveau genre. Les Strepsiptères ont les ailes antérieures rudimentaires, affectant la forme de petits balanciers longs et étroits ; les ailes postérieures,

STYI.OPS NOIB, MALE (Stylops alerrimus). - Grossi et de gran

au conti'aire, très-développées, membraneuses, susceptibles de se plier en éventail; les yeux globuleux et grenus, les antennes courtes, les pièces buccales libres.

On s'aperçut que l'on connaissait seulement les mâles, et en 1843 M. Siebold, qui avait déjà trouvé des œufs, put observer les larves et apprendre que les femelles des Strepsiptères sont des êtres aveugles, privés de pattes; conservant l'apparence de larves, ne quittant jamais le corps des Insectes sur lesquels ils ont vécu en parasites. George Newport compléta l'histoire de ces curieux Insectes par l'étude d'une espèce parasite d'un Apide du genre Andrène, le Stylops noir (Stylops alerrimus).

Nulle part il n'existe de différence aussi prononcée entre les individus des deux sexes que chez les Strepsiptères : les mâles sont libres, ils volent, ils vivent de la vie des autres Insectes ; les femelles sont condamnées à l'immobilité. Chez elles, la tête et les

anneaux thoraciques s'unissent complètement, et l'abdomen, trèsgrand, reste fort mollasse : tout le corps semble n'être formé que de deux parties, un céphalothorax et un abdomen. Ces Insectes sont vivipares. Les jeunes larves, agiles, allongées, munies de longues pattes, grimpent sur les poils de l'Hyménoptère. Elles se

LE STYLOPS NOIR

1 . La larve (irès-grossie) à sa naissance, grimpant sur un poil d'Hyménoplère. — 2. La femelle, très-grossie, montrant

dans son abdomen les embryons. — 3. La larve, de grandeur naturelle. (D'après George Newport.)

comportent comme les larves des Méloés et des Sitaris; transportées dans le nid de la Guêpe ou de l'Andrène, elles attaquent sa larve, et une fois fixées, après un changement de peau, leur forme devient toute différente, leurs pattes sont atrophiées. Mais ces parasites, ayant une taille très-exiguë , ne tuent pas la larve de l'Hyménoptère : ils la sucent à la manière des Ichneumons et lui laissent accomplir toutes ses métamorphoses.

Peut-être y a-t-il dans le monde presque autant de Diptères que d'Insectes de tous les autres oi^di'es réunis. Les Diptères qui, généralement, abondent sous toutes les latitudes, même dans les contrées les plus froides, pullulent avec une étonnante rapidité. Les Diptères sont les Mouches, les Mouches à deux ailes, ainsi qu'on les désigne vulgairement, ainsi que les naturalistes nomment les l'eprésentants de la famille la plus considérable de l'ordre. Ces Insectes, si nombreux, sont unis par des caractères communs qui les isolent de tous les autres, et cependant, dans leur ensemble, ils paraissent constituer une division plus importante qu'un ordre. Dans leur organisation, dans leur mode de développement, dans leurs métamorphoses, les principaux types présentent entre eux des différences plus prononcées que celles qui existent entre les familles de Coléoptères ou d'Hyménoptères. Aussi a-t-il été possible de penser que les Insectes à deux ailes, ou les Diptères, formaient en quelque sorte une réunion compa-

63fi LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

rablc à l'ensemble des Insectes à quatre ailes ; mais il y a de ce côté une exagération évidente.

Les organes du vol fournissent le caractère le plus général, le plus frappant, peut-être le plus important des Diptères. Il n'existe que deux ailes bien développées, nues et membraneuses ; celles de la première paire offrent en arrière, chez beaucoup d'espèces, un appendice en forme de coquille, appelé lecuilleron; les ailes de la seconde paire, tout à fait rudimentaires, ayant la forme de petites tiges terminées par un élargissement, sont désignées sous le nom de balanciers. Les Diptères sont des Insectes suceurs; mais leur suçoir, construit d'une façon assez différente de celui des Hémiptères ondes Aphaniptères, présente des modifications remarquables dont on n'avait pu comprendre la nature avant certaines recherches qui datent de moins de vingt ans. Dans quelques groupes de Diptères, les six pièces ordinaires de la bouche sont faciles à reconnaître: le labre lancéolé; les mandibules en forme de glaives ; les mâchoires plus ou moins aiguës, portant un palpe ; la lèvre inférieure, large, très-flexible, n'ayant aucune ressemblance avec la lèvre engainante et articulée des Hémiptères. Savigny avait choisi ces exemples pour mettre en évidence la parfaite identité du plan fondamental de la bouche dans tous les ordres de la classe des Insectes. Il avait gardé un silence absolu à l'égard de tous les Diptères où l'on trouve moins de six pièces distinctes. Les classificateurs n'avaient rien trouvé de mieux que de distinguer les Diptères à 6 soies, à 4 soies, à 2 soies, désignant de la sorte les pièces buccales. Par suite de recherches anatomiques délicates, il a été établi, contrairement à tout ce que l'on savait d'ailleurs, que les mandibules et les mâchoires peuvent se souder. On ne trouve alors que des pièces impaires.

Les Diptères ont des métamorphoses complètes. Les larves, ordinairement vermiformes, toujours placées dans des conditions où elles peuvent vivre sans aucun secours étranger, sont douées pour la plupart d'une assez grande agilité, qu'elles doivent

LliS DIVTKllKS. 637

à l;i facult»' (ravaiicor cl de ircuU-r i)ai' un inouvenioiiL de reptation. Suivant les types, les l>i[)tèves [irésentent de curieuses ditTérences dans leur condition de nymphes. Ici les nymphes sont actives, bien qu'elles ne prennent aucune nourriture ; là elles sont inactives au même degré ([ue les chrysalides des Lépidoptères, que les nymphes des Coléoptères ; ailleurs, parfaitement immobiles, elles sont devenues nymphes sans se dépouiller de la peau de larve : ces sortes de nymphes, comme les Mouches proprement dites en oflrent le grand exemple, sont habituellement désignées sous le nom de pupes.

Un caractère très-apparent permet de partager l'ordre des Diptères en deux grandes sections : les Némocères et les Brachocères. Les premiers ont des antennes eu fils; les seconds, de très-courtes antennes, ayant seulement trois articles bien distincts et une soie grêle, que l'on nomme le style.

Les Némocères se font remarquer par leur corps long et frêle, par leurs ailes longues, par leurs grandes pattes d'une extrême ténuité. Ce sont les Cousins et les Tipules, ou les familles des Culicides et des Tipulides.

Les Culicides, les Cousins, terrible famille qui effraye les plus courageux. Chacun connaît l'avidité de ces petits Insectes pour le sang de l'Homme, l'efl'et douloureux de leur piqûre ; chacun a entendu parler des supplices que font éprouver aux voyageurs visitant les pays chauds ou les régions circumpolaires, les Cousins ou Moustiques, en abondance prodigieuse dans ces contrées. Aussi n'est-ce pas à ces faits qu'il convient de s'arrêter. L'histoire des Cousins est pleine d'intérêt; examinons en particulier la vie de notre espèce commune, le Cousin piquant (Culex pipiens). En observant cet Insecte , on est frappé de la délicatesse de ses formes, et l'on s'étonne de trouver im être malfaisant dans un corps si fragile. Le Cousin possède une armature buccale des mieux déliées et néanmoins fort résistante ; toutes les pièces sont libres, les mandibules en forme de lames acérées et denti-

638 Li:S MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

culées sur leurs bords. Les Cousius abondent dans les endroits marécageux ; leurs larves sont aquatiques et ne vivent que dans

iMUIÎl'IlOSES nu COLSl.N PIQUA ( Cuh'x iiipiens).

les eaux stagnantes : les tonneaux des jardins, dont l'eau destinée à l'arrosage est plus ou moins altérée , sinon corrompue, leur conviennent à merveille.

LES DIPTÈllES. 639

Los Cousins mâles ont do jolies antennes ciliées, ressemblant à de petites plumes ; les femelles ont des antennes presque nues ; et comme il est facile, d'après cette différence, de reconnaître les individus des deux sexes, ou s'assure que les femelles surtout

UE Tiits-r.nossiEs du cousin mqua.m (Ciikx pipiens).

sont avides de sang. Ces Insectes, s'aiJaut de leurs pattes poslérieures, déposent leurs œufs à la surface des eaux, tous agglutinés les uns aux autres et formant de petites masses flottantes. Les larves éclosent bientôt et grandissent avec une extrême rapidité. Elles nagent avec toute l'agilité imaginable, montant et descendant d'une manière continuelle. La souplesse, les ondula-

640 LES iMlh'AMuRPllOSES DES INSECTES.

lions de leur corps, la transparence de leurs tissus, la délicatesse des cils qui les garnissent, leur donnent un charme inci'oyable. Ces Insectes demeurent presque constamment la tête en bas et l'extrémité du corps en haut. La tête est pourvue de deux antennes et garnie de cils servant à'amener les aliments vers la bouche : le premier anneau du thorax est large ; les anneaux du corps vont en diminuant jusqu'au dernier, qui porte des touffes de cils natateurs, tandis que l'avant-dernier est pourvu d'une sorte de tube percé à l'extrémité d'un orifice l'espiratoire. Survient pour ces larves un dernier changement de peau, et les voilà devenues nymphes. Ces dernières sont actives, et cependant elles sont emmaillottées et incapables de prendre aucune nourriture. On voit qu'il existe chez les Insectes tous les intermédiaires possibles entre les nymphes absolument inactives et les nymphes qui vivent comme les adultes. Les nymphes des Cousins nagent au moyen de deux grandes lamelles qu'elles portent en manière de queue. Souvent ces nymphes viennent à la surface de l'eau présenter une partie de leur dos, sur laquelle s'élèvent deux petits tubes respiratoires. Le moment arrive où doit avoir lieu l'éclosion des Cousins. Une scène des plus curieuses va réjouir l'observateur. Les petites nymphes flottent en foule à la surface de l'eau ; demeurant à peu près immobiles, le tégument de leur région dorsale exposée à l'air se dessèche et se fend au milieu, comme cela arrive aux nymphes des Libellules, des Ephémères, des Cigales, etc. Alors se montre le Cousin. Il dégage sa tête, puis une partie de son thorax; il se soulève lentement sur ses longues pattes; son enveloppe de nymphe est devenue pour lui une nacelle, il paraît prendre d'infinies précautions pour ne pas faire chavirer son frêle esquif. Peu à peu il se dresse, ses ailes s'étendent, et quand il est rafl"ermi, ce qui arrive vite si la température est chaude, il s'envole : le voilà sauvé. Tout se passe sans accident, si l'air est calme ; mais qu'un jour d'éclosions, l'air soit un peu agité, les

LES niPTÈRKS. f,M

iKiiilV.igi's sont nonihirux: les Cousins, encore mal airennis, soiil, renversés ; lesti'op légèi'es nacelles Formées dos dépouilles de uyni- [)lies sont chavirées, et l'Insecte qui a mouilléses ailes est perdu.

Page 1