LA TIPULE DU CHOU
( Tipula oleracea).
I^es TiPiLiDES sont des Diptères cpii, par les formes générales, diffèrent à peine des Cousins. Certaines ïipulides seraient même prises immanqnat)lement pour des Culicides, si l'on ne portait
attention sur les caractères qui distinguent les deux types. Il ne faut donc pas s'étonner que beaucoup de naturalistes aient rattaché ces Insectes à la même famille. Mais, tandis que les Cousins, pourvus d'une armature buccale terrible, sont des êtres avides de sang, les Tipulides, n'ayant à leur bouche que des pièces molles, lèchent les parties fluides sur les végétaux et sur les matières en décomposition. Chez ces Insectes, la lèvi'e supérieure et les mandibules sont avortées; les mâchoires et la lèvre inférieure, réunies, constituent une petite trompe accompagnée des palpes maxillaires longs et pendants. Cette famille des Tipulides est immense, et l'on y reconnaît quatre types principaux, quatre groupes, les Chironomites, les Tipulites, les Mycétophilites et les Cécidomyites.
Les premiers, ornés de jolies antennes plumeuses, sont ceux (jui ressemblent surtout aux Cousins par la taille et par l'aspect. Le Chironome plumeux [Chironomus plumosus) est des plus abondants au voisinage des eaux stagnantes. Dans ces mêmes eaux, vit sa larve, sorte de Ver d'un rouge de sang, fort estimée des pêcheurs à la ligne pour séduire certains poissons. Cette larve porte à l'extrémité du corps une houppe de filaments locomoteurs et respirateurs.
Les Tipulites, Insectes des prairies et des endroits marécageux, ont des antennes filiformes garnies de poils verticillés, des pattes d'une longueur et d'une ténuité extrêmes. Les femelles, pourvues d'une assez longue tarière, introduisent leurs œufs dans la terre; les larves rongent les racines. Parmi les vraies Tipules, qui sont nombreuses en Europe, nous citerons la Tipule du Chou (Tipula oleracea). L'Insecte adulte est d'une couleur tannée, avec des raies obscures sur le dos et les ailes enfumées. La larve, d'une teinte terreuse avec la tête noire, a le dernier anneau du corps tronqué , percé dans son milieu des orifices respiratoires, et les bords de la troncature pourvus de quatre tubercules. La nymphe, plus ramassée, presque immobile, peut
LES niPTÈRKS.
cependant cheminer à l'aide des épines dont elle est garnie, pour se rappi'ocher do la surface du sol au moment de l'éclosion. Cette espèce est souvent nuisible dans les potagers et les prairies.
Les Mycétophilites, petites Tipulides ayant trois ocelles sur le front, des antennes grêles, vivent sous letir première forme dans les Champignons et dans les bois en décomposition.
Les Cécidomyites sont de très-petits Ui[>tères, dont les antennes,
i'/iOJ/{
CtClUOMYII- . Larve :(!(!, pelilcs larves. — 3 (
, I.AliVF.S VIVIP.UIES.
i. Nvninhe on ilessus cl en i
surtout chez les mâles, sont en grains de chapelet. Comme les Cynips, ces Insectes déterminent des galles sur les végétaux, et c'est dans l'intérieur de ces excroissances que vivent et se développent leurs larves. 11 est des espèces du groupe, cependant, qui ne produisent point de galles : telle la Cécidomyie du Blé [Cecidomyia Trilici). Sur le Blé en fleur, les larves, mangeant le pollen, empêchent la fécondation, et se rendent ainsi fort nuisibles. Une Cécidomyie abondante aux États-Unis, considérée comme voisine
de la précédente, la Mouche de Hesse {Cecidomyia deslriiclor) ,
cause de grauds dégâts daus les mêmes conditions.
Récemment, un fait extraordinaire, des plus intéressants pour la physiologie générale, a été découvert par un professeur de Kazan, M. Nicolas Wagner. Des larves de Cécidomyites, vivant sous les écorces, ont la faculté d'engendrer. Au printemps, la petite Cécidomyie pond ses œufs ; il en sort des larves, et dans des loges particulières de leur abdomen se constituent d'autres larves, (|ui, en naissant, déchirent le corps de leur mère. A leur tour, elles engendrent de la même manière : les générations se succèdent ainsi pendant toute la belle saison. D'abord, les naturalistes ne purent croire à cette étrange parthénogenèse, mais les observations furent reprises par MM. de Baer, Pagenstecher, Meinert, etc. : le doute n'était plus possible.
'La grande division de l'ordre des Diptères, celle des Brachocères, comprend uue série de familles : les Asilides, les ïabanides, les Stratiomyides , les Syrphides, les Muscides, les OEstrides et les Ornithomyides.
Les Asilides, Insectes agiles, ont un suçoir redoutable ; les deux mandibules, complètement soudées, forment un glaive acéré. Plusieurs types se rattachent à cette famille, mais nous ne pouvons signaler que le plus important.
Les Asilines, au corps élancé, ont une trompe courte, un glaive puissant; les plus grands percent le cuir des Chevaux et des Bœufs. Adultes, ces Diptères sucent le sang des Animaux, attaquant quelquefois l'Homme lui-même. Les Asiles, reconnaissables à leurs antennes, dont le troisième article, effdé, est surmonté d'un style de deux articles, sont nombi'eux dans le midi de l'Europe, en Orient, en Afrique. L'un des plus répandus dans notre pays, l'Asile crabroniforme [Âsilus crabroniformis), se distingue par sa coloration, qui rappelle la livrée de certains Hyménoptères, un fond noir et des parties jaunes. Cet Insecte vole en plein soleil dans les campagnes arides; lorsqu'on
LES DIPTÈRES. 6/i5
en est atteinl, lo sang jaillit de la blessure laite i)ar son arme buccale, comme d'un coup qui serait donné par une petite lan-
ASILE CBABRONIFORMU; Asilus crabroniforinis).
cette. Il pi([ue parfois les gros Animaux, mais d'ordinaire il attaque des Insectes, surtout des chenilles, et suce leui- sang. Ce Diptère, si carnassier dans son état adulte, paraît vivre de matières végétales dans son premier âge. On trouve les larves des
Asiles dans la terre, rongeant les racines, d'après les observations des anciens auteurs, Frisch, de Geer, etc. Les nymphes restent à nu dans une loge formée par la larve.
Parmi les Tabanides se trouvent les plus robustes et les plus redoutables Diptères. Corps large et épais; ailes grandes; yeux superbes, brillants, tellement gros, que chez les mâles ils sont presque contigus sur le sommet de la tête; antennes courtes, avec un dernier article à plusieurs divisions ; trompe très-grande, dépassant quelquefois la longueur du corps ; terrible suçoir fort différent de celui des Asiles, les deux mandibules étant séparées l'une de l'autre : tels sont les signes caractéristiques des Tabanides.
Le principal genre de cette famille est celui des Taons [Tabanus), toujours faciles à distinguer entre les autres Tabanides par l'absence d'ocelles entre les yeux et par la forme du dernier article des antennes, qui est élargi à son origine et échancré dans le milieu. Les espèces de Taons sont en nombre considérable par le monde, mais la plupart aiment les pays chauds; nous en avons peu dans l'Europe centrale. L'une d'elles est connue de tout le monde, c'est le Taon des bœufs (Tabanus hovinus), im de nos plus beaux et de nos plus gros Diptères, au corps gris avec des bandes noires sur le thorax, aux yeux d'un vert magniGque. Le Taon est souvent très-commun en été, à la lisière des forets ou dans les clairières ; les amateurs de promenades sous bois le redoutent pour leurs chevaux, qui s'effrayent du bourdonnement de l'Insecte, et se cabrent ou lancent des ruades en sentant ses piqûres. Les Taons, si avides de sang, ont bien changé depuis leur première condition. Les larves vivent dans la terre; verraiformes, privées de pattes, elles paraissent avoir une nourriture végétale ; les nymphes sont immobiles et portent à l'extrémité du corps six épines.
Des Tabanides de petite taille sont fort communs : tels les Chrysops, qui ont des yeux brillants comme l'or, avec des taches
obscuros qui en rolèvcnt léclat (Chrysops aveuglant, — Chrysops cœciiiiens) ; les Ilseinatopotes, qui. boivent le sang, dit leur
MKTAMORPBUSES DU TAON DES IliKUI'? ( Tabaniis bovintis).
nom, avec des ailes tachetées de noir, comme nn vêtement de demi-deuil [Hœmatopola pluvialis).
Les Stratiomyides ont dans leur conformation de grands rapports avec les Tabanides ; leurs mandibules, plus faibles, sont
également libres, mais leurs mâchoires sont fort réduites et leurs antennes beaucoup plus grandes. Les Stratiomes, aux antennes terminées en une longue massue, au corps aplati, paré de vives taches jaunes sur un fond d'un noir brillant, comptent parmi nos plus beaux Diptères. Par leurs métamorphoses, ils sont au nombre des plus intéressants. Le Slratiome caméléon [Stratiomys chamœleo) est le plus commun dans notre pays. Adulte, il fréquente les fletirs, où ilrencontre des Insectes dont il aime à sucer le sang. Sa larve vit dans les eaux stagnantes. Très-longue, ayant des téguments coriaces, elle se traîne dans les endroits peu profonds. Sa tête est toute petite, pourvue de deux crochets qui ne sont autre chose que les mandibules; ses derniers anneaux minces, atténués, susceptibles de rentrer un peu les uns dans les autres ou de s'allonger, forment une sorte de tube percé à l'extrémité de deux orifices respiratoires entourés d'une couronne de cils. L'animal a-t-il besoin de respirer, il dresse cette partie postérieure de son corps, de façon à prendre une provision d'air. Arrive le moment où la larve du Stratiome flotte à la surface de l'eau; rien n'est changé dans sa forme, et cependant alors elle n'est plus larve. Que l'on fende ce corps au milieu, on trouve une nymphe : la peau de la larve est devenue une coque, un bateau pour la Mouche qui viendra à éclore.
De charmants Diptères de la même famille (Sargxis) , ayant les antennes terminées par un long style, le corps allongé, parés de couleurs métalliques , bleues , vertes, violettes, ont des larves qui vivent dans la terre ou le bois pourri , et des nymphes qui demeurent, comme celles des Stratiomes, dans la peau des larves. Une grande famille, celle des Svkphides, comprend une foule de jolies espèces qui se ressemblent beaucoup, dans leur état adulte, par leurs caractères les plus essentiels, leur aspect, leur système de coloration, et qui difïèrent considéi-ablement par * leurs formes et par leurs conditions d'existence pendant leur état de larves. LesSyrphides se distinguent de tous les autres Diptères
LES DIPTftKES. G'i<
parleur trompe courte et «'"paisse , les mandibules réunies for niant une lame simple, les màclioii'es peu dévelop])ées, la lèvn
MÉTAMORPHOSES DU STRATIOUE CAMÉLÉON {Straliomys cliamœko).
très-lai"ge, très-flexible, très-propre à lécher. Ces Insectes aimeut le miel des fleurs. Cette famille fournit quelques genres bien remarquables. Citons les Volucelles, grosses Mouclies ayant de jolies couleurs uoires et jaunes ou roussâtres, et le style oes
antennes plnmeiix. Elles vont dcposeï' leurs œufs dans les nids des Hyménoptères qui vivent eu société : la Volucelle bourdonnante (Volucella homhylans) va chez les Bourdons; la A'olucelle zonée (F. zonaria) va chez les Guêpes, dont elle semble avoir emprunté la coloration pour tromper sur sa qualité. Les larves de la Volucelle, d'un blanc sale, épineuses, avec le dernier anneau tronqué, percé dans le milieu des orifices respiratoires et entouré de longues pointes, ayant des pattes membraneuses gar-
MhTAMùni'mJfES DE I.A VOLLXELI.E ZONKE [Volucella ionarla).
nies de petits crochets, dévorent les larves des Guêpes. ArriA^ées à la fin de leur croissance, elles se transforment en nymphes. Celles-ci, demeurant à découvert, sont ramassées, et elles portent sur la région pi'othoracique deux petits tuyaux ouverts à l'extrémité, qui communiquent avec le système trachéen : ce sont des tubes respiratoires analogues à ceux des Cousins. Citons les Éristales et les Hélophiles, les premiers ayant les cuisses minces, les autres les cuisses épaisses et les jambes arquées. Les larves de ces Diptères vivent dans les eaux croupissantes; n'ayant que de trèspetites pattes, pattes écailleuses thoraciques, pattes membraneuses abdominales, elles marchent lentement sans pouvoir s'élever à la surface du liquide, et cependant elles ne sont pas conformées pour une respiration aquatique. Une curieuse particularité supplée aux défauts de leur organisation. Leur corps se termine par une queue, et cette queue, formée d'articles susceptibles de rentrer les uns dans les autres ou de se tirer à la manière des tubes d'une lunette, peut devenir très-longue; ce qui a valu aux larves des
LES DIPTERES.
Éi'istales et des llôlophiles le nom de Vers à queue de Rai. Prenons pour exemple l'Éristale gluant (Erislalis tenax) : le nom fait allusion à la larve. L'Insecte adulte a un gros corps noirâtre
HKTAMORPHOSES DE L ERISTALE GLUANT IF.rislaVs tenax).
avec de larges taches rousses sur l'abdomen; sa larve, pourvue d'assez gros yeux et d'une queue mince, vit dans les mares puantes, peu profondes, dans les matières liquides qui s'écoulent
des fumiers. Pour l'observer, ou peut la mettre daus de l'eau pure, elle n'y périra qu'après un certain temps. Alors on peut se procurer lui curieux spectacle. La larve de l'Eristale est couverte d'une faible quantité d'eau; sa queue, dressée pour prendre l'air par les orifices placés à son extrémité, est courte. De Teau est ajoutée ; la queue s'allonge en proportion, de façon à toujours atteindre la surface, et quand la hauteur du liquide commence à devenir trop considérable, cette queue s'allonge jusqu'à sa dernière limite; un peu encore, et l'animal est noyé. Les larves des Hélophiles {Helophilus pendulus), plus longues, plus minces que celles des Eristales, vivant dans les mêmes conditions, sont susceptibles encore d'un plus grand allongement.
Les Syi'phes ont le corps étroit et comme déprimé ; petits Diptères au corps bronzé, bleu, verdâtre, etc., avec des ceintures jaunes, ils sont en foule sur les fleurs pendant la belle saison, et leurs espèces sont nombreuses. Toutes ont les mêmes mœurs, les mêmes métamorphoses. Ces Insectes déposent leurs œufs sur les arbustes ou autres végétaux. Les larves qui en naissent, ayant le corps atténué en avant, marchent sur le feuillage par un mouvement de reptation et en s'aidant de leurs mandibules en crochets. LeSyrphe ceinturé (Syrphus balleatus) est un des plus communs dans les jardins; ses larves, d'une teinte verte pâle, se voient fréquemment sur les Rosiers, où elles saisissent des Pucerons et les sucent avec une merveilleuse l'apidité. Beaucoup de larves de Syrphes attaquent des chenilles, et s'enfoncent même en grande partie dans le corps de ces Insectes. Leurs orifices respiratoires étant placés au dernier anneau de l'abdomen, elles ne courent aucun risque en s'engageant de la sorte.
La famille des ^Ilscides, des véritables Mouches , est de toutes les familles de la classe des Insectes la plus immense et en même temps l'une des plus naturelles. Il y a des milliers de Mouches qui se ressemblent d'une manière désespérante pour les classificateurs, et cependant toutes ces Mouches sont bien ditférentes,
LKS niPTftllKS. fi:,3
car cliacuiiL' vil dans dos t'oiiditinus <iui lui sont propix-s. Un cnUiiiiologistc, Robinean-Desvoidy, a été lo premier à comprendre <|ne l'on no connaîtrait bien ces Insectes ((u'après avoir étudié 1 histoire entière de chacun d'eux.
Los Muscides ont une grande trompe l'orméo de toutes les pièces buccales réunies, et surtout de la lèvre inférieure grande, i)lissée, douée d'un tact très-sensible. Les mandibules, en
ill-.TAUOJll'UOSES UU GYJINOSOME ARBONDI {Gijmnosoma rotundata).
partie soudées, constituent une lame aiguë supportée par deux tiges. Sous leur première forme, ces Diptères, qui vivent dans les conditions les plus diverses, se ressemblent tous. Ce sont toujours ces Vers blanchâtres avec la tète munie de deux petits crochets représentant les mandibules, que l'on désigne sous le nom d'asticots, larves chez lesquelles il n'y a point de mue pour la transformation en nymphes. Le corps se raccourcit, la peau se durcit, et prend une couleur brune : c'est l'état de pupe.
Il y a une intinité de Mouches reconnaissables au style des au-
65a LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES,
tenues, ([iii est nu (Tachiiiines) : les Echinomyies, les Tachines, les Ocyptères, les Gymnosomes, vivant comme les Ichneumonides, daus le corps d'autres Insectes. Les chenilles sont ainsi très-fréquemment atteintes. Nous donnons comme exemple le Gymnosomc arrondi [Gymnosoma rolundata), \oYw Mouche à abdomen d'un jaune fauve tacheté de noir. M. Jules Kûnckel a observé la larve de cet Insecte dans le corps d'un llémiptère, le Pentatome gris, espèce chez laquelle Léon Dufour rencontra autrefois la larve d'un Ocyptère (0. hicolor). Fait curieux, pour les besoins de leur respiration, ces larves ont la propriété de se constituer un tuyau, un siphon, dans lequel se trouve engagée leur partie postéi-ieure, qui cojiimunique ainsi avec l'un des stigmates de l'Insecte qu'elles dévorent.
C'est à la même division de la famille des Muscides qu'appartient la Mouche Tsélsé (Glossina morsitans), qui, au rapport de plusieurs voyageurs en Afrique, et notamment de Livingstonc , pique les Bœufs et les fait périr. Dans notre pays, des accidents terribles sont parfois occasionnés par des Tachines, Mouches piquantes, qui viennent piquer après avoir été se repaître de charognes. On cite de temps à autre des personnes qui ont succombé aux accidents déterminés par la piqûre de ces Insectes.
Les Muscines, distinguées des précédentes par le style des antennes velu ou pluraeux, ont dans leur premier état un genre de vie fort ditférent. La plupart de celles dont la Mouche de nos appartements [Musca domeslica) est le type, se nourrissent de chair corrompue.
Nous avons vu des Coléoptères dont la mission est d'anéantir les matières animales ou végétales en décomposition; mais cette mission est dévolue bien plus encore aux larves des Mouches. Il suffit de signaler la grosse Mouche bleue de la viande (^Calliphora vomitoria), la Mouche vivipare {Sarcophaga carnaria), la Mouche verte (Lucilia cœsar), dont les larves, ou asticots, dévorent tous les cadavres. M. Ch. Coquerel a signalé une espèce de ce groupe
LES niPTKIiES.
observée à Cayeune (Lucilia Itoininivurax), ilonl les larves, introduites en quantité considérable dans les sinus l'rontaux et les iosses nasales d'un bomnie, ont occasionné la mort.
tlAJluRl'UUStS DES MOUCHES DE LA VIANDE
[Calliphora vomiloria el Sarcophaga carnaria).
Beaucoup de Muscides (Scatophftgîtes), comme la Scatophage du fumier (Scatophaga stercoraria), ont des larves qui se repaissent de toutes les matières stercoraires.
Les larves d'uue foule de petites Muscides sont nuisibles à la végétation. Une des plus petites , le Dacus de l'Olivier (Dacus Oteœ)j dévore la pulpe des olives. Plusieurs Chlorops, Mouches toutes mignonnes, ayant un corps jaune, avec des lignes noires sur le thorax, déposent leurs œufs sur les Céréales. La larve du Chlorops rayé (Chlorops lineata), rongeant les tiges du jeune Blé, occasionne parfois de graves préjudices.
Les OEsTRiDES sont de grosses Mouches massives, velues, ayant de très-petites antennes, une trompe rudimentaire. A l'état adulte, les OEstrides ne prennent aucune nourriture; mais comme ils poursuivent les Chevaux, les Bœufs, les Moutons et tous les Ruminants, qu'ils effrayent par leur bourdonnement, il a été quelquefois parlé de la piqûre des OEstres, qui sont absolument incapables de piquer. Les Taons s'acharnent après les grands Animaux pour sucer leur sang; les OEstres, pour déposer leiirs œufs. Les larves de ces derniers vivent en parasites sur les Mammifères. Les OEstrides, dont les conditions d'existence sont si curieuses, ont été l'objet de nombreux écrits. Nous citerons seulement une étude sur les espèces des Animaux domestiques, de M. Joly, publiée en 1846, et un travail récent de M. Brauer, de Vienne. Parmi les OEstrides, on compte plusieurs genres distingués les uns des autres par quelques détails de la configuration des antennes. Le genre Œstre proprement dit a pour type une espèce très-commune, l'OEstre du Cheval (Œs/n/s Equi). Le gros Diptère bourdonne derrière les chevaux, épiant le moment favorable pour opérer sa ponte. Il attache ses œufs, enduits d'une matière agglutinante, aux poils, sur les genoux, sur le poitrail, aux endroits que l'animal à l'habitude de lécher. Les larves de l'Œstre éclosent; en se léchant, le Cheval en avale, et les larves, arrivées dans l'estomac, se fixent dans la muqueuse au moyen de leurs mandibules en crochets. Tous les anneaux de leur corps sont garnis de pointes acérées qui servent encore merveilleusement à les retenir. Les larves, se détachant, se laissent expulser