LES MYRIAPODES
Les Myriapodes, de leur nom vulgaire les Mille-pieds , étaient considérés autrefois comme appartenant à la classe des Insectes. L'étude s'est portée sur la conformation de ces animaux, et alors on les a isolés. Dans nos méthodes naturelles, ils figurent comme une classe particulière. 11 suffit d'un rapide examen des caractères de ces êtres pour voir combien cette séparation est justifiée; il suffit aussi de les connaître dans les premiers temps de leur vie, pour apprécier les rapports qu'ils présentent avec les Insectes, rapports qu'on ne soupçonnerait pas, si l'on s'occupait exclusivement des adultes.
Ce qui caractérise manifestement les Myriapodes, même pour des yeux peu accoutumés à l'observation, c'est l'existence d'une multitude de pattes, toutes à peu près semblables les unes aux autres. Dans le corps de tout Insecte, il y a trois parties toujours bien distinctes, la tête, le thorax et l'abdomen ; chez les Myriapodes, il y a une tète, puis une longue suite d'anneaux portant chacun une
OU deux paires de pattes. 11 est donc difficile, impossible même, de distingue]' chez ces animaux un thorax et un abdomen. Ce qui caractérise surtout les anneaux thoraciques dans les autres classes de l'embranchement des Articulés, c'est la présence des appendices de la locomotion, les pattes; or, dans les iMyriapodes, tous les zoonites supportent des pattes, car en vérité, on ne saurait voir un abdomen dans ini anneau tuberculiforme sans appendice, qui termine le corps. Les Myriapodes apportent la preuve déjà si bien fournie, du reste, par le développement des Insectes, que tous les anneaux ou zoonites des Animaux annelés sont construits sur un plan uniforme, qu'ils appartiennent à la tête, au thorax ou à l'abdomen. Un exemple frappant de cette vérité nous est offert par le système appendiculaire : les Myriapodes, comme les Insectes, ont leur appareil buccal composé d'un labre, de deux mandibules, de deux mâchoires, d'une lèvre inférieure ou seconde paire de mâchoires, mais à ces pièces s'ajoutent, d'une manière plus ou moins complète, les deux ou trois premières paires de pattes, que Savigny regarde avec raison comme correspondant aux trois paires do jtaltes thoraciques des Insectes.
L'organisation interne des Myiùapodes s'éloigne peu de celle des Insectes. Le système nerveux est formé d'une chaîne ganglionnaire dont les noyaux sont en nombre égal à celui des zoonites. L'appareil respiratoire est un système de trachées, diffus comme celui des Insectes. L'appareil circulatoii'c et le mode de circulation du sang ne diffèrent de ce qui existe chez les Insectes que dans les détails. Il y a un cœur, consistant en un vaisseau dorsal divisé en une longue suite de chambres, et de ce cœur naît mie aorte qui fournit plusieurs artères, ainsi que l'ont appris de minutieuses recherches de George Newport.
Les- ovaires ne sont pas des gaines analogues à celles des Insectes, mais des sacs auxquels se trouvent appendus des loges ovifères.
* LES MYHlAPOhKS. 06")
l.a mai'clic du (It'Vclopix'incMt clu'z 1rs Myi'ia[io(k's est d'un luiut intérêt. Ces animaux, ([ui à l'ôlal adulte rappcllcni les allures de certains Vers marins, les Néréides par excniide, et diiTèreut d'une façon alors si frappante des Insectes, ressemblent à ces derniers dans leur premier âge. I.es Myriapodes nonl d'abord (pu; trois paires de i)attes. Le fait fut constaté au siècle dernier