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MÉTAMORPHOSES DE LA VANESSE PAON DE JOUI

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vivent particulièrement sur les Ormes, et dans les localités où on les rencontre, il est ordinaire d'en voir plusieurs milliers réunis sur les mêmes branches.

Le Mono (V. anliopa) est la plus grande de nos Vanesses; plus grande et beaucoup moins répandue que ses congénères, elle est fort prisée des amateurs. C'est d'ailleurs un fort beau Papillon : des ailes festonnées d'un brun marron avec une bordure jaune clair, précédée d'une série de taches bleues. Le Morio a un vol plus élevé que les autres Vanesses, il est plus difficile à saisir; ce qui fait le désespoir des jeunes chasseurs. Sa chenille vit par groupes plus ou moins nombreux dans les cimes des grands Saules.

Le Roberl-le-Diable (Vanessa C album), aux ailes fauves marquées de noir, toutes découpées sur le bord terminal, ayant en dessous un petit trait blanc courbé qui figure exactement la lettre C, est partout fort commun. Ses chenilles, assez régulièrement teintées de blanc rosé dans leur portion antérieure, vivent sur les Orties et assez fréquemment aussi sur les Ormes. Dans le midi de la France, le Robert-le-Diable est remplacé par une espèce voisine, dont la ligne de la face inférieure des ailes offre la figure d'une L {Vanessa L. album).

Enfin, dans le même genre, il est encore une très-petite espèce (Vanessa prorsa), fort curieuse à raison de la variabilité de sa coloration, variabilité qui avait fait croire à l'existence de deux et même de trois espèces distinctes : c'est la Carie géographique. Lorsque vers la fin d'avril et dans les premiers jours de mai, on visite ces bois pleins de fraîcheur, arrosés par de petits ruisseaux faisant entendre leur murmure cher aux poètes, on voit voltiger, puis se poser sur les Orties, qui, sous l'ombrage et dans la terre humide, poussent verdoyantes, de charmants petits Papillons bien reconnaissables pour des Vanesses, à leur port et surtout à la forme de leurs ailes. Ces ailes si fraîches, qu'elles semblent veloutées, ont une couleur fauve, extrêmement vive, sur

laquelle serpentent dans tous les sens des lignes noires, semblables aux lignes d'une carte géographique, ce qui explique le nom vulgaire de l'Insecte. Si l'on retourne aux mêmes lieux pendant le mois de juin, les Vanesses carie-géographique ont disparu ; les grandes Orties sont chargées çà et là de grappes de petites chenilles noires, finement pointillées de blanc et couvertes d'épines très-rameuses. C'est la progéniture des jolis Papillons du mois d'avril. Ces chenilles, parvenues au terme de leur croissance, s'isolent successivement ; chacune va s'attacher à une feuille et bientôt se transformer en chrysalide ; chrysalide grisâtre ayant la forme anguleuse de celles des autres Vanesses. Nous sommes au mois de juin, la température est chaude, le développement de nos Lépidoptères marche vite. Deux semaines s'écoulent; arrive le mois de juillet, et les petites Vanesses carte-géographique éclosent. L'observateur qui aurait, comme nous venons de le dire, suivi toute leur existence depuis l'apparition du printemps, serait bien étonné. Les Papillons du mois de juillet ne ressemblent plus du tout par leur couleur à ceux du mois d'avril : leurs ailes sont noires, sillonnées de lignes blanchâtres. Voilà qui est bien étrange. Continuons cependant à suivre cette espèce dans son existence.

Les Vanesses carte-géographique aux ailes noires pondent leurs œufs, et dans les mois d'août et de septembre les Orties se trouvent de nouveau rongées par des masses de petites chenilles semblables à celles que nous y avons trouvées au mois de juin. Comme les premières, les chenilles de l'automne se suspendent, se transforment en chrysalides. Si l'automne, par un de ces hasards qui se produisent assez rarement dans notre belle France, prolonge l'été, au mois d'octobre peut-être, quelques Papillons seront éclos : leurs ailes n'auront ni la coloration noire des Papillons du mois de juillet, ni la coloration fauve des Papillons du mois d'avril, mais une coloration intermédiaire. Cette éclosion tardive est très-accidentelle i mais il est facile de la produire

à voloûté eu maintenant des chrysalides dans une atmosphère chaude. La plupart des chrysalides, et le plus souvent toutes les chrysalides, passent l'hiver; les Vanesses carte-géographique éclosent au printemps. Tous les individus ont des ailes fauves.

C'est en 1827 que le docteur Boisduval, le premier, reconnut que les petites Vanesses, jusque-là considérées comme étant d'espèces distinctes, étaient en réalité de la même espèce. Ainsi toute honne observation conduit à la vérité.

Quelques Anthocharis, avons-nous vu, présentent, entre leurs deux générations du printemps et de l'été , uue différence remarquable dans la nature de leurs ailes blanches; la différence de coloration est bien autrement considérable chez les Vanesses carte-géographique. C'est un fait des plus curieux et des plus intéressants. Nous ne pouvons donner une explication satisfaisante du phénomène, parce qu'il est isolé, qu'il ne se produit pas chez d'autres espèces. Mais, dans notre exemple particulier, nous voyons la couleur noire apparaître chez les individus qui se sont transformés à uue époque à laquelle la lumière est vive, la chaleur forte; la teinte fauve, teiute affaiblie, eu quelque sorte pâlie, chez les individus développés pendant le temps où la chaleur est faible, la lumière souvent pâle.

Les Nymphales constituent un groupe particulier (Nymphalites) dans l'immense famille des Nymphalides. C'est un grand genre où les variétés de forme et de couleur sont à l'infini. Les Nymphalites ont en général un corps robuste pour des Papillons de jour, des ailes postérieures dont le bord interne est une assez large gouttière propre à recevoir l'abdomen, des palpes plus rapprochés l'un de l'autre que chez les Vanesses et les Argynnes. Ces Lépidoptères ont peu de représentants dans notre pays ; ils en ont en foule daus les régions intertropicales, en Afrique, dans l'Amérique du Sud, aux Indes. Les chenilles de ces Insectes ont souvent des teintes vertes d'une extrême fraîcheur ; les unes portent des épines sur tous les anneaux du corps, les autres sont

lisses, avec la tète armée de pointes plus ou moins robustes; leurs chrysalides ont des formes assez variées.

Le grand genre des Nymphales a été divisé en une multitude de genres; mais c'est là un détail que nous n'aurions pas cru utile de mentionner, si nous ne voulions faire remarquer qu'il est fort ordinaire de voir de longues suites d'espèces regardées comme des divisions particulières ou des genres, présentant toutes le même système de coloration, presque un uniforme. Dans les parties chaudes de l'Amérique, il existe une foule de mignonnes Nymphalites d'espèces différentes, ayant des ailes rouges plus ou moins marquées de noir, où, semblable à un signe cabalistique, le chiffre 80 ou 88 se trouve inscrit en gros caractère à la face inférieure des ailes de la première paire (genre Calagramma).

Parmi les Nymphalites de notre pays, tout le monde connaît les Sylvains (Limenilis). Leur nom vulgaire est bien choisi, car jamais ils ne volent dans les campagnes, mais seulement à la lisière des bois ou dans les avenues des forêts. Le Petit-Sylvain (Limenitis sibylla) est assez commun dans nos bois pendant le mois de juin, quelquefois encore pendant le mois de septembre. Sa chenille, d'un vert clair pointillé de vert plus foncé, portant sur le dos deux rangées d'épines charnues et rameuses, vit sur les Chèvrefeuilles. Les feuilles de ces arbrisseaux sont lisses, assez dures, les petits crochets des pattes en couronne des chenilles du Petit- Sylvain seraient peut-être insuffisants pour s'y fixer avec force. L'inconvénient qui pourrait en résulter pour l'Insecte est conjuré par une faculté et un instinct qu'il partage avec d'autres espèces. La chenille étend à la surface de la feuille des fils soyeux, et la voilà pourvue du moyen de s'accrocher aussi vigoureusement que possible. Sa chrysalide est tout anguleuse, d'un brun verdâtre sombre; elle est ornée de brillantes taches d'argent et d'une large tache d'un vert clair à la partie supérieure de l'abdomen.

Dans nos départements méridionaux, on trouve le Petit-

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Sylvain azuré (Limenilis camilla) , et dans nos grandes forêts, le Grand-Sylvain (Limenitis Popidi), dont les chenilles se tiennent vers les cimes des Peupliers et quelquefois des Saules. Celui-ci particulièrement a un vol élevé et soutenu, et les amateurs, avec leur fdet en main, font souvent des courses furieuses pour s'en emparer. Cependant le chasseur qui reste calme peut profiter aisément d'une habitude singulière de quelques Nymphales. Dans les allées où les chevaux ont laissé des témoins de leur passage, ori voit le Grand-Sylvain descendre peu à peu, et finir par se poser sur les fientes, dont il hume la partie liquide avec une sorte d'avidité.

Les vraies Nymphales (Nymphalis) ont deux représentants en Europe. Ce sont des Papillons au corps robuste, aux ailes arrondies, aux antennes graduellement renflées en une massue en forme de fuseau. Ces Lépidoptères ont un vol puissant, ce qui s'explique par le grand développement de leur thorax. Leurs chenilles ont un corps lisse, la tète pourvue de deux pointes dirigées en arrière, le dernier anneau muni de deux petits crochets. La plus commune de nos Nymphales est bien connue sous le nom vulgaire de Petit-Mars ou de Mars changeant (Nymphalis ilia). C'est un grand et beau papillon aux ailes sombres, ayant de magnifiques reflets d'un violet changeant et des taches blanches ou jaunâtres. 11 vole près des rangées de Peupliers qui bordent certains cours d'eau, ou à la lisière des bois et des forets, dans les endroits où se balancent les Trembles. Sa chenille, d'une jolie teinte verte, vit pendant le mois de mai sur les Peupliers, les Saules, les Trembles, se tenant souvent à une hauteur où il est malaisé de l'atteindre. Cette chenille, lente dans sa marche, paraît d'ordinaire comme engourdie; elle se maintient cependant sans la moindre difficulté sur ces arbres longs et flexibles, que le vent agite parfois avec une violence extraordinaire. Les griffes et les ventouses de ses pattes membraneuses ne lui suffiraient sans doute pas toujours pour s'accrocher assez fortement aux feuilles

qui viennent à être secouées dans tous les sens. Tout est prévu par la nature. Ces chenilles, mieux encore que les chenilles des Sylvains, tapissent de soie les feuilles sur lesquelles elles doivent se tenir ou marcher, et de la sorte elles peuvent demeurer indifférentes aux secousses les plus brusques.

Dans les grands bois, on aperçoit dans les mois de juin et de septembre notre seconde espèce de Nymphale, volant jusque vers les cimes des arbres. C'est le Grand-Mars (Nymphalis iris). Plus grand, plus beau encore, plus rare que sou congénère, il est bien plus précieux pour les jeunes amateurs. Sa chenille se trouve au printemps sur les grands Chênes.

Une des singularités de la vie des Nymphales, c'est leur dédain absolu des fleurs, leur goût pour la sève qui s'échappe du tronc des arbres malades, pourles fientes d'animaux. Ces Lépidoptères offrent un contraste étrange : beauté superbe, avec le goût de ce qui, à nos yeux, est repoussant.

Dans le petit groupe des Nymphalites, il existe des espèces de grande taille, au port majestueux, aux ailes postérieures plus ou moins prolongées en une sorte de queue. Ces espèces appartiennent principalement à l'Afrique et aux parties chaudes de l'Asie; on en a fait le genre Charaxès. Ces Lépidoptères mil tous les caractères essentiels de la famille des Nymphalides, et avec cela ils offrent dans leur aspect général, dans la coupe de leurs ailes, une analogie frappante avec des espèces du genre Papillon (Papilio), et à côté d'eux les vraies Nymphales, aux ailes arrondies, semblent représenter les Piérides de la famille des Papilionides. C'est un fait remarquable qui se reproduil continuellement entre les espèces de familles appartenant à uu même ordre, comme entre les types appartenant à divers ordres. Des caractères essentiels très-prononcés les séparent; des analogies dans l'aspect, dans la coloration, dans les habitudes, semblent les rapprocher. Les analogies sautent aux yeux des moins clairvoyants; les ressemblances importantes, fondamen-

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taies, demandent à être sérieusement étudiées. Aussi est-il aisé de comprendre les fautes si fréquentes des classificateurs.

Une espèce de Charaxès habite à la fois une partie de l'Afrique et l'Europe méridionale. C'est le Jasius [Charaxès jasius), qui n'est pas bien rare dans notre Provence. Magnifique papillon, à peu près égal en dimension au Machaon et au Flambé, ses ailes brunes en dessus, bordées par une large bande d'un fauve clair, ont en dessous une multitude de raies de presque toutes les nuances imaginables. Sa chenille, verte, finement chagrinée, amincie en arrière, a un port superbe. Sa tête, extrêmement large, ayant des téguments fort durs, indice certain que l'Insecte doit se nourrir d'un feuillage très-résistant, porte quatre prolongements obtus, inclinés en arrière, de la consistance des autres parties : on dirait une sorte de diadème. Est-ce un ornement, une parure ? Est-ce uu appareil ayant un usage spécial? Nous l'ignorons encore. Les pattes membraneuses de cette chenille sont bien organisées pour saisir avec force ; profondément excavées en dessous, elles constituent une ventouse ayant son bord interne garni d'un double rang d'épines, et le côté externe très-couvert de poils roides propres à rendre le tact d'une grande sensibilité. La chenille du Jasius vit sur les Arbousiers ou arbres aux fraises, les jolis arbrisseaux de la Provence, que l'on plante volontiers dans les jardins de Paris et de ses environs, malgré la nécessité de les mettre soigneusement en serre pendant la saison rigoureuse.

Nous avons peu de chose à dire des représentants d'un petit groupe de Nymphalides dont le type est le genre des Morphos. Tous sont étrangers à l'Europe. Ils vivent dans les contrées chaudes et humides de l'Amérique; par l'énorme envergure de leurs ailes, par leur vol élevé et rapide, ils étonnent le voyageur, et l' éblouissent par l'éclat métallique de leurs ailes.

Les Morphos, les plus grands des Papillons de jour, ont des antennes grêles, un corps frêle, avec des ailes aiTondies d'une

extrême amplitude. Tout le monde voit et remarque, exposé aux vitrines des marchands d'objets d'histoire naturelle ou de curiosité, un splendide Papillon aux ailes d'un bleu d'azur chatoyant et d'un éclat tout métallique. C'est le Morpho Menelas, fort commun au Brésil et à la Guyane. Cet éclat que présentent les ailes de certains Lépidoptères, notamment les Morphos, est dû à un effet de lumière qu'il n'est pas aisé d'expliquer d'une manière satisfaisante, dans l'impossibilité où nous sommes encore de reproduire le même effet. Nous avons étudié la disposition des écailles des ailes métalliques de ces Papillons, nous avons observé ces écailles isolément, ce que personne n'avait fait jusqu'à présent. Ici les écailles ne sont pas superposées comme à l'ordinaire; rangées par fdes parfaitement droites, un faible intervalle est laissé entre chacune d'elles. Au-dessous des écailles qui paraissent bleues, se trouvent des rangées d'écaillés plus petites, transparentes, ondulées à la surface et polarisaut la lumière. Ces dernières se montrent en partie dans les intervalles des écailles colorées, et jouent sans doute un rôle fort important dans l'effet produit. Les écailles, qui semblent bleues, prises isolément et observées sous le microscope, ne sont plus bleues. Presque opaques, comme granuleuses dans leur épaisseur, il devient impossible de ne pas les croire brunes.

Un autre Morpho [Morpho Laertes), abondant au Brésil, a les formes et la taille du précédent, avec des ailes d'un blanc métallique légèrement bleuâtre, dont le miroitage est également obtenu par la superposition de deux couches d'écaillés. Mais, puisque nous parlons ici des Morphos à cause de leurs dimensions el de leur magnificence, il faut citer le Morpho qui dépasse en éclat, en splendeur, tout ce qu'il est possible d'imaginer. Incomparable est le seul terme qui puisse être employé en parlant de ce Lépidoptère, et il faut le prendre dans son acception la plus vraie. Ce Morpho (Morpho cypris), particulier à la Nouvelle-Grenade, fréquente les carrières où se fait l'exploitation

•les émeraudes, comme s'il voulait montrer qite la beauté «les pierres les plus précieuses est une misère comparativement à sa propre beauté. Que l'on se figure ses grandes ailes d'un bleu éblouissant, traversées par une bande jaunâtre à reflets métalliques d'un cbarmant contraste; le bleu passant au xeri, et surtout au violet, offrant en un moment tous les effets imaginables, selon le jeu de la lumière, tous les. éblouissements qui défient la comparaison.

Les femelles de ces splendides Papillons sont en général beaucoup plus modestes, ce qui ne les empêche pas d'être encore extrêmement belles. Leurs ailes ont des tons jaunâtres, roussâtres, qui se mélangent avec quelques parties bleues. En dessous, elles ont à peu près les mêmes couleurs pâles, les dessins, les taches ocellées des ailes des mâles.

Nous en tenant aux affinités naturelles, nous passons sans transition des plus éclatants Papillons du monde aux plus sombres, les Satyres, les plébéiens de Linné. Le grand genre des Satyres, ou plutôt le groupe des Satyrites, a le monde pour patrie. En Europe, on rencontre ces Insectes dans toutes les localités, les champs découverts, les plaines arides, le bord des cbemins, les bois couverts, les montagnes élevées, froides, neigeuses. Depuis le printemps jusqu'à la fin de l'automne, il est impossible de se trouver dans un endroit quelconque sans voir voltiger des Satyres aux ailes ternes, grises ou brunâtres. Ce sont les Lépidoptères des herbes les plus vulgaires, des herbes qui poussent en tous lieux. Leurs chenilles vivent sur les Graminées; mais si communes qu'elles soient, on ne les voit jamais. 11 est besoin de l'art de l'entomologiste le plus exercé pour les découvrir : pendant le jour, elles se cachent au pied de la plante, dont elles ont les teintes vertes, et c'est seulement la nuit qu'elles voyagent un peu en rongeant les feuilles. Papillons de jour, chenilles de nuit; chenilles de jour, Papillons de nuit, tel est le contraste «pie nous offrent une foule de Lépidoptères.

Les chenilles des Satyrites ont toutes la même forme générale : un coit>s finement velu, atténué vers l'extrémité comme les Poissons, et le dernier anneau muni de deux petits crochets. Les chrysalides sont courtes, ramassées, sans aucune de ces saillies bizarres qui sont ordinaires aux chrysalides de beaucoup de Nymphalides.

Le grand genre Satyre des entomologistes d'il y a quarante ans a été bien subdivisé. On distingue maintenant les Argés, les Erébies, les Chionobas, les vrais Satyres, sans compter ceux qu'il est inutile de mentionner.

Les Argés sont aisément reconnaissables à leurs antennes minces à peine renflées vers le bout, et surtout à leurs ailes blanches variées de noir. Une seule espèce de ce type se trouve répandue dans les parties centrales et septentrionales de l'Europe. C'est le Demi-deuil (Arge galalhea), fort commun au milieu de l'été, dans les taillis et à la lisière des bois. Sa coloration blanche et noire lui a valu son nom vulgaire, qui est tout à fait expressif. La chenille de ce Satyre vit sur les plus humbles Graminées. Les autres Argés habitent l'Europe méridionale, l'Asie Mineure, le nord de l'Afrique.

Les Érébies (Erebia), ou les Satyres nègres des auteurs, sont les Satyres des montagnes. Ils abondent sur les Alpes, les Pyrénées, le Caucase, l'Himalaya, les montagnes Rocheuses, etc. Habitants des pays froids, ils se trouvent jusqu'en Laponie. Ce sont de petits Papillons ayant des ailes noires ornées de taches ocellées fauves ou rougeâtres. Sur les plus hautes montagnes et dans les contrées les plus septentrionales de l'Europe et de l'Amérique, l'Islande, le cap Nord, la Sibérie, le Kamtchatka, vivent les Chionobas, ou les Satyres hyperboréens. D'un fauve terne ou d'un gris jaune pâle, ces Papillons semblent avoir été teints par les brumes. Une seule espèce du genre (Chionobas aello) se montre sur nos Alpes.

Les vrais Satyres sont les habitants de nos plaines. Ayant un

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