‹ Métamorphoses mours et instincts des insectesChapitre 17 sur 61 · MÉTAMORPHOSES DU SATYRE DEMI-DEUIL · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DU SATYRE DEMI-DEUIL

vol bas qui ressemble à un sautillement, des teintes tristes, brunes, grises, ou d'une nuance fauve sans vivacité ; ils paraissent être, au milieu de la foule des espèces parées de belles couleurs, de véritables plébéiens, comme Linné en avait jugé. On les voit partout, depuis le commencement jusqu'à la Gn de la belle saison.

Les plus grands sont le Silène (Satyrus circe), qui est surtout répandu dans nos départements méridionaux ; le Sylvandre (S. hermione), se posant habituellement sur les roches. Dans les localités arides et montagueuses, le Grand-Nègre-des-bois (S. phœdra), auquel ses ailes très-sombres, avec des taches ocellées, donnent une assez belle apparence. Parmi les espèces de taille moyenne, volent, dans les endroits arides et rocailleux, le Faune (S. fauna) et Y Agreste (S. semele). Les plus communs sont \' Ariane d'Engramelle(iS. mœra) et le Satyre de Geoffroy (5. megcerà), qui voltigent sur les chemins, et surtout le long des murailles; le Tircis (S. œgeria) et la Baccanthe (S.dejanira), qui habitent les bois et se cachent dans les fourrés; le Myrlil (S.janira), qui aime les clairières, recherchant les fleurs des Konces, de, même que le Tristan (S. hyperanlhus). Les plus petits, ayant généralement les ailes fauves, d'un ton uniforme, sont Y Amaryllis (S. tilhonus), le Mélibée (S. hero), le Céphale (S. arcanius), le Procris (S. pamphilus), le plus petit et le plus abondant entre tous.

11 est des espèces de Satyrites de l'Amérique du Sud bien différentes des nôtres sous le rapport des contours et de la coloration des ailes. Les Hœlera du Brésil et de la Guyane ont les ailes festomiées et en partie transparentes. Leurs écailles, presque disséminées, deviennent très-grêles en certains endroits et Gnissent par être de simples petits poils; la membrane alaire est irisée : de là de très-jolis effets de miroitage, des teintes mordorées qu'on n'observe pas ailleurs.

Les Érycinides, troisième famille des Lépidoptères diurnes.

pourraient, au premier abord, passer pour des réductions des espèces des deux familles précédentes, Papilionides et Nymphalides. Véritables miniatures, parmi les Papillons de jour, elles sont aussi bien partagées (pie les grandes espèces sous le rapport des formes, sous le rapport de la variété, de la suavité du coloris. Pour les unes, les formes des espèces du genre Papillon semblent avoir été imitées ; pour les autres, les formes des iNymphales.

Pour des yeux exercés, il est extrêmement facile de reconnaître à première vue une espèce quelconque de la nombreuse famille des Erycinides. Un port particulier, une physionomie spéciale, servent suffisamment à ceux qui ont étudié les collections. Les caractères qui distinguent ces Lépidoptères, soit des Papilionides, soit des Nympbalides sont faibles en réalité. Les pattes antérieures sont fréquemment impropres à la marche, comme chez les Nymphalides., mais il est ordinaire qu'elles atteignent le même développement que les autres chez les femelles. Dans tous les cas, les crochets des tarses sont extrêmement petits. Les antennes sont terminées en massue ovalaire. Les palpes ont le dernier article nu presque dégarni d'écaillés.

A l'état de chenilles, les Erycinides sont vraiment remarquables. Leur corps est court, ramassé, large, avec une très-petite tète. C'est l'apparence des Cloportes, par conséquent un aspect très-différent de celui de toutes les autres chenilles. Pour se transformer, elles s'attachent exactement comme les Papilionides, au moyen d'une ceinture et par l'extrémité du corps. Les chrysalides sont courtes, massives, obtuses.

Les Erycinides ont très- ordinairement les ailes postérieures terminées par un prolongement caudiforme d'une longueur trèsvariable suivant les espèces. Aussi les anciens entomologistes appelaient-ils ces jolis Papillons, les Pelits-Porte-queue . Cette famille de Lépidoptères se partage d'une manière très-naturelle en deux groupes, les Lycénites et les Erycinites. Les premiers

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ont des palpes qui dépassent notablement la tête; les seconds oui ces mêmes palpes tout à fait exigus,.

Les Lycénites ont de nombreux représentants en Europe, entre soixante-dix et quatre-vingts, que l'on répartit dans quelques genres faciles à distinguer. Les Théelas, les Polyommates. les Lycénas. Les Théelas ont leurs ailes postérieures prolongées en une petite queue, des antennes avec une massue médiocrement épaisse. Ce sont de petits Papillons brunâtres en dessus pour la plupart, et en dessous d'une teinte claire, avec des lignes ou des dessins caractéristiques des espèces.

Prenons pour exemple l'un des Théelas les plus communs dans notre pays : le Porte-queue brun à ligne blanche de Ernst, ou Thécla W blanc (Thecla W album). Le papillon est tout brun en dessus, avec une ligne blanche près du bord ; il est d'un gris clair en dessous, avec des ligues noires, rouges et blanches, l'une de ces dernières figurant, vers l'extrémité des ailes postérieures, la lettre W parfaitement reconnaissable : de là le nom adopté pour l'Insecte, et un caractère qui permet de le reconnaître sans difficulté. La chenille de cette espèce vit sur les Ormes et quelquefois sur l'Aubépine. Courte, élargie, déprimée en dessus, comme les autres chenilles de Lycénites, elle a toute l'apparence d'un Cloporte; cependant elle n'en a pas la couleur. La chenille du Petit-Porte-queue brun est ordinairement d'un vert-pomme qui ne diffère pas beaucoup de la couleur des feuilles de l'Orme, lorsqu'elles ont encore toute leur fraîcheur printanière. Sa tête, très-petite, brunâtre, se retire entièrement dans le premier anneau du corps pendant le repos. Sur chacun de ses anneaux couverts d'une fine pubescence , ou remarque deux petites saillies dorsales, et de chaque côté un trait plus obscur que la teinte générale de l'animal. Les pattes écailleuses de cette chenille sont très-petites ; les pattes membraneuses sont également fort courtes, et comme le corps est loin d'être svelte, on peut être assuré que l'Insecte doit être fort lent dans sa marche.

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