METAMORPHOSES DE LA CETOINE DOREE
( Cetonia aurata).
Un individu au vol, un individu posé. —Iles lanes do diiliirentes grosseurs. — Une nymphe dont la coque a élu ouverte.
femelles vont pondre dans les bois pourris. Leurs larves vivent de débris ligneux au pied des arbres morts, quelquefois dans les
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fourmilières. Elles ont l'aspect des larves de Hannetons, mais leur tête est beaucoup plus petite, leurs pattes plus courtes et le dernier anneau de leur corps porte une petite pointe qui n'existe pas chez ces dernières. Au ternie de leur croissance, dont la durée, croyons-nous, est assez longue, les larves de la Cétoine se construisent une coque ovalaire à parois épaisses au moyen d'une foule de détritus agglutinés.
D'autres Cétoines de petite taille sont encore plus abondantes dans notre pays que la Cétoine dorée. Elles paraissent beaucoup aimer les Ombellifères : telles la Cétoine hérissée (C . hirlella), d'une teinte noirâtre sale, vêtue de longs poils d'un gris fauve, et la Cétoine piquetée (C. stictica), noire, à reflets cuivreux, pointillée de blanc sur les élytres et le protborax.
Des représentants du groupe desCétoniites, bien remarquables par leurs belles couleurs, par leur grande taille, par les saillies ou les prolongements en forme de cornes que présente la tète des mâles, sont les Goliaths. Plusieurs espèces superbes de ce genre babitent l'Inde, les Moluques, les îles de la Sonde, mais la plupart sont propres aux contrées les plus chaudes de. l'Afrique. Au Gabon, on prend le Goliath cacique (Goliathus cacicus) et le Goliath de Drury [G. Druryi), qui comptent au nombre des plus gros Coléoptères. Autrefois ces Insectes, rarement apportés en Europe, avaient une valeur énorme; mais les voyages à la côte occidentale d'Afrique étant devenus plus fréquents, on se procure aujourd'hui ces magnifiques Insectes pour un prix assez modique.
Les Triebiites ont les mêmes mœurs que les Cétoines. C'est le genre Trichie {Trichius) des anciens entomologistes qui a été subdivisé d'après quelques différences dans la configuration des mâchoires et dans les dentelures des jambes. On voit partout sur les fleurs le Trichie abdominal {Trichius abdominalis) , joli Insecte noir à duvet cendré, ayant les élytres d'un jaune vif. traversées par trois bandes noires interrompues à la suture. Ses larves
vivent dans le bois mort. Une espèce voisine, le Trichie à bandes (T. fasciatus), dont les bandes noires des élytres ne sont pas interrompues, est moins commune dans notre pays. Une espèce d'un vert brillant et de plus grande taille que les précédentes est devenue le type d'un genre particulier, le Gnorime noble (Gnorimus nobilis). Un petit Tricbiite noirâtre (Valgus hemipterus), que l'on rencontre souvent à terre, appartient au genre Valge, caractérisé parla présence de cinq épines aux jambes. La femelle est pourvue d'une longue tarière droite, qui lui permet d'introduire ses œufs dans les fissures des vieux bois fendillés.
Les (dapbyrines, qui ont des mandibules fortes, une lèvre inférieure divisée en deux languettes flexibles, des élytres faibles, un peu écartées à l'extrémité, ne nous sont pas connues dans leurs métamorphoses. La solidité des mandibules indique que ces Insectes rongent le feuillage; la contexture de leur lèvre, qu'ils sont capables de lécber sur les fleurs. Certains d'entre eux, les Glapbyrcs et les Ampbicomes, sont de jolis Coléoptères plus ou moins velus, très-abondants dans le midi de l'Europe, en Orient, dans le nord de l'Afrique.
Les Mélolonthines ont des mandibules fortes, conformées pour ronger le feuillage, une lèvre inférieure très-courte, les crochets des tarses construits d'une manière assez variable, selon les espèces, et dénotant des aptitudes diverses. Les Hannetons (Melolontha) sont les représentants typiques de cette tribu. Chez les espèces pour lesquelles a été réservé, par les naturalistes de l'époque actuelle, le nom générique de Hanneton, les antennes ont dix articles, les sept derniers dans les mâles, les six derniers seulement dans les femelles formant la massue. On connaît plusieurs espèces du genre; mais c'est le Hanneton commun [Melolontha valgaris), qui, à raison de son abondance extrême dans une grande partie de l'Europe, réclame attention. Les Hannetons, qui se montrent en quantité prodigieuse en certaines années, sont rares dans d'autres années, ce qui s'explique par la durée de leur
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développement. Quand la saison printanière est douce, ces lusectes paraissent dès le mois d'avril; mais c'est toujours dans le mois de mai qu'on les voit en grandes masses, et c'est seulement dans le mois de juin qu'ils disparaissent. Ces Insectes rongent le feuillage des arbres, des Chênes, des Hêtres, des Erables, des Peupliers, des Bouleaux, et, dans notre pays, plus encore celui des Ormes que de tous les autres. Souvent des arbres sont complètement dépouillés par les Hannetons, c'est ce que chacun constate sans peine. Insectes presque nocturnes, les Hannetons s'abritent de la chaleur du jour, et surtout du soleil, en se tenant sur les arbres touffus, cachés à la face inférieure des branches. Ils ne sont actifs que le matin, et particulièrement le soir, où ils volent en faisant entendre un bourdonnement sonore. Ces Insectes pesants, malhabiles à se diriger, se heurtent facilement contre les corps qui se trouvent sur leur passage, et pendant les belles soirées du printemps, les promeneurs, comme chacun le sait par expérience, éprouvent souvent l'ennui d'être frappés en plein visage par ces Insectes incapables d'éviter les obstacles.
Les Hannetons, à l'état adulte, commettent des dégâts considérables, mais encore leurs dégâts, qui se réduisent à la destruction momentanée du feuillage des arbres, sont-ils médiocrement graves, comparativement aux ravages que ces Coléoptères exercent dans leur état de larves.
Vers la fin de mai s'effectue, chez les Hannetons, le rapprochement des individus des deux sexes; il est ordinaire de voir les mâles et les femelles accrochés aux feuilles, demeurant unis pendant des journées entières. Après la fécondation, les femelles s'enfoncent dans les terres légères ou fréquemment remuées par la charrue, et y font leur ponte, consistant en une quarantaine d'œufs. Au bout de quatre ou cinq semaines, les larves éclosent, et au milieu des champs cultivés elles ne sont pas en peine pour trouver leur nourriture, car toutes les racines leur conviennent. Ces larves, si connues sous le nom de Vers blancs, dans certaines
MÉTAMORPHOSES DU HANNETON COMMUN (Melolontha vulgaris).
LES COLEOPTERES. hTt
localités sous le nom de Mans, croissent avec lenteur. Elles n'ont pris leur croissance entière qu'à la troisième année de leur existence. Au mois de mars ou d'avril, s'effectue leur transformation en nymphes , et quelques semaines plus tard éclosent les Hannetons. La durée du développement explique parfaitement comment ces Coléoptères ne se montrent en abondance que tous les trois ans. Mais, selon les circonstances atmosphériques, la croissance des larves peut sans doute être accélérée ou ralentie. Quelquefois il n'est pas rare que des larves se métamorphosent dès la fin de leur seconde année d'existence, et même que les Hannetons éclosent à l'automne, mais la saison froide se faisant déjà sentir, ils demeurent engourdis dans leur cellule et ne sortent de terre qu'au printemps de la troisième année.
Les larves du Hanneton, avec la forme ordinaire à toutes les larves des Scarabées, se font remarquer par leurs fortes mandibules munies d'une dent taillée en biseau, c'est-à-dire pourvues d'un instrument très-propre à couper les racines.
Les Hannetons, ou plutôt leurs larves, les Vers blancs, sont considérées à trop juste titre comme l'un des plus grands fléaux de l'agriculture. Ces Insectes, aujourd'hui si répandus dans la plus grande partie de l'Europe, étaient certainement fort rares à une époque ancienne. Ils se sont multipliés en même temps que la culture s'est étendue et perfectionnée. Les conditions d'existence des Vers blancs ne laissent, à cet égard, aucun doute possible. Jamais on ne trouve de larves de Hannetons dans des terres en friche ; ces larves ne peuvent vivre se frayer des passages que dans des terres meubles; dans les temps anciens, il y avait peu de terres remuées, suffisamment légères pour convenir aux Vers blancs, les Hannetons ne pouvaient être communs; le développement de l'agriculture, en leur fournissant les conditions qui leur permettaient de se multiplier à l'excès, a créé le fléau qu'on laisse s'étendre et s'accroître avec une incurie digne d'un autre âge.
Les Vers blancs ne peuvent être atteints et détruits qu'au mo-
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meut des labours, et encore avec une main-d'œuvre assez considérable. 11 est beaucoup plus facile de recueillir les Hannetons eux-mêmes, et si cette chasse était faite et bien exécutée simultanément sur tous les points du territoire, on amènerait rapidement une diminution du mal; mais, toutes les fois que des hommes éclairés se sont occupés de la destruction des Hannetons, leurs efforts ue portant que sur uu espace restreint, l'amélioration n'a pas été très-sensible. Il y a trente ans, un préfet de la Sarthe, dont le nom mérite d'être cité, M. de Romieu, avec une intelligence des intérêts du pays qu'on ne rencontre pas tous les jours chez les administrateurs, avait pris des mesures propres, avec de la persévérance, à faire disparaître une calamité dont tous les agriculteurs s'affligent, au lieu de travailler résolument à la conjurer. Dans ces dernières années, un de nos agronomes les plus instruits, M. Jules Reiset, membre du conseil général de la.Seine-Inférieure, s'est préoccupé sérieusement de cette question. Par ses soins, à l'automne de 1866, il a été recueilli 160 000 kilogrammes de Vers blancs dans deux arrondissements de la Seine-Inférieure, et le poids de chaque Ter ne dépasse guère 2 grammes. S'il était possible d'apprécier exactement sur tous les points de la France les pertes subies par le fait des Vers blancs, on serait stupéfié en présence du chiffre total, et cependant, combien de fois n'a-t-on pas plaisanté ceux qui songeaient à détruire cette cause d'amoindrissement de nos récoltes !
Avec l'incurie, le mal ne peut qu'augmenter d'année en année. Or, pour la destruction des Hannetons, nous ne connaissons que deux moyens : l'un consiste dans la chasse des Insectes faite avec soin en tout pays ; l'autre même consiste à laisser vivre et à propager les oiseaux : Corbeaux, Corneilles, Pies, Etourneaux, etc., qui mangent en grande quantité les larves des Hannetons, comme l'ont démontré de nombreuses observations de }l . Florent Prévost.
On a eu l'idée de chercher à tirer parti des Hannetons. On en a extrait une huile bonne à divers usages, mais le bénéfice