‹ Métamorphoses mours et instincts des insectesChapitre 37 sur 61 · STAPHYLINS VIVIPARES · texte numérisé non relu

STAPHYLINS VIVIPARES

(d'après M. Sdiioilte).

Melanlho. — 2. Sa larve. — 3. Spirachtha Eurymedusa.

Il est une petite famille de Coléoptères où l'on compte au nombre des principaux représentants plusieurs espèces fort nuisibles aux matières animales que nous voulons conserver : c'est la famille des Dermestides. Ces Insectes, d'une taille toujours peu considérable et souvent très-minime, ont en général des couleurs grises, brunes, ternes ; leurs antennes sont courtes et terminées en une massue ordinairement très -forte; leurs mandibules, petites, ne font pas saillie au devant du labre.

Au moins dans leur premier état, les Dermestines vivent de

matières animales ; ils attaquent les pelleteries, les fourrures, les cuirs, les animaux conservés dans les collections, la chair desséchée des cadavres, etc. Plusieurs d'entre eux, transportés par les navires, se sont acclimatés et quelquefois singulièrement propagés, au grand dommage des habitants, à peu près dans toutes les parties du monde. Adultes, les Dermestiues ont des pattes grêles contractiles; sont-ils inquiétés, il les replient aussitôt contre le corps, ils font le mort. Larves, ce sont des Insectes revêtus d'un tégument mince, élastique, garni de poils disposés en bouquets, en faisceaux, en pinceaux d'une extrême élégance. Ces larves, douées d'une certaine agilité, ont de petites pattes avec des tarses terminés par un simple crochet, une tête petite, avec les yeux ordinairement au nombre de six de chaque coté.

Les vrais Dermestes, très-reconnaissables à leur corps oblong et à leurs antennes de dix articles, dont les trois derniers forment la massue, se rencontrent dans les maisons, et surtout dans les magasins de denrées. Le type du genre, le Dermeste du lard (Dermestes lardarius), un Insecte noir, avec la base des éh très fauve et marquée de trois points obscurs, consomme peu de nourriture à l'état adulte, mais à l'état de larve, c'est autre chose. Cet Insecte, d'un brun noir, couvert de longs poils touffus disposés par séries assez régulières au bord de chaque zoonite, est un véritable fléau pour les fourrures, pour les peaux, etc. S'il mange du lard comme son nom l'indique, il mange également très-volontiers les peaux des Mammifères et des Oiseaux des musées d'histoire naturelle, et dans les magasins de fourrures il n'est pas moins redoutable.

Une autre espèce du genre, le Dermeste renard (Dermestes vulpinus), pour être répandue d'une manière un peu moins générale, n'en est pas moins quelquefois fort abondante. Elle se trouve dans les mêmes conditions que l'espèce précédente, et il y a vingt-cinq à trente ans, elle causa de si grands ravages

à Londres, dans les magasins de peaux, qu'une récompense de 20000 livres sterling, rapporte M. Westwood, fut proposée pour un remède propre à la destruction de cet Insecte. Il est

•TAMORNIOSES DU DERMESTE DU LARD ET DU DERUESTE RENARD (Dermestes lardarius et Dermestes rulpinus).

facile de faire périr les Dermestes au moyen d'une évaporation «le benzine, de sulfure de carbone, etc.; seulement il est nécessaire d'opérer à diverses reprises, et surtout dans le temps où les Insectes adultes éclosent, afin de les faire périr avant la ponte.

Un Dermestine de forme ovalaire, ayant des antennes de onze articles, et bien reconnaissable à sa couleur noire, avec un point blanc au milieu de chaque élytre, est le type du genre Mégatome. Le Mégatome des pelleteries [Mcgaloma pellio) se trouve trèsfréquemment dans les maisons. Sa larve, d'un brun roux, couverte de longs poils bistrés, portant en arrière un pinceau figurant une sorte de queue, dévore toutes les fourrures et même les plumes.

De très-petites espèces au corps court, ramassé, presque globuleux; les Anthrènes, se voienl fréquemment sur les fleurs pendant la belle saison. L'Anthrène des musées (Ânlhrenus museorum), un Coléoptère long de 2. à 3 millimètres, noirâtre, orné de trois l»an<les transversales blanches ou grises sur les élytres, est la terreur des entomologistes. Sa larve, couverte de poils bruns et grisâtres disposés par petits faisceaux, attacpie les collections d'Insectes et exerce dans un très-court espace de temps d'irréparables dégâts. Elle se tient cachée dans l'intérieur du corps qu'elle ronge, et ne se montre guère qu'à l'époque de sa métamorphose. La nymphe reste protégée par la peau de la larve.

Les Byrrhines. qui se rattachent à la famille des Dermestides par l'ensemble de leur organisation, affectent une forme globuleuse. Comme les Dermestes, ils ont la faculté de replier leurs pattes et de contrefaire le mort pour échapper à l'ennemi, mais leurs jambes son! larges et comprimées, et cette forme caractéristique trahit chez ces Insectes l'habitude de fouir le sol.

Les Byrrhes, qui portent des antennes grêles, avec une massue formée par les cinq derniers articles, se rencontrent sous les pierres, sous les mousses. Le Byrrhe pilule (Byrrhus pilula). dont le nom fait allusion à la forme ronde, n'est pas rare dans notre pays. Sa larve, trouvée dans la terre, sous des gazons, est assez molle, rose, un peu courbée, pourvue de pattes de médiocre longueur.

Une multitude de petits Insectes de formes assez diverses composent la tribu des Mycétophagines ; on les distingue des Dermestines et des Byrrhines à leurs pattes qui ne sont pas contractiles. Les Mycétophages, leur nom l'indique, vivent dans les Champignons. Ce sont de petits Coléoptères, au corps large, un peu déprimé, ayant souvent les élytres parées de lai lies ou de points jaunes ou rouges. Leurs larves ressemblent à celles des

Dermestines, mais elles s'en distinguent dans leur apparence générale par la rareté de leurs poils.

Les Hydrophilides, Insectes pour la plupart herbivores, conformés pour nager et pour vivre dans les eaux, ont des antennes courtes, insérées sous les bords latéraux de la tête, terminées par une massue formée des derniers articles, et de longs palpes filiformes pendants. L'allongement remarquable de ces appendices avait fait attribuer autrefois aux Hydrophilides le nom de Palpicornes.

Une des particularités les plus notables de l'organisation de presque tous les représentants de cette famille, se trouve dans la présence, chez les femelles, de glandes abdominales produisant une sorte de matière soyeuse servant à la confection d'une coque destinée à loger les œufs. Ce qui est unique parmi les Coléoptères, les Hydrophilides femelles, dont l'extrémité de l'abdomen est pourvue de deux filières affectant la forme d'appendices cylindriques, se mettent à tisser, au moment de leur ponte, uue coque d'un tissu assez serré, fournissant ainsi à leurs œufs une protection qui leur est sans doute bien utile dans les eaux toujours peuplées de multitudes d'animaux voraces.

Les larves des Hydrophilides sont généralement oblongues, avec une tète avancée, sans rétrécissement postérieur en forme de cou ; des mandibules grandes, courbées vers le haut, souvent dentées ; des antennes de trois ou quatre articles ; des plaques de consistance coriace sur les anneaux thoraciques; un abdomen plissé, avec le dernier anneau très-petit ; des pattes assez longues, avec les tarses ordinairement unguiculés. Ces larves, sans avoir l'agilité de celles des Dytiques, sont cependant fort actives; se nourrissant surtout de matière végétale, elles attaquent néanmoins des Insectes. Presque amphibies, on les voit assez souvent sortir de l'eau et marcher péniblement entre les herbes du rivage. Pour se transformer en nymphes, elles s'enfoncent dans

la terre ou dans la vase, où elles se façonnent une loge en imprégnant les parois de leur salive.

Sans être très-nombreuse en espèces, la famille des Hydrophilides renferme plusieurs types bien caractérisés. Nous reconnaîtrons les Hydropbilines à leur corps ovalaire, à leurs mâchoires entièrement de consistance solide, à leurs tarses dont le premier article est beaucoup plus court que les suivants.

Les Hydrophiles proprement dits sont de gros Insectes de forme ovalaire, ayant des antennes de neuf articles dont les quatre derniers constituent la massue. Ils ont une longue pointe sternale aiguë dirigée en arrière, blessant la main qui saisit l'Insecte sans précaution. Il y a des Hydrophiles dans les diverses régions du monde ; un seul habite l'Europe, et c'est le plus grand, l'Hydrophile brun {Hydrophilus piceus). 11 est connu de tout le monde : long de plus de 6 ceutimètres, d'un noir olivâtre, nageant avec facilité à l'aide de ses pattes postérieures aplaties, ciliées, converties en rames, il figure très-bien dans les bocaux à Poissons rouges. On observe toujours avec intérêt la manière dont il vient respirer à la surface de l'eau ; c'est une manœuvre bien différente de celle du Dytique, qui a été minutieusement décrite par Lyonet. L'Hydrophile, de construction massive, ne saurait se maintenir à la surface de l'eau dans une position bien horizontale. 11 sort de l'eau seulement l'extrémité de sa tête, et repliant contre le corps son antenne dont la massue est en partie canaliculée , il entraîne, en redescendant dans l'eau, une bulle d'air qui, par le secours de la pubescence des parties inférieures de l'Insecte, s'étend et chemine sur les côtés du thorax et de l'abdomen, et arrive ainsi jusqu'aux orifices respiratoires. L'Hydrophile n'est pas moins curieux à observer au moment de la ponte, lorsqu'il file son cocon. Accroché aux plantes aquatiques, la tète en bas, il émet ses œufs, et tout aussitôt, promenant ses filières à l'entour, il les enveloppe et façonne la coque en la fixant, soit à une feuille, soit à une

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tige. Cette coque, d'un gris clairet en ovale très-court, porte un

JhTAMOIU'IJOSES HE L HYDROPHILE BHU.N (llytlrophilus piceut).

long pédicule conique. Les jeunes larves, à peine écloses, cherchent leur nourriture, et leur accroissement paraît s'effectuer

rapidement. Quand elles ont atteint toute leur croissance, elles sont fort grosses, d'un gris sombre, avec les parties écailleuses de la tête et du thorax d'une couleur brune luisante. Au repos, et même pendant la marche, la tête et l'abdomen sont relevés, de sorte ([ne le corps se trouve plus ou moins courbé en arc. A l'aide de ses pattes ciliées et de son abdomen flexible, cette larve nage avec facilité, et faisant sa nourriture en grande partie de matières végétales, elle chasse cependant des Insectes et des Mollusques. Souvent elle vient saisir à la surface de l'eau de

petits Limnées ou de petits Planorbes en renversant sa tète; elle brise la coquille et dévore l'animal. La nymphe porte au bord antérieur du thorax et sur l'abdomen des cils fort épais, dont l'usage n'a pas encore été bien reconnu.

Des 1 lydrophiles d'assez petite dimension, mais très-voisins des précédents par leur conformation, n'ayant toutefois la massue de leurs antennes canaliculée qu'à l'extrémité, constituent le genre Hydrous. Le type [Hy droits caraboides), un Insecte ovale et noir, fort abondant dans les mares, a des habitudes très «semblables à celles de l'Hydrophile brun.

D'autres llydrophilines, caractérisés surtout par les proportions des articles de leurs palpes, les llydrobies et les Philhydres. dont la taille est très-médiocre, forment des coques ou capsules

ovigères d'une physionomie particulière. Ces coques, fixées aux plantes, sont lamelleuses. Les Béroses (Berosus spinosus) ont des larves dont les anneaux de l'abdomen sont pourvus sur les côtés d'une paire de très-longs appendices garnis d'une fine pubescence servant à la natation, et fonctionnant aussi bien probablement à la manière de branchies.

D'autres Coléoptères se rattachant à la même famille par l'ensemble de leur conformation en diffèrent par quelques caractères et par les habitudes : ce sont les Sphseridikies. Ceux-ci ont le corps globuleux, le lobe interne des mâchoires membraneux, et ils vivent, les uns aux bords des eaux, les autres dans les bouses. Comme les autres llydropbilides, ils enveloppent leurs œufs dans une capsule soyeuse, mais ils enfouissent cette coque, soit dans la terre humide, soit dans le fumier.

Ces espères du genre Cercyon, toutes de petite taille, se tiennent sur la vase. On trouve communément le Cercyon des rivages (Cercyon litloralis). Sa larve, privée de pattes, est rampante; elle fouille la terre et se nourrit de petites larves de Diptères.

Les espèces du genre Sphéridie recherchent les fumiers. Le type, le Sphéridie scarabéoïde (Sphœridium scarabœoides), petit [nsecte long de 6 à 7 millimètres, arrondi, noir, avec les élytres ornées de deux taches d'un jaune rouge, fréquente les bouses de Vaches. Sa larve, bien étudiée par M. Schiodte, a de très-petites pattes sans tarses, mais sa marche est singulièrement aidée par des appendices placés sur les cotés de l'abdomen.

Les Dyticides ont une parenté extrêmement étroite avec les Carabides. Comme ceux-ci, ils ont le lobe externe de leurs mâchoires converti en un palpe articulé, des mandibules acérées, des pattes ayant cinq articles à tous leurs tarses, des antennes filiformes. La principale différence entre les Dyticides et les Carabides consiste dans des adaptations à des conditions de séjour. Les Dyticides, mieux que les llydropbiles, sont conformés pour la vie aquatique ; leur corps est large, souvent très-

plat, les pattes propres à la natation, les postérieures constituées en véritables rames. Au contraire, les Carabides, au corps svelte et aux longues pattes grêles, sont conformés pour la vie terrestre.

Les Dyticides vivent clans toutes les eaux dormantes et dans les petites rivières herbues dont le cours est peu rapide. Pourvus d'ailes très-amples, ils volent,, et fréquemment on les voit sortir de l'eau, et se porter dune mare dans une autre. Malgré leur genre de vie spécial, ces Coléoptères, organisés comme les espèces terrestres, sont obligés, surtout pendant la saison chaude, de venir, à de courts intervalles, à la surface de l'eau, pour les besoins de leur respiration. Une disposition bien simple permet aux Dyticides de s'approvisionner d'air. Leurs stigmates, situés à la face dorsale de l'abdomen et protégés par les élytres qui embrassent exactement les cotés du corps, ne sont pas exposés au contact de l'eau. L'Insecte montant à la surface soulève ses élytres, l'expiration a lieu ; il les abaisse aussitôt que l'inspiration s'effectue, et une certaine quantité d'air se trouve retenue sous les élytres formant une sorte de voûte.

Les Dyticides sont exclusivement carnassiers; ils s'attaquent à tous les animaux aquatiques, qu'ils déchirent sans peine avec leurs puissantes mandibules. Les larves vivent comme les adultes, faisant une chasse incessante à une foule d'Insectes, à des Mollusques, à de jeunes Poissons. Ces larves, allongées, amincies en arrière, revêtues de téguments coriaces, sont véritablement cuirassées. Leur tête est large, leurs pièces buccales saillantes; leurs mandibules arquées sont perforées à l'extrémité, et ainsi propres à la succion ; leurs pattes, déjà longues, ont des tarses unguiculés. Les larves des Dyticides, douées d'une grande agilité, nagent avec aisance au moyen de leur abdomen flexible terminé par deux appendices souvent foliacés. Ces Insectes, pourvus de stigmates sur les côtés de tous les

zoonitcs abdominaux, viennent cependant respirer en élevant à la surface de l'eau l'extrémité de leur corps, ofi se trouve située, au voisinage de l'orifice anal, la dernière paire de stigmates. Etant sur le point de se métamorphoser, elles sortent de l'eau, et vont s'enfoncer dans la vase ou dans le sable du rivage, s'y façonnent une cellule à leur taille et se transforment en nymphes.

Jusque dans ces derniers temps, les métamorphoses n'avaient été observées que chez un très-petit nombre de Dyticides, mais les études récentes de M. Schiodte ont beaucoup accru nos connaissances sur ce sujet.

La famille des Dyticides est peu nombreuse, si on la compare à celle des Carabides. Ses espèces ont, en général, une distribution géographique très-étendue; plusieurs se trouvent répandues dans une grande partie du monde. C'est là un fait intéressant à noter : il prouve que sous des climats où les conditions d'existence sont fort différentes pour les espèces terrestres, ces mêmes conditions demeurent presque semblables pour les espèces aquatiques.

Dans la famille des Dyticides, il y a deux types bien tranchés, et par conséquent deux tribus : les Dyticines et Gyrines. Les premiers ont de longues antennes filiformes et des pattes antérieures assez courtes; les seconds, de petites antennes épaisses dont le deuxième article est prolongé en manière d'oreillette, et les pattes antérieures beaucoup plus longues que les autres.

Des espèces de la tribu des Dyticines ayant toujours cinq articles à leurs tarses, composent un premier groupe (Dyticites). Les vrais Dytiques, Insectes d'assez forte taille, ont le dernier article de leurs palpes aussi court que le précédent et leurs tarses postérieurs munis de deux crochets mobiles. Toutes les espèces du genre ont les mêmes mœurs.

Le Dytique bordé (Dyliscus marginalis) est abondant dans les

eaux stagnantes de toute l'Europe; il vit très-longtemps à l'état adulte, de sorte que certaines personnes prennent plaisir à le conserver dans des bocaux pour s'amuser de ses mouvements agiles, et de sa voracité, quand il se jette sur une proie. Le Dytique bordé est un gros Coléoptère, en dessus d'un brun verdâtre foncé avec une bordure jaunâtre, en dessous d'un ton fauve ferrugineux avec un liséré noir à chaque anneau de l'abdomen. Le mâle a les élytres lisses ; la femelle a les élytres cannelées. La femelle a les tarses antérieurs simples; le mâle a les trois premiers articles de ces mêmes tarses extrêmement élargis et garnis en dessous de nombreuses cupules ou plutôt de ventouses, deux assez grandes, les autres trèspetites. Voilà, entre les individus des deux sexes, des différences considérables dont le but est facile à comprendre. Ces Insectes s'unissent dans l'eau, tout en nageant : avec des tarses simples, jamais le mâle n'aurait eu la possibilité de retenir sa femelle, avec l'appareil dont ces appendices sont pourvus , il prend adhérence sans la moindre difficulté, et la femelle ayant des élytres caunelées , l'adhérence s'effectue d'une manière bien autrement efficace que si leur surface avait été lisse.

Le Dytique détruit une foule d'Insectes et de Mollusques cl dans les ruisseaux comme dans les étangs. Quelquefois des Dytiques s'attaquent à des Grenouilles; s'accrochant sur le dos de l'animal, ils en entaillent la peau avec leurs mandibules et se mettent à la ronger. La Grenouille toute saignante se débat en vain contre les morsures des Dytiques, elle finit toujours par succomber.

Les Dytiques laissent tomber leurs œufs au fond de l'eau; les jeunes larves naissent et grandissent rapidement, car leur voracité est extrême. Au terme de leur croissance, elles sont longues de près de 5 centimètres, d'un gris jaune varié de brun. Leur tête, large et arrondie, porte de chaque côté six yeux disposés

le

en deux séries transversales ; leurs pattes sont assez longues et garnies de cils qui facilitent la natation; les appendices qui terminent leur abdomen sont lancéolés et frangés, de façon à constituer de véritables rames.

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PATTE ANTERIEURE DU DYTIQOB BORDE MALE. Vue en dessous, pour montrer les ventouses du tarse.

On donne le nom de Cybisters à des Dytiques n'ayant qu'un seul crochet immobile aux tarses postérieurs. Leurs femelles ont les élytresnon pas cannelées, mais seulement striées. Le type du genre, le Cybister de Rœsel (Cybister Rœselii) est assez commun dans toute l'Europe. Sa larve est dépourvue d'appendices natatoires à l'extrémité du corps.

Les Hydatiques, dont la taille est médiocre, sont les plus jolis des Dyticides ; leur corps, brun ou noir brillant, est orné de taches ou de bandes jaunâtres. De très-petits Dyticites, n'ayant que quatre articles aux tarses, composent un groupe particulier (Hydroporites). Les larves des Hydropores, moins allongées ([ne celles des autres Dyticides, ont les pattes munies de longues épines et l'extrémité de l'abdomen pourvue de trèslongs appendices.

Les Gyrinines sont des Coléoptères tout brillants que l'on voit pendant l'été nageant à la surface des eaux tranquilles, même sur les bassins des jardins, où ils décrivent des cercles

avec une étonnante rapidité. Ce mouvement leur a valu leur nom scientifique de Gyrins (Gyrinus), comme leur nom vulgaire de Tourniquets. Leurs pattes du milieu et de derrière sont de larges rames, tandis que leurs pattes de devant, toujours fort longues, servent de gouvernail. Ces Insectes, passant une grande partie de leur existence à la surface d'1 l'eau, avaient besoin de voir en dessus et en dessous: soit pour échapper à des dangers divers, soit pour atteindre une proie, ou aérienne ou aquatique, la nature leur a donné quatre yeux. C'est du moins l'apparence ; mais la nature n'ajoute guère à l'un ce qu'elle refuse à tous les autres , une modification simple suffit pour atteindre le but. Les Gyrins, comme tous les autres Coléoptères, n'ont en réalité que deux yeux, seulement ces yeux sont divisés par le bord latéral de la tête, et par suite de cette division, il y a deux yeux qui voient en haut et deux yeux qui voient en bas. Les Gyrins disparaissent de la surface des eaux quand viennent les froids, et se cachent au fond, sous les pierres, entre les berbes ou même dans la vase. Leurs larves sont longues, extrêmement minces, blanches, avec les parties coriaces d'un ton jaune; la tête petite ; tous les anneaux de l'abdomen pourvus sur les côtés de longs appendices ciliés, servant à la natation et fonctionnant comme des branchies, et le dernier anneau muni de quatre crochets mobiles propres au saut. Ces larves, fort agiles, trèsvoraces, se dérobent à l'ennemi par les sauts brusques qu'elles exécutent.

Les animaux féroces de l'ordre des Coléoptères, les Carabides, sont des carnassiers agiles, rapides à la course, possédant, dans leurs mandibules tranchantes, de puissantes armes de guerre.

Chez les Carabides, le corps est presque toujours d'une forme élancée ; les antennes longues, cylindriques, comme des fils ; les pattes propres à la course, avec leurs tarses invariablement com-

posés de cinq articles, minces, presque cylindriques, ainsi qu'il convient pour des animaux qui courent à terre, mais ne grimpent pas ou ne grimpent que difficilement avec le secours de leurs crochets acérés. Mais c'est la conformation des mâchoires qui fournit le caractère le plus remarquable. Ces pièces buccales portent deux palpes ; le lobe externe de la mâchoire étant converti en un véritable palpe divisé en deux ou trois articles, comme chez les Dyticides, qui sont les carnassiers aquatiques. Ce caractère, ne se retrouvant nulle part ailleurs, acquiert ainsi une importance considérable. Les mâles des Carabides ont les tarses de devant élargis; c'est pour retenir leurs femelles.

Les larves de ces Coléoptères ne sont pas moins carnassières que les adultes; la plupart d'entre elles s'emparent de leur proie à la course : aussi les voyons-nous solidement cuirassées; tête, anneaux du thorax et de l'abdomen revêtus de téguments de consistance coriace. Leurs mandibules arquées en forme de faux, ayant une grande dent à leur base, et chez certaines espèces d'autres dents longues et aiguës, donnent à ces parties l'aspect des plus terribles tenailles. Leurs mâchoires bilobées portent un seul palpe de quatre articles ; le lobe externe, destiné à être converti en un palpe chez les adultes, ne consiste encore qu'en un petit appendice dentiforme. Leurs pattes, assez longues, se terminent ordinairement par un tarse de deux articles. L'extrémité de leur abdomen est munie le plus souvent, comme dans les Staphylinides, de deux appendices articulés et d'un tubercule inférieur servant à la marche.

Les Carabides sont en nombre immense par le monde ; dans plusieurs groupes, les genres admis par les entomologistes ne sont différenciés que par les plus faibles caractères, et souvent les espèces ne se distinguent les unes des autres que par des détails assez difficiles à saisir. On s'explique cette grande uniformité chez des Insectes dont les conditions biologiques sont à peu près semblables.

5iû LES METAMORPHOSES DES INSECTES.

La famille des Carabides a deux types principaux : les Carabines et les Cicindélines. Chez les premiers, le lobe des mâchoires est simple comme dans les autres Coléoptères, etles palpes labiaux sonl aussi milices que les palpes maxillaires ; chez les seconds, le lobe des mâchoires se termine par un onglet articulé, et les palpes labiaux sont ordinairement plus épais que les maxillaires.

Le groupe le plus remarquable de la première tribu est celui des Carabes (Carabites), Insectes d'assez forte taille ayant leurs palpes terminés en forme de hachette et les jambes antérieures sans échancrure.

Les Carabes proprement dits ont un corps oblong, les élytres soudées sur la ligne médiane et emboîtant l'abdomen très-étroiteinent; les ailes manquent, les élytres ne doivent jamais ni être écartées, ni être soulevées. Beaux Coléoptères, toujours brillants, quelquefois parés de couleurs métalliques éclatantes, les Carabes, avec leur tète dégagée, leurs longues pattes, leur corps admirablement cuirassé, ont une vraie élégance, une allure fière, une apparence de distinction qu'on trouve ordinairement, du reste, chez les animaux carnassiers. Les Carabes, et l'on en connaît aujourd'hui plusieurs centaines d'espèces, sont répandus en Europe, surtout dans l'Europe orientale, et en Sibérie plus que partout ailleurs. Dans notre pays, l'espèce la plus commune est le Carabe doré [Car abus auralus). Tout le monde le connaît ce Coléoptère d'un beau vert doré, ayant les pattes et les antennes roussâtres, les élytres portant, comme si elles avaient été sculptées, trois côtes arrondies. 11 court à travers les champs et même à travers les chemins, sans cesse i ii quête d'une proie, détruisant une foule d'animaux nuisibles aux cultures ; aussi est-ce avec bonheur que les gens des campagnes écrasent l'un des Insectes les plus utiles, que les cultivateurs auraient tant d'intérêt à voir multiplier.

Le Carabe doré, habituellement désigné sous les noms vulgaires de Jardinier et de Couturière, mange des Chenilles, des

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Limaces, attaquant même des Hannetons, malgré leur poids. Au printemps, on a quelquefois l'occasion d'assister à une curieuse scène de carnage. Un Carabe saisit un Hanneton tombé à terre ; avec ses mandibules il lui entaille l'abdomen comme avec une paire de ciseaux, puis il tire les intestins et se met à les dévorer.

LE? i UlUiES UdllLS ET EEL'KS LAIIVE ( Cnrabus auratus).

Le Hanneton continue à marcher, cherchant à se soustraire à l'ennemi, mais l'ennemi ne le lâche point, et le malheureux finit par rouler sur le dos.

Les larves du Carabe, d'un brun noir et luisant, sortent peu pendant le jour; elles se tiennent plus volontiers cachées sous des

pierres, sous des mottes de terre ou dans des cavités. Elles chassent, du reste, comme les adultes.

Les autres Carabes ont absolument les mêmes habitudes: quelques espèces des Pyrénées sont vraiment magnifiques : le Carabe spleudide (Carabus splendens), le Carabe rutilant (Carabus rulilans), le Carabe d'Espagne (C. hispanus).

Dans nos environs, on rencontre fréquemment un très-gros Carabe tout noir, devenu le type d'un genre particulier, le Procruste chagriné (Procrusles coriarius). En Grèce, en Turquie, dans l'Asie Mineure, vivent les plus gros Carabites, les Procères, dont les élytres sculptées sont tantôt noires, tantôt d'un beau bleu violet.

Au même groupe appartiennent les Calosomcs. Ceux-ci ont le corps large et les élytres libres; ils portent des ailes, aussi non-seulement ils courent à merveille, mais encore ils volent à ravir. Le type du genre, le Calosome sycophante (Calosoma sycophanta) est peut-être le plus beau Coléoptère d'Europe, ou tout au moins l'un des plus beaux. 11 est d'un bleu violet foncé, avec les antennes et les pattes noires, les élytres d'un vert doré chatoyant, striées et ponctuées. Superbe par sa parure, il est également superbe dans son allure, lorsqu'il court sur les troncs des grands Chênes avec une incroyable célérité.

Le Calosome sycophante est tout particulièrement avide des Chenilles processionnaires. C'est à ces chenilles qu'il fait une chasse active ; l'Insecte adulte et la larve se voient fréquemment ensemble, ainsi que nous les avons représentés1 dévorant les chenilles, que leurs toiles tendues ne défendent pas contre les Calosomes.

La larve du Calosome sycophante, proportionnellement un peu plus large que celle des Carabes, ressemble, du reste, beaucoup à ces dernières. Au ternie de sa croissance, elle s'en-

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fonce dans la terre à une faible profondeur, façonne une sorte de loge, et se transforme en nymphe. Cette dernière est garnie de petits bouquets de poils très-élégamment disposés.

Une autre espèce du genre (Calosoma inquisitor), beaucoup plus petite et de couleur bronze, se tient aussi sur les arbres des forêts, où elle recherche différentes Chenilles.

Beaucoup de Carabides affectionnent les endroits humides et surtout le bord des eaux. Les Elaphrites, en général d'assez petite taille, se distinguent des Carabes par la présence d'une échancrure vers l'extrémité des jambes antérieures. 11 y a les Nébries, qui ont le corps très-aplati ; les Elaphres, qui ont une tète petite avec de très-gros yeux, les antennes un peu épaissies vers le bout, un prothorax globuleux. Ces petits Coléoptères, à la démarche vive et agile, ordinairement d'un vert bronzé avec de gros points enfoncés sur leurs élytres, imitant une véritable ciselure, se trouvent au bord des mares et des étangs, souvent entre les herbes et les roseaux . L'Elaphre des rivages (Elaphrus riparius), qui est très-commun, a sur ses élytres verdàtres et brillantes quatre séries de taches d'un rouge violacé. Les Omophrons, avec un corps presque hémisphérique , rappellent beaucoup l'aspect de certains Dyticides. Le type du genre, l'Omophron bordé (Omophron limbatum), long de 7 à 8 millimètres, de couleur fauve avec trois bandes sinueuses vertes sur les élytres et une tache sur la tête et le prothorax de la même nuance, se trouve au bord des rivières. Sa larve, observée par Desmarest, a une tête énorme et le corps très-atténué en arrière.

Le groupe des Bembidionites, composé essentiellement du genre Bembidion, est caractérisé par les palpes dont le dernier article est petit et pointu. Charmants petits Coléoptères d'une taille excédant rarement 4 ou 5 millimètres, lisses, brillants, ponctués, parés de couleurs variées et souvent très-vives, ils se plaisent dans les endroits humides, et particulièrement sur les rives vaseuses des mares et des étangs. En 1852, un auteur,

Jacquelin-Duval, eu énuméra cenl vingt-cinq espèces recueillies seulement en Europe.

D'autres, tout aussi petits que les Bembidionites (Tréchites),

ayant le corps plat, le dernier article des palpes de la même longueur que le précédent, sont vraiment curieux par leur genre de vie. Il y a les Anophthalmes, Insectes étiolés, presque transparents, qui, vivant dans les cavernes, sont aveugles, leur nom l'indique; tandis que des espèces du genre résidant dans les parties des grottes où pénètre un peu de lumière possèdent des yeux imparfaits : M. Grenier a fait cette intéressante observation. 11 y a les Blemus et les .Epus ; les premiers sans armature aux tarses, les seconds avec une épine recourbée sous l' avant-dernier article. Le type du genre Blemus (Blemus areolatus), observé par Victor Audouin sur la côte de File de Noirmoutier, passe la plus grande partie de son existence sous l'eau à une grande profondeur; on ne le trouve que lors des grandes marées, lorsque la mer se retire au loin. 11 se tient sous des pierres, dans des anfractuosités, où une certaine quantité d'air demeure emprisonnée, et comme notre Insecte porte des poils rares, mais très-longs, il est probable qu'il retient aisément autour de son corps de petites bulles d'air suffisantes pour les besoins de sa respiration. Les /Epus vivent dans les mêmes conditions (JEpus fulvescens, etc.). La larve d'uue espèce de ce genre, observée par Coquerel, a une grosse tète comme les larves d'Omopbrons [JEpus Robinii).

Les Panagéites sont des Carabides dont la tête est petite, les palpes élargis à l'extrémité, les jambes éebancrées vers le milieu, pour fouiller le sol, les mandibules dentées. Le type du genre Panagée (Panagœus crux-major) est un joli petit Coléoptère, noir velu, ayant les élytres ornées d'une bordure et de deux bandes transversales d'un rouge ferrugineux très-vif. Cet Insecte s'enfonce habituellement dans la terre au pied des arbres.

On distingue les Chléniites, qui sont étroitement liés aux précédents, à leurs mandibules acérées. Les Chlénies, d'une taille

moyenne, très-généralement d'une couleur verte et revêtus d'une fine pubescence, sont répandus dans presque toutes les parties du monde. Le Chlénie velouté (Chlœnius velulinus), long d'une quinzaine de millimètres, d'un voit vif, avec une bordure jaune autour des élytres, se trouve parfois en bandes nombreuses sur les bords des rivières, ce qui est du reste le séjour habituel de la plupart des espèces du genre.

Une immense suite d'espèces de la famille des Carabides constitue le groupe des Féroniites, le grand genre Féronie, où les articles des tarses, assez élargis, affectent une forme triangulaire. Insectes noirs ou bronzés, les espèces se ressemblent d'une façon désespérante pour les classificateurs. Ces Insectes errent dans les champs, dans les endroits arides, rocailleux, et se réfugient sous les pierres. L'une des Féronies que l'on rencontre le plus souvent sur les chemins est la Féronie cuivrée (Feronia cuprea, genre Pœcilus de divers auteurs), qui est, en effet, d'un ver! cuivreux. A ce groupe des Féroniites se rattachent les Amares, qui se reconnaissent à leur corps court et assez large, à peu près ovalaire. Ceux-ci grimpent souvent après les Graminées, et l'on a constaté que parfois ils rongeaient les épis. Ce qui mérite d'être remarqué, c'est la forme des articles de leurs tarses, leur permettant de monter sur les végétaux. Les Zabres, beaucoup plus gros que les Amares, au corps oblong, massif, voûté, grimpent avec la même facilité, et l'on croit que l'espèce la plus commune, le Zabre bossu (Zabrus gibbus), Insecte d'un noir brun, dévore les jeunes pousses de blé.

Les Harpalites, comme les Féroniites, sont des Insectes de taille moyenne, bronzés ou noirâtres, difficiles à distinguer les uns des autres, dont les habitudes ne présentent aucun intérêt particulier. Il est une espèce de Harpale, le Harpale bronzé (Harpalusœneus) que l'on rencontre à chaque pas, courant à terre sur les chemins et dans les champs. Malgré son abondance dans toute l'Europe tempérée, il n'a pas encore été' étudié dans ses métamorphoses.

Les Scarites (groupe des Scaritites), qui atteignent souvent une forte taille, se font remarquer par leurs jambes antérieures élargies et comme palmées en dehors; particularité qui donne l'idée de mœurs dont les autres Carabides ne nous ont pas offert d'exemples. En effet, les Scarites, Insectes nocturnes du midi de l'Europe et des régions chaudes des autres parties du monde, ordinairement de couleur noire, habitent le bord des rivières et plus encore les rivages de la mer. Pour se cacher, ils creusent le sable à l'aide de leurs jambes antérieures parfaitement appropriées à cet usage. En Provence, on rencontre sur les bords de la Méditerranée le Scarite géant (Scarites gigas), qui n'a pas moins de 4 centimètres de long. Chez cet Insecte, une tète forte, des mandibules longues, acérées, annoncent le carnassier au plus haut degré. Sous les climats froids ou tempérés de l'Europe, les Scaritites sont représentés par de très-petites espèces, dont les mandibules sont peu saillantes et les jambes antérieures pourvues de trois digitations. Ce sont les Clivines, qui ont aussi l'habitude de fouir dans le sable (Clivina arenaria).

Il nous faut citer certains Carabides particuliers aux contrées brûlantes de l'Afrique et de l'Asie, à cause de leurs formes remarquablement caractérisées, les Graphiptérites, chez lesquels le prothorax est cordiforme et les élytres tronquées au bout.

Les Graphiptères, de taille médiocre, sont larges et aplatis ; mais les Anfhi.es, de beaucoup plus belles proportions, avec leur corps oblong, convexe, leurs longues pattes, leurs fortes mandibules, Coléoptères noirs, souvent parés de lignes ou de taches formées par un duvet blanc, sont admirablement organisés pour la course et d'un port magnifique.

Les Brachinites, qui s'en rapprochent par leur conformation générale, n'ont pas cette fière allure. Plusieurs espèces de Brachines sont communes dans notre pays. Ces Insectes, qui se tiennent habituellement sous les pierres en troupes plus ou moins nombreuses, ont un moyen de défense vraiment singulier, qui

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leur est propre. Sont-ils inquiétés, ils lancent par l'extrémité de leur corps, avec détonation, une vapeur qui les enveloppe comme d'un nuage ou plutôt d'une fumée. Rien de plus curieux, lorsque soulevant une pierre, on met à découvert une troupe de Brachines ; tous les individus, se hâtant de se dérober, commencent par lancer leur décharge : on dirait une suite de coups de feu. Ces Carabides ont dans leur abdomen une glande rameuse dont les branches aboutissent à un conduit commun. La glande est le siège de la sécrétion d'une liqueur extrêmement volatile. L'Insecte se mettant en défense, projette le liquide par la contraction de ses muscles abdominaux, et à peine au contact de l'air, le liquide se volatilise en produisant une explosion énergique. Le nom vulgaire de Canonniers, aux Brachines, leur convient parfaitement. Beaucoup de noms spécifiques donnés à ces Insectes font allusion à leur étrange faculté. Nous avons le Brachine crépitant (Brachinus crépitons), le Brachine bombardier (B. bombarda), le Brachine à explosions (B. explodens), le Brachine pétard (B. se (ope ta), etc., etc.

Nous avons encore une foule de petits Carabides dont les moeurs n'offrent aucun intérêt spécial : les Dromies au corps aplati, comme les Lébies, aux élytres larges, les Dryptes au prothorax étroit, les Odacanth.es au corps grêle, délicat, types de groupes représentés par de nombreuses espèces.

Les Cicindélines constituent un ensemble infiniment moins considérable que les Carabines. Par les formes, ce sont les plus élégants des Coléoptères, et les nuauces variées de la plupart des espèces les rendent tout à fait charmants ; aussi ont-ils bien des fois excité un vif intérêt chez les naturalistes. Ces Insectes ont de grandes mâchoires, de longs palpes, des mandibules dentelées et acérées, instruments de carnage des mieux construits; ils ont des pattes longues et d'une extrême ténuité. Les Cicindèles ont été nommées par Linné les Tigres des Insectes : Tigrides In sec forum.

Au printemps, sur des chemins sablonneux, les jours où brille un beau soleil, c'est merveille de voir s'agiter la Cicindèle champêtre (Cicindela campestris). La vie ne semble se manifester mille part avec autant d'énergie. Les Cicindèles ravissent l'observateur, leurs mouvements d'une incroyable agilité éblouissent ses yeux. 11 faut considérer de près le gracieux Coléoptère qui abonde presque partout, dans les campagnes de l'Europe . dans les champs de l'Afrique et de l'Asie Mineure. L'animal, d'un beau vert île mer, a sur la tète, sur le corselet, sur les bords des élytres, des teintes cuivrées qui au soleil semblent des marques de feu.

Les Cicindèles sont bien intéressantes dans leur état de larves. Elles ont des particularités de structure, des habitudes, des ruses qu'on n'observe pas ailleurs. Dans les lieux mêmes où vivent les adultes vivent les larves. Les adultes possèdent réunis tous les avantages des animaux de proie. Puissamment armés, ils n'ont guère à craindre la résistance des Insectes destinés à être leurs victimes; couverts d'une enveloppe solide, ils n'ont point à redouter les blessures ; doués d'une merveilleuse agilité , ils échappent aisément à l'ennemi trop puissant pour lui résister. Larves, les Cicindèles ont toute la voracité de leurs parents : avec leurs téguments minces, elles pourraient facilement être déchirées ; avec un corps allongé et des pattes courtes, elles ne sauraient fuir avec rapidité ; néanmoins ces êtres imparfaits savent atteindre leur proie sans s'exposer à de graves dangers. Ils ont des pattes courtes, épaisses, épineuses, qui leur permettent de creuser le sol, une tête aplatie avec laquelle ils rejettent au loin la terre détachée ; munis de ces instruments, ils se construisent un tuyau vertical qui se courbe à une certaine profondeur et devient une galerie horizontale. La larve de la Cicindèle porte à chacun des anneaux de son corps une plaque de ((insistance coriace et au cinquième anneau de l'abdomen, plus renflé que les autres, deux mamelons charnus pourvus d'un crochet

courbé en avant. L'Insecte monte dans son trou avec une extrême facilité; par un mouvement de contraction, il appuie la partie renflée de son corps contre la paroi, et se fixe solidement à l'aide de ses crochets. Le voilà blotti comme un ramoneur dans une

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