‹ Métamorphoses mours et instincts des insectesChapitre 47 sur 61 · MÉTAMORPHOSES DE LA COCCINELLE A SEPT POINTS · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DE LA COCCINELLE A SEPT POINTS

( Coccinella septempunctala).

arrondi, à leurs antennes courtes et épaisses, à leurs palpes terminés en hachette, et surtout à leurs tarses invariablement composés de trois articles.

Les formes typiques sont peu nombreuses parmi les Orthoptères; nous n'en trouverons pas plus de sept, la plupart au moins, un peu connues de tout le monde, les Perce-oreilles, les Grillons, les Sauterelles, les Criquets, par exemple.

Un haut intérêt s'attache à la comparaison des Orthoptères avec les Coléoptères. Sous le rapport de la conformation, les ressemblances sont grandes; sous le rapport de la marche du développement, la différence, au premier abord, paraît énorme. Les Orthoptères sont des Insectes masticateurs ou broyeurs comme les Coléoptères. Leurs pièces buccales, libres, puissantes, n'offrent guère de différences plus considérables que celles que l'on trouve entre des types de familles appartenant au même ordre. Les organes du vol distinguent les Orthoptères de tous les autres Insectes. Les ailes antérieures, d'une texture et d'une forme générale différente des ailes postérieures, sont de consistance

semi-coriace, et, à une seule exception près, elles croisent l'une sur l'autre pendant le repos. Les ailes postérieures sont extrêmement caractéristiques ; membraneuses, très-veinées, avec leurs grandes nervures semblables à des baguettes droites, elles se plient dans le sens longitudinal, exactement à la manière d'un éventail : de là le nom d'Orthoptères (opOoç, droit; nxEpv., ailes).

Si l'on ne trouve outre les Orthoptères et les Coléoptères adultes que des différences médiocres, entre ces mêmes Insectes considérés dans la première période de leur existence, la dissemblance paraît prodigieuse., Au sortir de l'œuf, le Perce-oreille, le Grillon, la Sauterelle, ont la forme, l'apparence, presque tous les caractères et absolument le genre de vie des adultes. Tandis que le Lépidoptère, l'IIyménoptère, le Coléoptère, naissent dans un état embryonnaire peu avancé, et prennent tout leur accroissement sous cette première forme, l'Ortboptère naît dans une condition voisine de l'adulte, et ne subit que des changements peu considérables pour devenir tout à fait adidte. Ces changements consistent dans le développement des organes du vol et des organes de la reproduction. Les changements peuvent même se réduire à l'apparition de ces derniers organes et à l'augmentation de la taille. 11 est nombre d'Orthoptères qui éprouvent un arrêt de développement. Ceux-ci n'ont jamais d'organes de vol ; ils arrivent à l'état adulte sans avoir acquis le perfectionnement organique des espèces du même groupe. Il n'y a dans cette assertion aucune vue théorique, c'est l'énoncé d'un fait dont la démonstration est fort simple.

L'Orthoptère le mieux constitué, à chaque période d'accroissement, a subi une mue ou changement de peau. Trois mues successives ont eu lieu, et l'animal a conservé les caractères qu'il offrait au moment de sa naissance ; une quatrième mue s'est effectuée, et l'Insecte s'est montré avec des rudiments d'ailes emmaillottés ; est survenue une cinquième mue. et il s'est trouvé

avoir de grandes ailes parfaitement développées. L'Orthoptère qui ne prend jamais d'organes de vol ne subit que les trois premières mues; l'Orthoptère qui acquiert des rudiments d'ailes ni' dépasse pas la quatrième mue. Sans croire le nombre des mues identique chez les espèces les mieux douées, ces arrêts de développement à des degrés divers peuvent être mis au nombre des faits les mieux établis.

Les Orthoptères n'ont dans le cours de leur existence aucune période d'inactivité; on les nomme des Insectes à métamorphoses incomplètes, car, dans l'usage, on appelle larves les individus qui n'ont encore aucun vestige d'ailes, et nymphes ceux qui en ont des rudiments. Les nymphes ont la même vie que les larves et les adultes.

Les espèces d'Orthoptères, disséminées à la surface entière du globe, sont surtout abondantes dans les régions chaudes du monde où la végétation étale toutes ses richesses. Rien n'est plus concevable, car les Orthoptères berbivores, et ce sont les plus nombreux , consomment de grandes quantités de nourriture. Les Orthoptères sont souvent de beaux Insectes parés de vives et fraîches couleurs plus ou moins agréablement nuancées; mais, à cet égard, il existe une telle diversité suivant les types, qu'il faut se garder de trop généraliser.

Les Orthoptères sont unis entre eux par les affinités naturelles les plus évidentes, néanmoins l'ordre dans sou ensemble n'a pas tout à fait le caractère d'homogénéité que présente, soit l'ordre des Lépidoptères, soit l'ordre des Coléoptères. Un type en particulier, celui des Perce-oreilles, se sépare en une certaine mesure des autres types. 11 est devenu pour quelques naturalistes un ordre à part; mais, par suite d'une plus juste appréciation des rapports zoologiques de ces êtres, on divise les Orthoptères en deux sections : celle des Euplexoptères, comprenant la famille îles Forficulides seule; celle des Dermaptères, comprenant tous les autres représentants de l'ordre, ou les familles des Blattides,

des Mantilles, dos Phasmides,des Gryllides, dos Locustides et des Acridides.

Les Forficulides, que tout le monde en France désigne par l'épithète do Perce-oreilles et dans les autres pays par dos appellations équivalentes, offrent certaines particularités de conformation tout à fait frappantes. La présence à l'extrémité de leur corps d'appendices courbés on manière de crochets et formant la pince, donne à ces Insectes une apparence étrange. Les Perce-oreilles, du reste, se voyant inquiétés, redressent leur abdomen et semblent menacer de cette arme peu redoutable. Une singulière croyance, sans doute bien vieille, mais encore aujourd'hui persistante parmi les personnes médiocrement éclairées, a rendu ces Orthoptères un sujet d'effroi. Avec l'audace do l'ignorance, on a affirmé qu'ils pénétraient dans les oreilles dos personnes endormies, et qu'à l'aide de leur instrument, ils parvenaient à s'introduire dans la tète, et le nom de Perceoreille a été imaginé. S'il faut en croire certaine version, le nom serait venu d'une ressemblance de l'instrument des Forficulides avec la pince des joailliers autrefois en usage pour percer les oreilles auxquelles on voulait attacher des pendants, et le nom donné, son application aurait bientôt couru à l'erreur. En réalité, les Perce-oreilles ne sont dangereux que pour les plantes du potager ou du jardin.

Les organes du vol méritent considération chez les Forficulides. Les ailes antérieures, véritables petites élytres, sont courtes comme celles des Coléoptères de la famille des Staphylinides, et elles ne se croisent point comme celles des autres Orthoptères. Les ailes postérieures, amples, charmantes à voir étendues, après s'être ployées en éventail, se plient ensuite dans le sens transversal, afin de se loger sous les élytres pendant le repos : de là ce nom d'Euplexoptères, qui signifie des ailes bien ployées.

La famille des Forficulides se compose du genre Forficule, que des autours ont subdivisé, on se fondant sur dos caractères de la

plus i'aihle importance, ici sans intérêt. Nous avons en Europe plusieurs espèces de Forficules, et l'une d'elles est connue de tout le monde. Les Perce-oreilles sont nocturnes; si on ne les

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