‹ Métamorphoses mours et instincts des insectesChapitre 54 sur 61 · I. APHBOPHORE ECCMANTE · texte numérisé non relu

I. APHBOPHORE ECCMANTE

O [Aphrophora spumaria).

yeux et le prothorax étendu sur une grande partie ou sur la totalité du corps (Membracines), une taille toujours très-médiocre, affectent les formes les plus bizarres. Ils portent de sin-

ea4 LES METAMORPHOSES DES INSECTES.

gulières dilatations du prothorax, des arêtes, des vessies, des pointes, des tiges terminées par des globules. L'Amérique du Sud est la patrie de la plupart de ces curieux Insectes.

Il est des Fulgorides qui, avec les antennes insérées comme chez les précédents, ont un prothorax de forme ordinaire : les Cercopines, ou de leur nom vulgaire, les Cicadelles. Beaucoup de ces Insectes, ayant les pattes un peu renflées, sautent avec une extrême facilité. Un des mieux parés est le Cercope ensanglante^Cerco/n's sanguinolenta), noir avec trois taches d'un rouge carmin sur les élytres. Une espèce d'un genre voisin, l'Aphrophore écumanie^Âphrophora spumaria), plus petite et toute grise, a dans son premier âge un singulier moyen de se dissimuler. Au bord des rivières et des canaux, vous apercevez souvent sur les feuilles des Saides, des Osiers, de petits amas d'une sorte de mousse ou plutôt de salive; cherchez dans cette matière, et vous y trouverez une larve ou une nymphe d'Aphrophore : l'Insecte a la faculté de produire une abondance de salive pour un but qu'on n'aurait pas soupçonné sans l'observation.

Les Aphidides, ou les Pucerons, ont toujours les ailes plus milices, plus diaphanes que celles des plus petites Cicadelles; seulement deux articles aux tarses, des antennes longues formées de sept articles. En outre, les Pucerons ont une petite tète et point d'ocelles comme les Fulgorides; ils portent à l'extrémité de leur abdomen deux appendices, ou plutôt deux tuyaux en communication l'un et l'autre avec une glande versant la liqueur sucrée dont les Fourmis se montrent si friandes, liqueur qui, d'après quelques observateurs, serait recherchée des Pucerons nouveau-nés. Il y aurait ainsi une sorte d'allaitement chez ces petits êtres ; mais le fait aurait besoin d'être étudié de nouveau. Les mâles des Pucerons portent toujours de grandes ailes ; les femelles en sont privées la plupart du temps.

Les Pucerons offrent dans leur mode de propagation un phénomène qui longtemps parut isolé. Iléaumur, de la Mire, etc.,

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avaient vu des femelles absolument séparées d'individus mâles qui mettaient au monde des petits vivants. De leur observation, ils avaient conclu cpie ces Insectes étaient hermaphrodites, opinion abandonnée après les expériences de Charles Bonnet, reprise néanmoins depuis peu par un habile micrographe, M. Balbiani. A l'automne, il est ordinaire de voir sur les plantes des Pucerons

PUCERON LU ROSIER, BALE-ET FEMELLE lAphis Dosa:).

des deux sexes. A cette époque, les femelles pondent et fixent leurs œufs sur les tiges. Au printemps, les jeunes éclosent, tous sont des femelles; dans l'espace de dix à douze jours, ces femelles ont pris tout leur accroissement, elles commencent à mettre au monde des petits vivants. Chacune produit en moyenne quatrevingt-dix Pucerons, à raison de trois, quatre, cinq, six ou sept par jour. Tous ces jeunes sont encore des femelles, qui deviennent habiles à la reproduction aussi rapidement que leur mère. Neuf, dix ou onze générations de Pucerons femelles se succèdent ainsi pendant le cours de la belle saison ; mais, lorsque s'abaisse la température automnale, se trouvent des mâles et des femelles, femelles ovipares. Pour s'assurer de la faculté que possèdent les Pucerons vivipares de produire sans l'intervention d'aucun mâle, Bonnet

avait séquestré déjeunes individus dès leur naissance; ses expériences ont été poursuivies avec toutes les précautions imaginables, et cent fois répétées par divers naturalistes. On a vu avec quelle rapidité les Pucerons devenaient adultes, combien est grande la fécondité de ces Insectes. Un auteur a aisément calculé qu'un Puceron était la souche annuelle d'un quintilliou d'individus. Il est donc aisé de comprendre l'extrême multiplication de ces Hémiptères sur une foule de plantes, où ils n'avaient pas d'abord été remarqués. Tout récemment, MM. Balbiani et Signoret ont reconnu que certains Pucerons différant un peu dans leurs formes de ceux de leur type étaient des individus stériles. Par suite de quelle influence ces individus demeurent-ils stériles? Ou n'a pas réussi à le savoir mieux pour les Pucerons que pour les Truites, qui offrent des exemples analogues. Les Pucerons (Àphis) demeurent en groupes sur les tiges ou les feuilles qu'ils affectionnent, amenant par leur succion le dépérissement du végétal. Il y a cependant à l'automne, lorsque les individus sont ailés, des émigrations.

Quelques espèces de la famille des Aphides, telles que le Puceron lanigère (genre Lachnus), qui est très-préjudiciable aux Pommiers, exsudent par tous les points de leur corps une matière cireuse qui les protège et tombe en llocons blancs d'aspect cotonneux. Certains Aphides, comme le Puceron à bourse (Aphis bursarius), vivent par groupes, enfermés dans des galles qu'ils déterminent sur divers végétaux.

La famille des Coccides, étroitement liée à la précédente par ses affinités naturelles, est aussi des plus intéressantes. Tous ses représentants se distinguent aisément des Aphides : leurs tarses n'ont qu'un seul article ; les mâles seuls possèdent des ailes, et ils n'en ont qu'une seule paire. Une dégradation organique très-remarquable existe chez ces Hémiptères, suxiout chez les femelles. Ces Insectes sont très-nuisibles à la végétation, mais plusieurs d'entre eux nous fournissent des matières précieuses

pour l'industrie, de magnifiques matières tinctoriales, des cires susceptibles d'être employées à divers usages.

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