‹ Métamorphoses mours et instincts des insectesChapitre 7 sur 61 · C-3M\Gu/l · texte numérisé non relu

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APPAREIL DIGESTIF DUS INSECTE HERBIVORE APPAREIL DIGESTIF D UN INSECTE CARNASSIER

la Sauterelle verte (Locusta viridissima). le Dytique bordé (Dytiscus marginalis).

i, l'œsophage. — f>, le jabot. — c, le gésier. — il, l'estomac. — e, l'intestin grêle. — f, le gros intestin ou rerlum.

,,,s LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES,

assez considérable chez les espèces qui se nourrissent de matières solides. Souvent un élargissement très-notable se manifeste à la partie postérieure de l'œsophage. Le nom de jabot, emprunté à l'anatomie des Oiseaux, désigne cette portion élargie. Le jabot permet à l'animal d'accumuler, de tenir en réserve une forte quantité d'aliments. Nous le trouvons dans des Insectes herbivores, dans de grands mangeurs, comme les Criquets, 1rs Sauterelles, etc., et surtout dans les Insectes qui font provision de nourriture pour leurs larves. Ces derniers possèdent la faculté de dégorger. De la sorte, l'Abeille dépose dans ses cellules le miel qu'elle a puisé au fond des fleurs. 11 y a des espèces chez lesquelles le jabot devient excentrique et se développe de côté, de manière à former une poche ou une panse latérale. Dans quelques groupes, le jabot s'isole entièrement du canal œsophagien, et devient un sac appendiculaire : c'est le cas pour les Lépidoptères. Parfois, comme chez une foule de Diptères, ce sac est pourvu d'un long col grêle, s' ouvrant dans l'œsophage plus ou moins près de la bouche. Ce jabot appendiculaire parait jouer un rôle dans l'acte de la succion •, cependant le mécanisme de cette pompe aspirante ne nous est pas encore très-bien connu.

Le plus ordinairement, à l'œsophage succède l'estomac ; mais, chez beaucoup d'Insectes, il existe au devant de l'estomac une poche à parois musculeuses, épaisses et résistantes, séparée de l'œsophage par un étranglement ou un bourrelet. C'est un premier estomac, un estomac de trituration analogue au gésier des Oiseaux, dont on lui donne le nom. Le gésier, garni à l'intérieur de colonnes charnues ou de pièces dures, a pour usage de faire subir aux aliments une nouvelle trituration avant leur passage dans l'estomac. L'existence du gésier n'était nécessaire que chez les espèces carnassières ou herbivores, qui avalent des substances très-solides. Cette poche fait défaut chez les espèces dont les aliments ne réclament aucune trituration énergique.

L'estomac, en rapport direct tantôt avec l'œsophage, tantôt

avec le gésier, varie dans les plus larges limites. Parfois, comme dans la Sauterelle, c'est un vaste sac un peu cordiforme, terminé en forme de conduit tubuleux, à parois épaisses, présentant une surface extérieure lisse. Plus souvent c'est une partie du tube digestif, allongée, intestiniforme, tantôt lisse à sa surface, tantôt couverte d'une multitude de petites glandes, comme dans le Dytique et beaucoup d'autres Insectes carnassiers. Là s'effectue l'acte principal de la digestion. Les aliments, déjà fort divisés, que reçoit l'estomac, y subissent l'action du suc gastrique. Ce liquide, toujours acide, au moins dans l'état de digestion, possède les mêmes propriétés essentielles que chez les Vertébrés. 11 réduit en pulpe, en chyme, les substances ingérées. Le suc gastrique est versé dans l'estomac en plus ou moins grande abondance, selon le régime des espèces. Les glandes qui le sécrètent sont trùs-développées dans la plupart des Insectes qui vivent de matières animales, les Carabes, les Dytiques, les Bousiers. Les glandes qui couvrent la surface de l'estomac de ces animaux, sous l'apparence de villosités ou de petits cils allongés, affectant la forme de doigts de gant, ont des parois celluleuses remplies d'utricules. Les glandes stomacales d'une foule d'Insectes ne se montrent pas à l'extérieur; on les trouve logées dans l'épaisseur des parois de l'estomac, sous la couche musculeuse. C'est ce que l'on voit chez les Insectes herbivores, qui consomment de grandes quantités de nourriture, et dont les parois de l'estomac sont fort épaisses. De même que dans l'Homme et les Animaux supérieurs , la sécrétion du suc gastrique est provoquée par l'état de plénitude et d'excitation de l'estomac. Dans cette condition, les glandules versent leur produit en abondance, et ce produit possède alors ses propriétés digestives au plus haut degré. Dans l'état de vacuité de l'estomac, le suc gastrique, très-peu abondant, perd son acidité, et parfois même devient alcalin. Le phénomène est analogue à celui qui est observé chez les Vertébrés.

L'intestin succède àl'estomac; son origine est indiqué, à l'extérieur par un étranglement et par l'insertion des canaux urinobiliaires ; à l'intérieur par un repli, une sorte de pylore, arrêtant le passage des aliments, tant qu'ils ne sont pas suffisamment digérés. L'intestin varie à l'infini sous le rapport de la longueur : tantôt il est absolument droit, tantôt il décrit quelques sinuosités, tantôt encore il est plusieurs fois replié sur lui-même. Souvent il a été affirmé que l'intestin offrait, selon le régime, des modifications analogues à celles que l'on observe parmi les Mammifères. Des exemples ont été signalés, où il est court cbez les espèces carnassières, et très-long au contraire cbez les espèces herbivores. En effet, dans la Cicindèle, le Carabe, etc., les plus carnassiers des Coléoptères, l'intestin est à peu près droit; dans le Hanneton, animal essentiellement phytophage, l'intestin forme de nombreux replis, tant sa longueur est considérable relativement à celle du corps. 11 n'en fallait pas davantage pour concevoir la tentation de généraliser. Pourtant ici la généralisation était malheureuse. Le Dytique est un animal féroce, exclusivement carnassier ; son intestin, quatre fois replié, comme le montre notre figure, a une assez grande longueur. La Sauterelle est un animal herbivore, et son intestin, décrivant à peine quelques ondulations, a peu de longueur. En réalité, la dimension de l'intestin ne permet pas de préjuger le régime d'un Insecte. C'est ailleurs qu'il faudra rechercher le but de la nature , dans ce genre de modification d'une partie de l'appareil digestif, car, actuellement, ce but n'est pas encore découvert.

Parfois l'intestin conserve à peu près le même diamètre depuis son origine jusqu'à l'orifice anal ; mais, le plus souvent , sa partie postérieure est marquée par un renflement très-prononcé. On distingue alors l'intestin grêle et le gros intestin ou rectum. Dans beaucoup d'Insectes, le rectum porte des boutons charnus dont l'usage ne nous est pas connu. Cette partie du tube digestif devient quelquefois une poche latérale. Chez le Dytique, cette

poche rejetée sur le côté affecte une forme étrange, celle d'une sorte de bonnet.

Les glandes accompagnant le canal alimentaire sont les glandes salivaires et les vaisseaux urino-biliaires.

Les glandes salivaires, placées de chaque côté de l'œsophage, sont des tubes contournés, des poches à parois celluleuses, des grappes d'utricules. Très-ordinairement il y a deux ou trois paires de glandes, et ces glandes en général sont au moins de deux sortes. Dans la Sauterelle, par exemple , où les glandes salivaires sont fort développées, elles consistent en une paire de grappes utriculaires et en une paire de poches ou de sacs de forme allongée. Dans l'opinion de quelques anatomistes, les premières seraient les véritables organes sécréteurs, les secondes les réservoirs ; mais c'est là une erreur. Les unes et les autres ont également des parois celluleuses contenant des utricules qui donnent un produit spécial. Un mélange des liquides provenant des deux sortes de glandes s'effectue dans le canal commun qui conduit la salive à la bouche ou dans la bouche elle-même. L'existence d'au moins deux sortes de glandes salivaires chez un grand nombre d'Insectes est certaine. C'est une complexité qui n'est pas sans analogie avec ce que l'on voit dans les Animaux supérieurs.

La salive est très-franchement alcaline, et tout indique que non-seulement elle sert à faciliter la déglutition en humectant les aliments, mais qu'elle exerce une action chimique comparable à celle de la salive des Vertébrés. Elle a un autre usage chez les Insectes suceurs ; elle agit sur les végétaux et les animaux, de façon à déterminer une excitation propre à amener vers la piqûre une abondance de matière fluide. Ou en verra des exemples remarquables dans le cours de cette histoire. Il est des cas où les glandes salivaires sont détournées davantage encore de leurs fonctions ordinaires. Dans les chenilles et diverses autres larves, elles deviennent les vaisseaux qui fournissent la soie.

Les glandes intestinales sont des tubes aveugles insérés au point d'union de l'estomac et de l'intestin. Ces tubes, toujours assez longs, entortillés sur le canal digestif, quelquefois fortement accolés à une .partie de l'intestin, sont au nombre d'au moins deux paires. C'est le cas pour tous les Coléoptères; mais, chez une foule d'Insectes, les Orthoptères, les Hyménoptères, etc., ils sont en nombre beaucoup plus considérable et très-variable. Framboises sur leurs bords, souvent d'un jaune verdâtre, comme dans la Sauterelle, parfois d'un brun foncé comme dans le Dytique, les tubes urino-biliaires sont particulièrement caractéristiques de l'appareil digestif des Insectes. Ils ont été appelés canaux ou vaisseaux de Malpighi, du nom de l'auteur qui les a signalés le premier, vaisseaux hépatiques, canaux biliaires, canaux urinaires, canaux urino-biliaires, selon l'idée que l'on s'est formée de leur fonction. Leur produit a été le plus ordinairement considéré comme-étant de la bile ; ce devait être alors des corps remplissant les fonctions du foie. D'un autre coté, la présence d'acide urique et même de calculs ayant été constatée dans ces tubes, plusieurs physiologistes estimèrent que ces canaux faisaient l'office des reins. D'autres physiologistes ne pouvant douter que ces organes ne soient en même temps le siège d'une sécrétion spéciale très-analogue à la bile, ont vu probablement avec raison, dans les canaux de Malpighi, des organes chargés du double rôle du foie et des reius. De là le nom de canaux urinobiliaires qu'on paraît aujourd'hui préférer à tout autre et qu'il convient sans doute de leur attribuer.

La graisse se forme en grande masse chez les espèces qui hivernent, et surtout chez les Insectes à l'état de larves qui doivent passer un temps assez prolongé à l'état de nymphes. Dans d'innombrables vésicules retenues par des brides de tissu connectif, . la graisse s'accumule autour du canal digestif, et finit quelquefois par envahir les interstices de tous les organes et même de toutes les fibres musculaires. On voit cette substance, très-abondante

au moment de la métamorphose de la larve, disparaître presque

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