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nom de Porte-bec ou de Rhynchophores souvent appliqué à ces Insectes; mais il n’y a que l'apparence. Ce prolongement de la tête n’est nullement un bec ; à son extrémité il porte un labre, des mandibules, des mâchoires, une lèvre inférieure, libres comme chez les autres Coléoptères, avec cette différence que ces pièces, très-petites, sont difficiles à désarticuler, et que les palpes des mäâchoires et de la lèvre sont en général peu développés. Les Curculionides, qui se font remarquer par la dureté et l'épaisseur de leurs téguments, ont aussi tous les tarses composés de quatre articles, les trois premiers le plus souvent élargis, comme il convient à des Insectes grimpant après des tiges ou marchant sur le feuillage des plantes. À cet égard, cependant, on observe de nombreuses nuances qui coïncident avec les conditions d’existence particulières aux différentes espèces. Les Charançons, Insectes essentiellement phytophages, s’attaquent à tous les végéfaux, mais. c'est à l’état de larves qu'ils sont réellement préjudiciables. Il est peu de plantes, sans doute, qui ne hourrissent plusieurs espèces de Curculionides, et, d'après ce fait, on s’explique la prodigieuse multiplicité de ces Coléoptères dans toutes les parties du monde. Ils atteignent rarement une dimension un peu forte : les uns ont une taille très-moyenne, les autres, et les plus nombreux, une taille tout à fait exiguë.
Ues Coléoptères, qui, à part quatre ou cinq formes nettement caractérisées, se rattachent à un type modifié seulement dans les détails, sembleraient n’avoir qu’un attrait médiocre pour les classificateurs. [ls ont pourtant excité à un haut degré l'intérêt de quelques-uns d’entre eux. Un entomologiste de la Suède, Schœnherr, a consacré vingt-cinq années de sa vie à faire des descriptions des Charançons, sans s'occuper le moins du monde des habitudes ou des métamorphoses de ces Insectes. Son principal ouvrage n'a pas moins de seize volumes. Il est curieux sous un rapport; on y voit l'effet produit par une préoccupation constante sur l'esprit d'un homme qui passe sa vie absorbé
dans un sujet étroit. Rien n'existe plus pour lui en dehors de ce sujet, la notion de l'importance relative des faits s’efface, les moindres détails prennent d'incroyables proportions. Pour Schænherr, évidemment, les Charançons occupaient la première place dans le monde, et dans ce groupe naturel il établissait des divisions qui, pour lui, devenaient des classes, des ordres, etc.
Dans leur premier état, les Curculionides sont des larves presque toujours épaisses, massives, un peu recourbées à la manière des larves des Scarabéides, décolorées, blanches ou jaunâtres, avec des téguments flexibles. Ces Insectes vivent cachés, dans des troncs, dans des tiges, dans des graines. Ils n’ont pas de pattes, ou n’en possèdent que des rudiments, des vestiges, qui, chez une infinité d'espèces, se manifestent sous la forme de tubercules. Leur tête est forte et revètue d’un tégument coriace, leurs antennes très-petites, leurs mandibules puissantes et souvent dentées; à part quelques exceptions, les Yeux manquent.
Dans cette vaste famille, on distingue trois formes principales : les Bruchines, dont le rostre est court et large, dont les antennes ne sont pas coudées ; les Attelabines, qui ont aussi les antennes droites, mais le rostre long et presque cylindrique; les Cureu— lionines, dont le rostre est plus ou moins long et les antennes toujours coudées après le premier article.
Le plus grand genre de la tribu des Bruchines est le genre Bruche. Il.n’est personne qui n'ait vu des Pois secs percés d’un petit trou parfaitement circulaire, qui n’ait remarqué en même temps, sortant de ces graines, un petit Coléoptère long de 3 ou 4 millimètres, noirâtre et marqué de lignes ou de taches blan— ches. C’est l'espèce la plus commune du genre Bruche, le Bruche du Pois (Bruchus Pisi). Lorsque les Pois approchent de leur maturité, ce Charançon pond ses œufs. Chaque larve pénètre dans une graine et la dévore à l’intérieur. Vers le moment de sa métamorphose, elle ronge en un point jusqu’à l'enveloppe extérieure, ne laissant qu'une mince pellicule; l'adulte venant d’éclore n’a
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plus que cette pellicule à briser pour venir à la lumière. Les Fèves, les Lentilles, toutes les Légumineuses ont leur Bruche d'espèce particulière.
Parmi les Attelabines, il faut citer le genre Attelabe, caractérisé par un rostre assez court, élargi à l'extrémité, et des antennes de onze articles, terminées par une massue perfoliée de trois articles. C’est un charmant Insecte que l’Attelabe curculionide (Attelabus curculionoïdes), avec son corselet et ses élytres rouges. Ses habitudes ont été bien observées par M. Goureau. La femelle de l’Attelabe dépose un œuf à l'extrémité d’une feuille de Chêne; puis, entaillant la grosse nervure médiane à de faibles distances, elle plie cette feuille, en forme un rouleau, et assure ainsi à sa larve une retraite.
Les Apodères, distingués des précédents par leurs antennes
EBUREUN LE RHYNCHITE BACCHUS L'APODÈRE DU COUDRIER (Rhynchiles bacchus). (Apoderus Coryli).
de douze articles, et les Rhynchites, reconnaissables à leur rostre long et mince, ont l'instinct d’entailler les pédicules des feuilles ou les extrémités des tiges pour opérer le dépôt de leurs œufs ; leurs larves ne peuvent vivre qu'aux dépens des feuilles flétries. L'Apodère du Coudrier, Insecte d’un beau rouge, avec la tête et
les appendices noirs, roule les feuilles du Noisetier. Le Rhyn-