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des différences notables qui entraînent des différences dans les conditions d'existence. Cependant tous ces Insectes, également carnassiers, ont des mandibules pourvues de pointes acérées et des mâchoires épineuses; ils deviennent nymphes en acquérant des rudiments d'ailes. Lorsque approche le moment de l’éclosion de l’adulte, la nymphe monte sur les herbes ou les plantes; ses téguments se gonflent, la peau se fend sur la ligne dorsale, et le Névroptère ailé s'échappe de cette enveloppe. Mais, fait unique, cet Insecte adulte est revêtu dans toutes ses parties, son Corps, ses ailes, d'une membrane, sorte de tunique dont il doit se dépouiller avant d’être apte à remplir aucune fonction, Les naturalistes donnent le nom de Pseudimago à l'Éphémère encore enveloppée de sa membrane, l’ancien nom d’Imago des anciens auteurs correspondant à celui d’Insecte parfait.
Les Éphémérides d'Europe ont été étudiés avec talent par M. Pictet. Les espèces pour lesquelles a été réservé le nom d'Éphémères ont les ailes pourvues de nombreuses nervures transversales, l'abdomen muni de trois longs filets. La plus répandue dans notre pays, est l'Éphémère commune (Ephemera vulgata), aux ailes tachetées de brun. Sa larve et sa nymphe, comme celles de toutes les espèces voisines, sont longues, cylindriques, avec des mandibules saillantes, des pattes élargies, tranchantes, qui leur servent à fouir la vase. Ces Insectes creusent des galeries, et s’y blottissent pour se mettre à l'abri des dangers. Leurs branchies, qu’elles ramènent habituellement sur le dos, sont étroites, effilées et garnies de cils. Les plus jolies parmi les larves des Éphémérides sont celles des Cloés. Frèles, délicates, presque diaphanes, pourvues de branchies en lamelles, qu’elles agitent sans cesse avec rapidité, ayant des pattes grêles, des appendices abdominaux larges et frangés, servant de rames, ces petites larves, pleines d'élégance, vivent à découvert, nagent avec facilité, atteignent leur proie et échappent à leurs ennemis par la prestesse de leurs mouvements. Adultes, les Cloés ont des ailes peu
veinées, seulement deux filets à l'extrémité de l'abdomen; et, chez les mâles, les yeux partagés de telle sorte que chaque œil paraît surmonté d’un autre œil : ce qui a valu à l'espèce la plus commune, un Insecte au thorax fauve et aux ailes transpa— rentes et incolores, le nom de Cloé bioculée (Cloe bioculata). La grande famille de l’ordre des Névroptères, la famille où les caractères de l’ordre apparaissent au plus haut degré, est celle des Lieeczuupes. Ge sont les Insectes qui, pendant l'été, volent continuellement au bord des rivières et surtout des étangs, et que chacun appelle des Demorselles; un nom que leur ont valu leur forme élancée, leur allure élégante, leurs fraiches couleurs, leurs ailes de gaze. Ces Insectes ont des ailes presque égales en longueur et prodigieusement réticulées, répondant ainsi de la manière la plus complète à la dénomination de Névroptères; ils ont une grosse tête, de grands yeux, des antennes toutes petites, très-semblables à celles des Éphémères, des tarses de trois articles. Les Libellulides, les attrayantes Demotselles, sont exclusivement carnassières et d’une férocité sans égale ; dans leur vol rapide, elles atteignent les Mouches, les Papillons, et les déchirent en un instant. Leur bouche est munie de mandibules à dents acérées, constituant de terribles tenailles; de mâchoires fortes, ayant un seul lobe terminé par des pointes aiguës; d’une lèvre inférieure extrèmement large, avec des palpes courts et épais. Contre de tels armes, la plupart des Insectes ne peuvent opposer qu'une vaine résistance. Ces Névroptères portent des appendices à l'extrémité de leur abdomen, et chez les mâles ces appendices forment une véritable pince. Le mâle à la poursuite d'une femelle la saisit par le cou avec cet instrument, et la traîne ainsi captive jusqu'à ce qu'elle cède à ses désirs. Les femelles fécondées laissent tomber leurs œufs dans l’eau, sans prendre aucune précaution spéciale, Comme les Perles, comme les Éphémères, les Libellulides ont des métamorphoses incomplètes; ces Insectes, les plus aériens à l’état adulte, sont, dans leur état de
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larves où de nymphes, des Insectes aquatiques se traînant dans la vase. Bien curieuses par leur genre de vie et par leur conformation sont les larves et les nymphes des Libellulides. Elles ont le corps plus massif, la tête plus aplatie, les yeux moins grands et plus écartés que les adultes. Non moins carnassières, elles sont lentes dans leur marche, et c’est à peine si elles ont l’instinct de s'embusquer. Malgré tout, elles n’éprouvent aucune difficulté à saisir des Insectes assez agiles; larves et nymphes possèdent dans leur lèvre inférieure le plus singulier instrument. Cette lèvre, extrêmement longue, a des palpes formant une pince; articulée sur le menton, qui est lui-même très-long, elle présente un coude, et pendant le repos se rabat sous le thorax. La larve de la Libellule est presque immobile; une proie passe à une certaine distance devant elle, soudain sa lèvre se détend comme un ressort, et l'animal qui semblait hors de portée est saisi par la pince. Les larves et les nymphes des Libellulides, absolument dépourvues de tout organe analogue à des branchies, ont un mode de respiration unique : elles respirent par l'anus. L'animal écarte les appendices qui terminent son abdomen, et fait entrer à de courts intervalles une masse d’eau assez considérable dans son gros intestin. Sur ce gros intestin se ramifient une multitude de trachées qui s'emparent de l’air dissous dans l’eau. La faculté dont jouissent les larves des Libellulides de faire entrer de l’eau dans leur gros intestin, pour leur respiration, leur procure un avantage. Ces Insectes, marchant avec lenteur, se dérobent en un clin d'œil à l'ennemi qui les menace, en expulsant violemment l’eau contenue dans leur rectum. Cette expulsion les projette en avant avec une vigueur extrème.
Sur le point de subir son dernier changement la nymphe de Libellulides sort de l’eau et s'accroche sur les plantes; sa peau se dessèche, se fend, et se montre l’Insecte ailé.
La famille des Libellulides renferme une multitude d'espèces disséminées par le monde, dont les caractères ont été déjà très
étudiés par MM. Rambur, Burmeister, de Selys-Longchamps, Hagen, etc. On reconnaît trois types principaux dans cette famille, les Libellulines, les Æschnines, les Agrionines.
Chez les Libellules, le corps est assez large et les palpes de la lèvre n’ont que deux articles; les larves ont le corps trèsramassé. Nous en avons une espèce bien commune au bord des eaux pendant l'été, c’est la Libellule déprimée (Zibellula depressa), le mâle ayant le corps bleuâtre en dessus, la femelle toute fauve. Chez les Æschnes, Le corps est robuste et arrondi, les palpes de la lèvre ont trois articles. On y distingue deux types : ceux dont les yeux énormes sont contigus sur la ligne médiane (Æschnites), et ceux dont les yeux sont écartés (Gom-— phites). L’Æschne tachetée (Æschna maculalissima), noire, avec des bandes et des taches jaunes, est l’une de nos belles Libellulides. Sa larve et sa nymphe sont d’un vert sombre nuancé de brun. Chez les Agrions, le corps est grêle, l'abdomen cylindrique comme une baguette, et les palpes de la lèvre de trois articles. On a réservé le nom d’Agrion pour nos plus mignonnes Libellulides, au corps d’un bleu gris de perle (Agrion puella, etc.), et l’on en a distingué, sous le nom de Caloptéryx, les espèces les plus grandes. Tout le monde remarque cette charmante espèce, l’Agrion vierge (Calopteryx wrgo), le mäle d’un bleu métallique, avec une large bande bleu verdâtre sur les ailes, la femelle d’un vert brillant.
À considérer certains représentants de la famille des Myrui- LÉONIDES, on croirait volontiers avoir sous les yeux des Insectes peu différents des Libellules. Il y a, en effet, des rapports assez intimes entre les Myrméléonides et les Libellulides à l'état adulte; néanmoins, dans les conditions d’existence des larves, dans les métamorphoses, les différences sont des plus considérables. Les Myrméléonides vivent à terre dans leurs premiers états; ils subissent des métamorphoses complètes : leurs larves, courtes, élargies, toujours carnassières, ne rappelant en rien les formes des
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