APPAREIL VEMELLE DU DYTIQUE
(Dytiscus marginalis).
a. Les ovaires, — b, Leur calice. — e, Les oviductes., — d. La poche copulatrice, — €, Gaïne de l'oyiducte, f. Glandes anales, — g. Exlrémité du rectum,
dans son passage au devant du col de ce réservoir que l'œuf
| reçoit l'imprégnation.
Des glandes accessoires complètent d'ordinaire l'appareil femelle. Les œufs, on le sait, sortent du corps des femelles
imprégnés d'une matière visqueuse, qui leur fait contracter adhérence entre eux et sur les corps où ils sont déposés. Ce sont des glandes spéciales, s'ouvrant vers l'extrémité de l’oviducte, qui sécrètent cette sorte de vernis. Ces organes simples ou doubles affectent souvent une forme tubuleuse; mais leur configuration rarie à l'infini entre les divers groupes. Il y a même des glandes dont le rôle reste pour nous fort douteux. De ce nombre, on peut citer deux glandes ramifiées comme des arbuscules, qui existent chez beaucoup de Lépidoptères. On a pensé que ces organes étaient le siége de la production d’une liqueur odorante propre à dénoter, pour les mâles, la présence des femelles. Rien encore, cependant, n’est bien démontré à cet égard.
L'appareil mâle se compose de deux organes producteurs de la liqueur fécondante, disposés symétriquement comme les ovaires des femelles. Ces organes sont formés, dans divers types, de plusieurs tubes aveugles groupés d’une manière très-analogue aux gaines ovigères. Souvent ils consistent en un long tube simple, enroulé sur lui-même à la manière d'un peloton de fil. Dans plusieurs familles, notamment chez les Scarabéides, ils sont formés de six, huit ou dix petites capsules, chacune portée sur un pédoncule. Dans la plupart des cas, les organes des mâles ont une enveloppe générale fibreuse.
Les deux canaux déférents représentant les deux oviductes se réunissent comme ces derniers en un canal unique. Vers leur point de jonction, il existe ordinairement des glandes accessoires de forme variable, qui sécrètent une sorte de mucosité : ce sont les glandes mucipares. .
L'organe d’intromission offre toutes les modifications imaginables. En général, il est recouvert de pièces solides de la nature des parties tégumentaires.
Les corpuscules fécondateurs (spermatozoïdes) affectent en général la forme de fils terminés en pointe extrêmement fine ; souvent ils sont repliés en manière de boucle, et parfois on
les trouve attachés par une extrémité à une sorte de ruban.
Les œufs des Insectes varient de la manière la plus remarquable sous le rapport des formes extérieures. Il y en a de parfaitement arrondis, d'ovalaires, d’oblongs; les uns avec leur surface lisse, les autres avec leur surface cannelée. Au moment de l’éclosion, il est des cas où les petites larves déchirent l’enveloppe de leur œuf; cette enveloppe est mince. IL est des cas, au contraire, où la cogulle de l'œuf, dure et épaisse, résisterait aux mandibules de la petite larve. Les œufs présentent alors la plus curieuse conformation. Semblable à un petit barillet, l'œuf a un couvercle qui adhère médiocrement; la jeune larve voulant venir à la lumière presse, et la déhiscence du couvercle s'opère.
Les œufs n'étant imprégnés que pendant leur passage dans l’oviducte, lorsque leur enveloppe solide est parfaitement constituée, il fut longtemps impossible d'expliquer comment s’effectuait la pénétration des corpuscules fécondateurs. Une petite découverte assez récente a fourni l'explication : la coquille de l'œuf présente à l’un de ses pôles un ou plusieurs trous, auxquels on donne le nom de micropyles; ces ouvertures suffisent pour donner accès aux corpuscules. Les micropyles sont trèsdiversement caractérisés et en nombre plus ou moins considérable, suivant les types. D’intéressantes observations ont été faites à ce sujet par M. le professeur Rudolph Leuckart (de Giessen).
Dans les circonstances ordinaires, l'œuf, avant d’être fécondé, ne se compose que de la vésicule germinative et du vitellus. Mais, dans quelques circonstances, le travail embryogénique a lieu sans fécondation. En un mot, il est des femelles qui reproduisent sans l'intermédiaire d'aucun mâle. Divers Lépidoptères en fournissent des exemples accidentels; les Pucerons, les Abeilles, ete., des exemples réguliers. Le nom de parthénogenèse est employé pour désigner cette reproduction par des femelles vierges.
Les Insectes, pour le plus grand nombre, naissent à un | degré de développement encore peu avancé, un état embryonnaire, l’état de larve, suivant l'expression consacrée. De l'instant de leur éclosion jusqu'à la fin de leur croissance, les Insectes, sous leur forme de larves, subissent des mues ou changements de peau, sans éprouver de modifications notables dans leur organisme. Arrivés au terme de leur croissance, ils changent de forme, et ils tombent dans une période d’immobilité, l’état de nymphe ou de chrysalide. C’est en quelque sorte un œuf nouveau, et en même temps c’est un moule dans lequel s'achève le développement de l’animal. En sortant de leur enveloppe de nymphe, les Insectes sont complétement adultes.
Les espèces qui éclosent, n'ayant aucune ressemblance manifeste avec leurs parents, et qui doivent passer par une phase d'immobilité, comme les Lépidoptères, les Coléoptères, les Hyménoptères, sont appelées habituellement : les Insectes à mélamorphoses complètes. |
Il est des types, les Orthoptères (Sauterelles), les Hémiptères (Punaises), ete., dont le développement organique s'effectue presque en entier dans l’œuf. Ceux-ci naissent avec les caractères des adultes. A l'intérieur, les organes de la reproduction ; à l'extérieur, les organes de vol seuls, ne sont pas constitués. Dans cette première condition, on considère l’Insecte comme une larve, mais c’est une larve peu comparable à celle d’un Lépidoptère ou d’un Coléoptère. À une époque, les ailes se montrent sous l'apparence de moignons emmaillottés : on dit alors l'animal à l’état de nymphe, mais cette nymphe est active comme la larve et l'adulte. On nomme les Orthoptères, les Hémiptères, ete., des Insectes à métamorphoses incomplètes. Nous verrons des types qui, sous le rapport des phases de leur développement, sont intermédiaires aux premiers et aux derniers.
Les traits essentiels de l’organisation générale des Insectes nous étant connus, nous devons esquisser l’histoire particulière des représentants de chacune des grandes divisions. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître les lraits caractéristiques des divers types. Nous avons en même temps à examiner chez les espèces les détails de leur conformation qui les obligent à vivre dans des conditions déterminées; nous avons à constater pour quels usages sont construits leurs appendices. Nous avons surtout à suivre ces espèces dans leurs métamorphoses, dans les manifestations de leurs habitudes, de leurs instincts.
Nous commençons cette histoire par celle des Lépidoptères, par la simple raison que les Lépidoptères sont les Insectes dont les métamorphoses ne sont absolument étrangères à personne, IL'est d’ailleurs assez indifférent de commencer par les Coléoptères, les Hyménoptères, les Lépidoptères, puisqu'il n'existe
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pas d’enchaînement régulier entre les divers groupes. Dans les classifications, les types les plus parfaits sous le rapport de leur organisation viennent d'ordinaire les premiers. Les Hyménoptères industrieux occupent ainsi le rang suprême parmi les Insectes; mais les Hyménoptères les plus dégradés sont loin d’être supérieurs à une foule de types appartenant aux autres ordres. Avec le plan que nous avons adopté, les phénomènes les plus simples nous conduiront par une heureuse gradation aux faits les plus complexes.
Les Lépidoptères présentent une physionomie si particulière, que les plus ignorants n'hésitent jamais à reconnaître un Insecte de cet ordre. C’est un Papillon, s’écrie chacun : Papillon de jour, Papillon de nuit. Le doute n’est possible à personne.
Le nom de Lépidoptère, ou le nom plus vulgaire de Papillon, apporte l'idée d’un être aux formes légères et élégantes, aux couleurs vives et variées ou aux teintes délicatement nuancées.
Les ailes, le plus souvent d'une grande ampleur relativement au volume du corps, donnent à la plupart des Lépidoptères les mouvements un peu saccadés qui désignent ces Insectes à l'attention. Les ailes, au nombre de quatre, toujours formées d’une double membrane incolore, parcourues par des nervures diversement disposées suivant les types, sont revêtues d'écailles microscopiques superposées à la manière des tuiles d’un toit.
Les belles couleurs, toujours admirées, que présentent les ailes d’une foule de Papillons, appartiennent aux écailles. Les oppositions de teintes, si violentes qu’elles soient, n’offrent jamais ici aucune découpure, jamais aueun contraste désagréable à l'œil, comme cela se voit ailleurs, si deux couleurs absolument diffé rentes se trouvent rapprochées. Sur l'aile d’un Lépidoptère, une bande rouge, jaune, bleu clair traversant un espace noir, il y a sur les bords des deux parties un enchevêtrement des écailles diversement teintées qui échappe aux yeux, tout en produisant un charmant effet, Combien de peintres gagneraient à
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observer sur les ailes des Lépidoptères comment la nature procède pour obtenir sans dureté les plus vives oppositions de coloris!
PORTION TRÈS-GROSSIE DE L'AILE ANTÉRIEURE DC GRAND PAON-DE-NUIT (Attacus Pavonia-major)
montrant le mode d'implantation des écailles,
À la vue simple, les écailles des Lépidoptères sont de la poussière, la poussière s’attachant aux doigts qui ont effleuré l’aile d'un Papillon; sous le microscope, ce sont des objets d’une ravissante délicatesse, de formes parfaitement déterminées et pleines d'élégance, d’une structure complexe. Variables selon les genres et les espèces, variables aussi selon les différentes parties de l'aile, les écailles peuvent être plus ou moins allongées, plus ou moins élargies en éventail, arrondies au sommet ou découpées de manière à figurer des dents ou des festons aigus. À la base de chaque écaille existe un pédoncule que l’on prendrait pour un manche ou une poignée, lorsque le microscope donne à l’objet une dimension un peu considérable. C’est la partie implantée dans la membrane alaire. La surface des écailles offre ordinairement plusieurs carènes longitudinales, bien parallèles et également espacées. Entre ces carènes, des arêtes transversales très-rapprochées les unes des autres forment un réseau d'une incroyable délicatesse, d’une admirable netteté,
Ces lignes saillantes sont destinées saris doute à faire contracter aux écailles une sorte d'adhérence entre elles.
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