‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 38 sur 174 · FAP VS UNSS PTT NT NT OT ST TT TS · texte numérisé non relu

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belle chenille descend au pied de l’arbrisseau dont elle a rongé le feuillage, et tout aussitôt s'enfonce dans la terre, y établit sa loge, se transforme en chrysalide, et demeure en cet état jusqu'au mois de juin de l’année suivante. C’est à cette époque que se montre le Papillon.

Le Sphinx à cornes de bœuf, comme l'appelle l’entomologiste Geoffroy (S. Convoloul), vit sur les Liserons. Moins commun en France que le précédent, il est d’une taille un peu supérieure, et sa trompe est d’une extrème longueur.

Sous le nom de Deiléphiles (Deilephila), on a distingué des Sphinx dont la trompe n'excède pas la moitié de la longueur du corps et dont l'abdomen a une forme très-conique : ce sont les plus nombreux et les plus beaux entre tous les Sphingides de l'Europe. Les chenilles, pour la plupart, ne le cèdent guère aux Papillons par la variété de leurs couleurs, par la fraicheur de leurs nuances. L'une des espèces les plus répandues dans notre pays est le Sphinx du Tithymale ou de l'Euphorbe (Deilephila Euphorbiæ), qui se montre deux fois chaque année, en juin et en septembre. Sur les Euphorbes, ces plantes élégantes au sue laiteux, que l'on appelle de leur nom vulgaire Réveil-matin, plantes des terrains rocailleux, vivent les chenilles de l'un de nos plus jolis Sphinx. Sur une seule tige de l'Euphorbe il n’est pas rare de voir plusieurs chenilles, surtout quand elles sont encore jeunes. Grosses, elles ont besoin de s'éparpiller davantage, car alors elles consomment beaucoup de nourriture. Ces chenilles sont singulièrement parées. Sur leur corps, ordinairement d’un noir profond, courent dans toute la longueur trois lignes rouges comme le carmin, l’une sur le dos, les autres au-dessus des pattes; des points jaunes très-serrés sont disposés sur les anneaux comme des rangées de perles; puis des taches rondes, tantôt Jaunes, tantôt rouges, tantôt blanches et rouges, se répètent sur deux files le long des flancs.

Par exception, quelques-unes de ces chenilles, avec les mêmes

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lignes, les mêmes taches, les mêmes points, ont un fond vert brillant.

C’est à la fin de juillet qu’elles ont pris tout leur accroissement. S'enfonçant en terre, elles se transforment en chrysalides après s'être constitué une loge. Mais c'est pour un temps bien court. Quelques semaines plus tard, éelôt le Sphinx du Tithymale; nous le verrons voler au crépuscule du matin et du soir, butinant parfois sur les fleurs de l'Euphorbe. C’est un charmant [nsecte aux ailes antérieures d'un gris rose avec trois taches et une bande ondulée d’un vert foncé, aux ailes postérieures d'un rouge rose avec deux bandes noires.

Les chenilles du Sphinx du Tithymale reparaissent une seconde fois sur les Euphorbes; celles-ci descendent en terre vers la fin de septembre ; les chrysalides passent l'hiver.

Presque toujours le voyageur qui, au printemps, parcourt la Calabre, la Sicile, le nord de l'Afrique, s'arrête ravi à l'approche d'un torrent. En certains lieux, le spectacle est magnifique sous un ciel splendide, les montagnes apparaissent éblouissantes; dans un lit rocailleux, raviné, l’eau se précipite avec fracas, et de chaque. côté de la rive s'élèvent en masses touffues les Lauriers-roses tout chargés de fleurs. Le naturaliste promène-t-il ses yeux sur les tiges flexibles du charmant arbrisseau qui remplace dans l'Europe méridionale les Saules et les Osiers de l’Europe centrale, il aperçoit, solidement eramponnées aux tiges qui se courbent sous l'effort du vent et se redressent avec force, de grandes chenilles vertes, ornées de chaque côté d’une belle tache bleue. Ce sont les chenilles du Sphinx du Laurier-rose (Sphinx Neru). suffit de connaître la nature du végétal sur lequel vivent ces superbes Insectes pour être persuadé qu'on doit leur trouver certaines particularités de conformation. La chenille, destinée à vivre sur des tiges dures souvent secouées avec violence par les vents des côtes de la Méditerranée, a nécessairement des pattes membra-— neuses pourvues de griffes puissantes. Il est peu de chenilles, en

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