‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 41 sur 174 · MÉTAMORPHOSES DE L'ATTACUS LUNA · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DE L'ATTACUS LUNA

(Attacus luna).

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des Attacus étrangers à l’Europe, est un très-bel Insecte. Le Papillon a des ailes d’un verttendre, avec une petite tache ocellée vers le centre et une frange blanche ; ses ailes postérieures sont prolongées en forme de queues. La chenille, d’un vert-pomme, avec des tubercules rosés, se trouve habituellement sur le bel arbre de la Floride et de la Caroline que l'on nomme le Liquidambar, mais elle mange aussi volontiers du Saule, du Prunier, du Bouleau, etc. Son cocon est ovalaire et d’une teinte blonde extrèmement pâle.

En songeant à un moyen d'augmenter le bien-être au sein des populations de certaines parties de la France, nous résumions dans les termes suivants les facilités et les avantages que l’on trouverait dans l'introduction de divers Attacus. « Les chenilles de ces Lépidoptères se nourrissent de plantes très-semblables à celles de notre pays, et vivent parfaitement sur les espèces qui croissent en France..…., c’est-à-dire que ces animaux peuvent être élevés dans notre pays sans qu'on soit obligé de leur consacrer aucune culture. Dans le voisinage des bois, on leur trouverait sans frais une nourriture abondante. Les Aubépines qui servent de clôture seraient également utilisées pour la nourriture de ces Bombyx. Les gens les plus pauvres de nos campagnes, auxquels il serait impossible de se procurer des feuilles de Mürier, trouveraient autour d'eux la nourriture de leurs nouveaux Vers à soie, et ils obtiendraient ainsi un produit d’une assez grande valeur. Les femmes, les enfants, toutes les personnes incapables de se livrer à un labeur pénible, suffiraient pour s'occuper un peu chaque jour, pendant quelques semaines seulement, des soins à donner à ces chenilles. »

Ces paroles devaient-elles engager les personnes en situation de favoriser l'introduction en France d’une nouvelle branche d'industrie, à faire quelques efforts dans ce but? Nous aimerions pouvoir l’affirmer, mais la vérité est que l'indifférence demeura complète.

En 1854, se fondait la Société d’acclimatation. Nul, plus que son président, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, ne s'était occupé de l'introduction et de la domestication des Animaux utiles ; nul plus que lui n’était capable pour ces questions de faire naître l'intérêt dans l'esprit des plus indifférents.

L'introduction d’Insectes producteurs de soie fut à l’ordre du jour. On songea de nouveau aux Attacus de l'Amérique, mais l'attention se portait bien davantage vers l'Inde et la Chine. M. E. Tastet, qui avait visité la Chine, y avait appris l'existence, dans la province de Su-Tchuen, de Vers à soie sauvages se nourrissant de feuilles de Chêne ou de Frêne et donnant un beau produit fort utilisé dans le pays. Au siècle dernier, le père d'Incarville en avait parlé, en notant que leurs cocons étaient gros comme des œufs. La Société d’acclimatation s’empressa de se mettre en rapport avec quelques-uns de nos missionnaires pour obtenir les précieux Vers à soie du Chêne sauvage.

D'un autre côté, deux espèces signalées cinquante années auparavant (1804) par un auteur anglais, le docteur Roxburgh, comme domestiquées dans l'Inde de temps immémorial, les Vers à soie Tusseh et Arrindy, étaient mises, d'après les rapports récents, au nombre des animaux dont il fallait tenter la naturalisation en France. La première espèce est celle-là même qui fut rapportée en 1831 par M. Lamare-Picquot (Attacus mylta) ; la seconde, une espèce (Attacus arrindia) que les entomologistes confondaient avec un Bombyx de la Chine, mais qui fut de suite exactement déterminée au Museum d'histoire naturelle. On avait appris du reste que, depuis plusieurs années, on cherchait en Italie à se procurer l’Arrindia de l'Inde qui vit sur le Ricin. MM. Bergonzi et Baruffi faisaient les plus énergiques efforts pour avoir un heureux résultat. Une difficulté inattendue se présentait. Presque tous les Attacus connus dans leurs métamorphoses n’ont qu'une génération par an ; ils demeurent en chrysalides durant huit à neuf mois. Chez l’Arrindia on Attacus du Ricin, au contraire, les générations se

succèdent avec rapidité en toute saison. Envoyait-on des œufs, à l’arrivée les chenilles étaient écloses et trouvées mortes, faute de nourriture. Envoyait-on des cocons, les Papillons naissaient immanquablement pendant le voyage, et lorsqu'on ouvrait leur boîte, on les voyait desséchés et les ailes déchirées pour s'être débattus dans leur prison. Le seul moyen de parer à un semblable inconvénient était de ne faire accomplir aux chrysalides qu'une partie du voyage à la fois. L'île de Malte fut choisie comme station intermédiaire, et avec l’assistance du gouverneur, Sir William Reid, une éducation ayant été faite avec succès dans cette localité, l'introduction du Bombyx du Ricin s’effectua bientôt en Italie, en France et sur quelques autres points de l'Europe. Au Museum, les nouveaux Vers à soie prospérèrent sans difficulté avec les soins intelligents d’un employé de la Ménagerie, M. Vallée, sous la direction de M. Milne Edwards. M. Guérin-Méneville eut de son côté les plus heureux résultats, ainsi que M. Hardy, à Alger. Les éducations du Bombyx du Ricin ne tardèrent pas à se multiplier de tous côtés. L’Insecte était acclimaté ; il pouvait être propagé en Europe sans difficulté, malheureusement il n’était pas toujours facile de lui procurer sa nourriture de prédilection ; on eut recours à d’autres végétaux que les chenilles mangeaient sans trop de peine, mais il y avait là néanmoins une source de graves embarras.

Quelquesannées plus tard, une espèce de la Chine très-voisine du Bombyx du Ricin et depuis fort longtemps connue des entomologistes, le Bombyx de l’Aïlante (Atlacus cynthia), fut introduite en Italie par le P. Annibale Fantoni. En 1858,M. Gucrin-Méneville, mis en possession de cet Insecte par des savants italiens, a réussi à le propager très-rapidement. Depuis longtemps il l'élève sur une grande échelle au bois de Vincennes, et il s’est attaché, dans une suitede notes et de mémoires, à montrer tout le parti qu'on pourrait tirer de son cocon, évidemment préférable à celui du Bombyx du Ricin. Une foule de personnes ont fait des éducations du Bombyx

de l’Ailante. M. Givelet, entre autres, dans un domaine situé à quelques lieues de Paris, à obtenu pendant ces dernières années des quantités si considérables de cocons, qu'on peut concevoir l'espérance d'avoir prochainement un produit assez abondant pour devenir l'objet d'une industrie spéciale!. La facilité avec laquelle se cultive l’Ailante dans d'assez mauvais terrains est de nature sans doute à encourager la propagation du Bombyx qui se nourrit du feuillage de cet arbre.

Le Ver à soie sauvage du Chêne, dont s'était occupée tout d’abord la Société d’acclimatation, était aussi parvenu en France, grâce au concours de quelques-uns de nos missionnaires, et surtout de monseigneur Perny. À Lyon, il était arrivé des cocons en 1853. M. Jordan obtint des Papillons, puis des œufs et des chenilles, mais là se borna le succès. Peu après, M. Guérin- Méneville, se trouvant en possession de cette espèce, la fit connaître (Attacus Pernyi), et réussit à en faire des éducations avec le Chêne de notre pays. Il obtint également l'espèce du Japon (Altacus yama-maï), qui n'avait pas encore été observée. Ces deux Bombyx, très-voisins du Bombyx tusseh (Atlacus mylitla), ont de volumineux cocons formés d’une soie offrant de remarquables qualités comme matière textile. Le Yama-maï semble du reste mériter la préférence sur son congénère. Aussi, depuis quelques années, plusieurs personnes font de grands efforts pour le multiplier. Elles ont eu plus ou moins de succès dans leur entre prise, mais nous n’oserions faire de citations particulières à ce sujet, n'ayant pas la possibilité de tout énumérer ?.

On a parlé souvent des Bombyx de l'Inde et de la Chine comme capables de remplacer, jusqu’à un certain point, le Bombyx du Mürier. C’est une faute grave. Aucune soie n’est vraiment comparable à la soie ordinaire. Pour dévider les cocons des Attacus,

1 Un ouvrage de M. Givelet, l’Ailante et son Bombyæ, a été publié en 1866. 2 Une publication de M. Personnat (de Laval) sur le Yama-mar a 616 faite en 1866.

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LES LÉPIDOPTÉÈRES,. 239

les fils ne se détachant pas par l’action seule de l’eau bouillante, on y ajoute de la cendre ou une autre substance alcaline qui permet le dévidage. De la sorte, le vernis de la soie est attaqué et les brins de plusieurs cocons ne s'unissent point comme cela a lieu dans le dévidage des cocons du Bombyx du Mürier. Rien ne prouve, il est vrai, qu'un moyen d'opérer, conduisant au résultat que l’on obtient dans le dévidage de la soie ordinaire, soit introuvable, mais jusqu'ici, à notre connaissance, il n’est pas trouvé. Du reste, en admettant que le même avantage soit réalisable avec les cocons du Bombyx de l’Aïlante et du Yama-maiï, on n'aurait pas encore une soie comparable, pour l'éclat, à la soie du Bombyx du Mürier. Il s’agit donc en réalité d’une autre matière textile, très-bonne pour la confection de tissus d’une grande solidité et d’un aspect fort agréable, comme on a pu en juger par des échantillons fabriqués et soumis à diverses teintures.

De nouvelles matières textiles, faciles à produire dans les régions où n'existe pas l'industrie de la soie, rendraient, pensonsnous, d'assez grands services pour que l’on puisse s’en contenter.

Une belle espèce de nos forêts, la Hachette d'Engramelle, consitue un genre particulier du groupe des Attacites (Aglia tau) Le Papillon a les ailes fauves avec une tache bleue.

Le nom de Rombyx a été plus particulièrement réservé pour les espèces qui, avec des antennes très-pectinées dans les mâles etun corps massif, ont des ailes d’une étendue médiocre, comparativement à celles des Attacus. Leurs chenilles ne sont pas tuberculeuses, mais très-velues.

Plusieurs Bombyx fort communs dans notre pays sont intéressants à plus d’un titre; il en est de si nuisibles à la végétation, qu'il faut plaindre le cultivateur assez malavisé pour ne point s’en préoccuper.

Le Bombyx connu sous le nom vulgaire de Minime à bande (Bombyx Quercis), peut être pris pour le type du genre. Le mâle a les ailes d’un brun ferrugineux, avec un point central blanc et

une bande transversale jaune ; la femelle, les ailes d’un jaune päle avec le point blanc et une bande très-claire à la même place. IL y a done une grande dissemblance dans la couleur des individus des deux sexes ; il y a également dissemblance dans la taille, car la femelle est beaucoup plus grande que le mâle. Le Minime à bande est répandu à peu près partout, dans les jardins aussi bien que dans les bois. Lorsqu'on possède une femelle nouvellement éelose, si l'on veut attirer une foule de mâles, il suffit de la placer lé soir sur une fenêtre ou sur un balcon. Aucune espèce n'est plus favorable pour répéter l'expérience si souvent faite, dont le résultat cause toujours la surprise, tant l'étrange faculté des Bombyx est demeurée inexplicable.

Les Minimes à bande se montrent au mois de juillet; au mois d'août, les femelles pondent leurs œufs sur les feuilles. L’éclosion des chenilles a lieu au bout de peu de jours; mais après leur naissance, elles ne prennent aucune nourriture, elles vont hiverner; hiverner avec la température du mois d'août. C’est un fait singulier dont les Lépidoptères nous offrent plus d'un exemple. À peine écloses, ces chenilles se mettent en quête d’une retraite; chacune va se loger dans une cavité dans la fissure d’une écorce, et elle attendra ainsi le printemps pour sortir de son réduit et aller gagner le feuillage dont elle doit se nourrir. Pendant neuf mois, elle se passera de tout aliment; elle demeurera dans un engourdissement complet, dans une sorte de léthargie, jusqu'à ce que les chaleurs de la saison nouvelle amènent son réveil.

Les chenilles du Minime à bande, d’un gris cendré, avec des raies latérales noires, quelques marques rougetres et une ligne jaune de chaque côté, sont couvertes de longs poils soyeux qui ondulent gracieusement quand elles marchent. Dans les bois, elles dévorent les feuilles des Chênes, des Ronces, des Genèts ; dans les champs, elles rongent les Groseilliers, les Prunelliers, etc.; dans les jardins, elles mangent les Lilas et les Troënes. Pour se transformer, elles s’établissent, soit entre les branches, soit sous des

rebords de murailles, soit dans des excavations, et filent un cocon ovalaire de couleur brune, à parois épaisses, d’un tissu serré et très-tenace.

Les champs de Trèfle sont quelquefois maltraités sur certains points par la chenille d’une espèce voisine , le Petit-Minime à bande d'Engramelle (Bombyx Trifoli). À l'automne, on rencontre, cou— ant à travers tous les chemins, une belle et grande chenille couverte de longs poils d’un roux châtain, ayant des incisions annulaires d'un noir de velours. Alors au terme de sa croissance, elle cherche un refuge pour hiverner, ne devant filer son cocon que l’année suivante. C’est la chenille d’un Bombyx (B. Rubi) que l’on appelle vulgairement la Polyphage, à raison de son indifférence dans le choix de sa nourriture.

Un Bombyx de petite taille (B. neustria), dont le nom commun s'applique à la chenille, la Livrée, est le plus répandu en Europe. Le Papillon a les ailes d’un jaune fauve ou roussätre, avec deux raies plus ou moins foncées sur celles de la première paire ; il se montre en juillet, un peu partout, mais surtout dans les vergers. La femelle fait sa ponte d’une manière très-singulière. Les œufs, fortement agglutinés, sont disposés tout autour de petites branches comme des anneaux ou de longs bracelets. Les petites chenilles n'éclosent qu'au printemps ; lorsque les arbres sont dépouillés de leurs feuilles, ces bracelets s’aperçoivent sans la moindre difficulté, et peuvent être aisément détruits. On ne devrait jamais y manquer, car le Bombyx neustrien n’est pas moins nuisible aux arbres fruitiers que les Liparis, mais le fait n’était sans doute pas à la connaissance des auteurs de la loi sur l’éche= nillage. Dès leur naissance, les chenilles se réunissent en groupes nombreux, et s’enveloppent d’une toile soyeuse retenue aux branches et au feuillage ; c’est seulement lorsqu'elles ont acquis toute leur taille qu’elles s'isolent. On a conseillé, pour les détruire, de couper les branches qui portent les bourses; mais il est facile de concevoir combien serait énorme le travail nécessaire pour

une semblable opération. Les Livrées sont velues, presque noires, avec une raie blanche sur le dos, trois raies fauves et une raie bleue de chaque côté. Elles vivent sur différents arbres, mais ce sont les Poiriers et les Pommiers qui ont le plus à souffrir de leur

LE BOMBYX NEUSTRIEN OÙ LA LIVRÉE (Bombyæ neustria ).

Une petite branche chargée d'œufs. — Le Papillon mâle au repos. — La femelle au vol. — La chenille,

présence. Au moment de se transformer, elles filent une coque mince, saupoudrée d’une poussière jaune ressemblant à de la fleur de soufre.

Les chenilles d’une espèce qui vit sur les Pins (B. pityocampa) sont souvent très-préjudiciables aux arbres des forêts de l’Allemagne. Ce Bombyx est aussi très-répandu dans les landes de Gascogne.

Le Bombyx processionnaire (B. processionea) est certes le

plus curieux parmi nos espèces européennes. Le Papillon, d'assez petite taille, ayant des ailes grises, très-pâles chez la femelle, traversées par trois bandes obscures, a une apparence bien modeste. Il parait dans les forêts vers les mois d'août et de septembre. Le; femelles déposent leurs œufs en paquets sur le tronc ou sur les grosses branches des Chênes, couvrant leur ponte avec les poils laineux qui garnissent l'extrémité de leur abdomen. Au mois de mai éclosent les chenilles. Celles-ci se groupent au nombre de plusieurs centaines, et filent en commun sur les trones une toile à mailles lâches et irrégulières, sous laquelle elles demeurent tranquilles pendant le jour. Le soir, elles grimpent dans le feuillage, mangent avidement, et le matin regagnent leur nid ou en contruisent un nouveau. Assez vagabondes dans leur Jeune âge, elles conservent plus ordinairement une résidence fixe quand elles ont pris un assez grand développement, mais à chaque mue elles établissent une nouvelle demeure. Un nid couvre parfois une portion considérable d’un tronc, et il consiste alors en plusieurs toiles superposées, difficiles du reste à distinguer à cause de l’enchevêtrement des fils. Les chenilles processionnaires ont frappé d'étonnement tous les observateurs par l’ordre établi dans leurs pérégrinations, et qui justifie leur nom. Si l'on examine un de leurs nids au milieu du jour, tout y est calme, les chenilles sont pressées les unes sur les autres et presque immobiles. Dès que le soleil a passé, un mouvement se produit, puis une agitation générale se manifeste. Une chenille sort du nid et commence à grimper sur le tronc; elle est suivie exactement par une autre chenille, celle-ci par une troisième ; cette troisième, par un rang de trois où quatre individus, qui est suivi à son tour par un ‘ang plus nombreux, et ainsi de suite. Les rangs vont d’abord en S'élargissant d'une manière assez régulière, mais le gros de la colonne finit par former une masse plus ou moins confuse. Au lieu d’une seule chenille au second et au troisième rang, 1l peut y en avoir deux ou trois, mais invariablement un seul individu

24h LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

ouvre la marche. Après leur excursion nocturne dans le feuillage et après s être repues, ces chenilles voulant regagner leur retraite, cest dans le même ordre qu’elles effectuent la descente. Si après avoir épuisé le feuillage d'un arbre, elles se portent sur un autre arbre, c’est toujours dans le même ordre qu'a lieu leur déplacement. On croirait qu'un individu donne le sigual du départ et devient le chef reconnu de la troupe entière, mais rien ne distingue la chenille qui marche en tête de celles qui la suivent, et nous ne pouvons ici que constater un instinct assez singulier. Parvenues au terme de leur croissance, les Processionnaires, qui ont renforcé les parois de leur nid avec les dépouilles provenant de leurs mues, demeurent rapprochées, et chacune construit le cocon dans lequel elle va se transformer en chrysalide. Notre dessin montrant les Processionnaires en marche, et attaquées par un gros Coléoptère, le Calosome sycophante et sa larve, a été exécuté au bois de Boulogne avec la plus serupuleuse fidélité. Le cadre restreint n’a pas permis cependant de représenter le nid dans son entier, ni la colonne de chenilles complétement développée.

Les Chênes du bois de Boulogne ont été fort maltraités dans ces dernières années par les Processionnaires. Le conservateur du bois, M. Pissot, auteur de plusieurs observations intéressantes sur les Insectes, a réussi à détruire d'immenses quantités de ces chenilles au moyen de l'huile lourde de goudron; mais les Chênes du voisinage étant abandonnés à leur sort, les Papillons se répandent partout, et vont déposer leurs œufs dans les endroits que l’on croyait le mieux purgés.

Les chenilles processionnaires ne sont pas dangereuses seulement par les dévastations qu’elles commettent ; leurs poils, qu’elles perdent continuellement, pénètrent dans l’épiderme avec une étonnante facilité, y produisent une sorte d’urtication et des démangeaisons insupportables, dont la persistance est fort longue. Il ne faut donc jamais toucher ces chenilles avec les doigts, ni

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