MÉTAMORPHOSES DE LA PSYCHÉ DU GRAMEN
(Psyche graminella),
n'a pas moins de 2 à 3 centimètres de longueur. Composé de petits morceaux de feuilles, tous taillés à peu près dans les mêmes proportions et artistement imbriqués de façon à figurer comme des falbalas, ce fourreau est ordinairement garni dans sa portion antérieure d’une ou deux rangées de brins de bois ou d'herbes disposés dans le sens longitudinal. Ces brins sont fournis par les plantes que la chenille affectionne, le Genêt, la Bruyère, les Graminées. Nous venons d'examiner ce fourreau lorsqu'il a acquis sa plus grande dimension ; mais quand la chenille était jeune, le fourreau était petit, et cependant c’est tou- Jours le même fourreau.
L'Insecte n’abandonne pas sa demeure devenue trop étroite, pour en confectionner une nouvelle. Quand > par suite de son accroissement, il se trouve resserré, 1l fait avec ses man dibules une fente à son habitation portatiwe; les bords de la fente s’écartent; une pièce formée d’un peu de soie et de débris de végétaux comblera l'intervalle. Tant de fois l’animal aura besoin de s’agrandir, tant de fois il recommencera la même manœuvre, afin d'augmenter la capacité de son fourreau . Cette chenille, d’un gris pâle, avec sa tête et ses trois anneaux thoraciques d'un brun roux marqués de points et de lignes noires, est sans beauté. Toute parure est inutile à qui doit vivre constamment dans l'obscurité.
Il y a quarante ans, un naturaliste anglais, Lansdowne Guilding, observait les mœurs et les transformations de Lépidoptères d'Amérique très-voisins de nos Psychés, mais d’une taille bien supérieure. Ces Insectes, ayant des ailes plus longues que les vraies Psychés et des antennes terminées en manière de soie, reçurent le nom générique d'OEceticus, faisant allusion à la maison que les larves portent avec elles. Depuis cette époque, des espèces du même genre ont été rencontrées en diverses parties du monde. L’une des plus remarquables est l'OEcétique de Saunders (OEceticus Saundersü), fort commune en Australie.
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Le mâle, qui a une envergure de 4 à 5 centimètres, a les ailes enfumées avec des veines transparentes; la femelle, très-massive, longue d'environ 4 centimètres et demi, ressemble par son aspect à celles des Psychés européennes. La chenille construit un fourreau qui atteint la longueur de 15 à 16 centimètres, d’une soie grise, fine et serrée, et dont les parois épaisses sont garnies à l'extérieur de büchettes espacées. Elle accroche ordinairement son fourreau aux branches d'arbres par de longs fils assez forts pour résister à l’action des vents impétueux qui règnent souvent en Australie. L'espèce décrite par un savant entomologiste de l'Angleterre, M. Westwood, a été observée dans toutes ses habitudes par notre voyageur M. Jules Verreaux.
Divers Bombycides, chez lesquels s’affaiblissent notablement les caractères de la famille, sont rangés dans une tribu particulière, les Hépialines. Ces Lépidoptères ont des antennes courtes, faiblement pectinées ou simplement dentelées, même dans les mâles; un abdomen allongé, avec l'oviducte presque toujours saillant chez les femelles.
Cette division comprend les Hépiales, dont les antennes, fort petites, sont à peine dentelées ou même moniliformes. Ce sont des Insectes peu nombreux en Europe, et au contraire très-répandus dans certaines régions du monde, l'Amérique, l'Afrique, l'Australie en particulier.
Les chenilles des Hépiales, s’attaquant aux racines de divers végétaux, ne se montrent jamais à la lumière; aussi sont-elles minces, allongées, décolorées. La plus grande espèce européenne est l’Hépiale du Houblon (Hepialus Humuh), le mâle ayant des ailes blanches, argentées, avec une bordure rougeûtre, la femelle des ailes d’un jaune vif, traversées par deux bandes d’un rouge fauve. Cet Insecte est fort commun dans le nord de l'Europe et dans les montagnes; il abonde dans quelques parties de la Suisse.
L'Australie est la terre des grandes Hépiales. L'une d'elles