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(Hepialus grandis), aux ailes grises, a une chenille énorme, entièrement blanche, qui vit dans les troncs des Casuarinas, les curieux arbres sans feuillage de la Nouvelle-Hollande. Les pauvres naturels de cette terre déshéritée pour les substances alimentaires recherchent les larves de la grande Hépiale, et la mangent toute vivante, avec une avidité digne de véritables sauvages. Ils se plaisent, nous a rapporté M. J. Verreaux, à humer l'intérieur de ces larves comme s’il s'agissait d’un fruit très-mür.
Un autre genre de la même tribu est celui des Zeuzères, trèsreconnaissables à leur corps épais, à leurs antennes pectinées à la base et terminées en manière de soie, surtout chez les mâles. Le type est bien connu : c’est la Zeuzère du Marronnier d'Inde (Zeuzera Æscuh), où la Coquetle des vieux entomologistes, un Papillon blanc très-velu, dont les ailes sont couvertes de points ou de petites taches d’un bleu d'acier. Sa chenille vit dans l’intérieur du tronc des Marronniers d'Inde. D’une couleur jaune, avec des points noirs, elle rappelle par son aspect, par sa démarche, les chenilles des Sésies. Il y a des conditions d'existence semblables, les analogies de conformation doivent se manifester. La Zeuzère du Marronnier n’est certainement pas un Insecte indigène; elle nous est venue du pays qui nous a fourni l'arbre aujourd'hui cultivé dans nos pares et nos grands jardins.
Les Cossus sont voisins des Zeuzères, mais leur corps est plus épais, leurs ailes plus larges, leurs antennes pectinées jusqu'au sommet. L'espèce commune est le Cossus Perce-bois (Cossus ligriperda); le Papillon bien reconnaissable à ses ailes grises, nébuleuses, avec des taches et de fines rayures cendrées et blanchâtres; la Chenille d’un rouge vineux, portant quelques poils rares. C’est la Chenille du Saule, rendue célèbre par la belle monographie de Lyonet. Dans plusieurs localités, en effet, les Cossus rongent les vieux troncs de Saules; dans notre pays, ils vivent particulièrement dans les troncs d'Ormes. Creusant d'énormes galeries, ils amènent fréquemment la mort de très-
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grands arbres. La chenille du Cossus fournit un admirable exemple des adaptations à un genre de vie spéciale; ce sont les particularités essentielles des chenilles de Sésies et des Zeuzères, plus prononcées que chez ces dernières. L’Insecte, destiné à ronger un bois dur, est pourvu d’une lèvre supérieure large, épaisse, sans échancrure, et de mandibules dentées d'une extrême puissance. Pour marcher avec facilité, dans les galeries qu'elle a creusées, cette chenille a des pattes membraneuses courtes et garnies d’une véritable couronne de crochets.
Lyonet ayant donné des figures exactes de ces pattes, on s'est imaginé que les crochets formaient à peu près dans toutes les chenilles un cercle complet ; de là le nom de pattes en couronne, employé d'une manière générale pour désigner les pattes membraneuses. Dans la plupart des cas, cependant, les crochets n'occupent qu'un demi-cerele; la couronne entière existe seulement chez les espèces qui cheminent, soit dans l'intérieur des tiges ou des troncs, soit dans l'épaisseur des feuilles.
D'autres Bombycides (ceux de la tribu des Notodontides) se rapprochent manifestement des Noctuelles par les proportions de leur corps et de leurs ailes, ayant cependant des antennes pectinées chez les mâles et une trompe rudimentaire, mais bien distincte, moins atrophiée que chez les autres représentants de la famille. A l’état adulte, ces Insectes n’offrent aucune particularité bien frappante; à l’état de larves, au contraire, ils présentent plusieurs singularités, notamment ceux du petit groupe des Notodontides, composé de quelques genres faciles à distinguer.
Le nom de Dicranures a été attribué aux Notodontides caractérisés sous leur forme de Papillons par des antennes un peu contournées et assez fortement pectinées dans les deux sexes, et sous leur forme de chenilles par une curieuse modification des pattes membraneuses de la dernière paire. Entre les diverses espèces du genre, arrêtons un instant notre attention sur la plus
commune. C'est de son nom vulgaire : la Queue-fourchue (Dicranura vinula).
LA QUEUE-FOURCHUE (Dicranwra vinula).
Le Papillon femelle et la chenille,
Dès les derniers jours d'avril et pendant tout le mois de mai, se montre fréquemment dans les endroits humides un beau Papillon de nuit très-reconnaissable à sa teinte générale d’un gris presque blane, avec des points et des raies sinueuses d’un noir assez vif ou d’un gris cendré. Le soir, l’Insecte vole près des Peupliers et des Saules; pendant le jour, il se cache sous le feuillage ou sur le tronc de ces arbres. La femelle a bientôt effectué sa ponte, et dans le mois de juin on trouve les chenilles isolées sur les feuilles des Peupliers. Toutes petites encore, leur
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couleur est presque noire. Quelques semaines plus tard, elles ont subi plusieurs mues, et leur taille est devenue très-forte. Ges chenilles lisses, avec leur grosse tête susceptible de rentrer dans le premier anneau du corps, avec le troisième anneau élevé et comme bossu, avec leur extrémité postérieure munie de deux prolongements souvent redressés, semblables à deux queues d'où l'on voit saillir à la volonté de l'animal un tentacule flexible, ont un aspect singulier. D'un beau vert tendre, la Queue-fourchue présente sur la région dorsale, étendue comme une sorte de manteau, une longue marque en losange d’un brun vineux avec une bordure blanche. Elle a des pattes membraneuses massives pour porter son corps pesant, et ces pattes sont armées de trèslongues épines. Les queues, presque blanches, sont garnies de tubercules noirs. La singularité offerte par cette chenille, c'est la transformation des dernières pattes membraneuses en deux appendices, sortes de queues percées pour le passage de tenta cules, sans doute attribués à l'animal comme moyen de défense dans des circonstances qui n’ont pas été observées. A l’aide de cet appareil, la chenille parvient peut-être à éloigner les Ichneumons et les Mouches cherchant à introduire leurs œufs dans son corps. Au terme de sa croissance, la Queue-fourchue, descendant au pied de l’arbre qui l’a nourrie, file une coque très-épaisse, trèsrésistante, agglutinant, avec une grande quantité de vernis, des détritus végétaux; l’Insecte passe l'automne et l'hiver à l’état de chrysalide.
Des Notodontides voisins des Dicranures, les Harpyies, aux antennes pectinées terminées par une soie, ont des chenilles plus bizarres encore. Le type du genre est surtout particulièrement remarquable : la Harpyie du Hêtre (Harpya Fagi).
La chenille, que l’on trouve au mois d'août et de septembre dans les forêts et les grands bois, habituellement sur les Hètres et quelquefois aussi sur les Chênes, les Aunes, les Bouleaux, à un aspect vraiment extraordinaire, D'un brun pâle ou d'une
teinte de cuir uniforme, elle n’attire point l'attention par sa couleur, mais elle a des pattes écailleuses de la seconde et de la troisième paire d’une longueur extrême, qui demeurent souvent pendantes. Les anneaux de son corps, du quatrième au septième, présentent deux gibbosités terminées en pointe; du neuvième au