MÉTAMORPHOSES DE L’HALIAS DU CHÊNE
(alias quercana),
La plupart des végétaux sont attaqués par des espèces de ce Sroupe. Dans nos jardins, les Rosiers se trouvent fréquemment maltraités par diverses Tordeuses,
Le nom de Pyrales est réservé aujourd'hui à des espèces qui, dans l'état adulte, se distinguent aisément des Tordeuses par leurs palpes très-longs et arqués. Le type du genre est la Pyrale de la Vigne (Pyralis vitana où P. pilleriana), Insecte dont tout le monde a entendu parler; Insecte qui, à différentes époques, a causé des ravages presque indescriptibles et a porté la désolation dans les pays de vignobles. Le papillon, de la taille de la plupart des Tordeuses, a les ailes jaunes, avec des reflets verdâtres et dorés et des bandes brunes plus ou moins marquées. I se montre au mois de juillet; la ponte a lieu bientôt après à la face supérieure des feuilles, sous la forme de petites plaques très-faciles à apercevoir. Au mois d'août, éclosent les petites chenilles. Celles-ci, malgré la température élevée, ne prennent aucune nourriture; chacune se suspend à un fil, attendant que l'agitation de l'air lui fasse atteindre le cep ou l’échalas. Ces chenilles pénètrent alors entre les fissures du bois ou de l'écorce, et commencent leur hivernage, qui doit durer jusqu'au printemps. Au retour de la belle saison, elles grimpent sur les pousses de la Vigne, etenlacent feuilles et grappes naissantes de fils soyeux, qui les réunissent en paquets. Elles rongent, elles dévorent ainsi, parfaitement à l'abri des dangers extérieurs ; dans l’espace de quelques semaines les Vignes attaquées par un grand nombre d'individus sont mises dans la condition la plus pitoyable, toute récolte est perdue. À la fin du siècle dernier, des naturalistes, Bose, l'abbé Roberjot, ete., furent amenés à s'occuper de la destruction de cet Insecte, sans l'avoir assez étudié dans ses habitudes pour obtenir un vrai résultat. De 1835 à 1 840, les ravages exercés par la Pyrale de la Vigne devinrent si effroyables dans plusieurs départements, et surtout dans Saône-et-Loire, que le gouvernement s’émut de toutes les plaintes qui lui parvenaient à ce sujet. M. Victor Audouin fut chargé d'étudier l'Insecte et de chercher le moyen de conjurer le mal. L'étude du savant professeur fut complète, comme l'atteste son bel ou-
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vrage sur les Insectes nuisibles à la Vigne. L'abbé Roberjot avait indiqué l'usage des feux pour prendre les papillons, moyen insignifiant. On avait parlé d’échenillage, opération absolument impraticable. M. Audouin montra qu'il était facile d’anéantir les œufs en enlevant les feuilles chargées de plaques bien visibles pour tout le monde; il avait reconnu en même temps les stations d'hiver des jeunes chenilles, et cette observation ne devait pas tarder à ètre mise à profit. L’enlèvement des œufs exigeait en effet une main-d'œuvre assez considérable. On eut l’idée de procéder pendant l'hiver à un échaudage des ceps et des échalas : c'était la certitude d'atteindre toutes les chenilles sans exception. Le succès fut complet, et aujourd’hui jamais les Vignes n’ont à souffrir de la présence de la Pyrale, si cette simple précaution n’est pas négligée.
Les Pyralines qui rongent les fruits ont été distinguées des Tordeuses sous le nom de Carpocapsa. Les poires et les pommes sont fréquemment rongées à l’intérieur par une petite chenille que chacun a eu l’occasion d'observer : c’est la Carpocapsa des pommes (Carpocapsa pomonana). Quand elle a acquis toute sa croissance, elle perce le fruit, qu’elle abandonne complétement, et file une petite coque soyeuse pour subir sa transformation en chrysalide. Le papillon est charmant ; ses ailes, d’un gris de fer, sont ornées de raies et de taches d’une brillante teinte de bronze. Une espèce du même genre (C. splendana) vit dans les fruits du Châtaignier, les marrons que l'on fait rôtir pendant l'hiver. Certaines chenilles de Carpocapsa s’agitent parfois beaucoup dans l'intérieur des fruits ou des graines qu’elles habitent. M. Lucas a possédé, il y a quelques années, de grosses graines d'Euphorbes provenant du Mexique, qui saulaient jusqu'à une hauteur de 5 à 6 millimètres lorsque la température s'élevait. Le fait semblait difficile à comprendre; l'observation conduisit à reconnaître que ces mouvements des graines déjà desséchées étaient dus à l'agitation d’une chenille de Carpocapsa.
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Les Tinéines sont les plus petits parmi les petits Lépidoptères, mais ce sont les plus variés dans leurs habitudes. Elles ont des ailes étroites, bordées d’une longue frange soyeuse, de longs palpes plus ou moins redressés au devant de la tête.
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LA TEIGNE DES TAPISSERIES ( Tinea tapexella).
Une couverture altaquée par des Teignes. — Des fourreaux suspendus pour la transformation des chrysalides, — Le Papillon de grandeur naturelle, — Une Chenille à nu, grossie. — Ghenilles dans leur fourreau, très-grossies,
Les Teignes proprement dites (Tinea) ont les palpes beaucoup plus courts que les autres Tinéines et en même temps peu courbés. Plusieurs d’entre elles sont un véritable fléau dans nos habitations. Se nourrissant de substances animales, elles attaquent tous les tissus de laine, les fourrures, les plumes, les erins et les réduisent en poudre. Bien industrieuses sont les chenilles des Teignes; faibles, ayant des téguments mous, elles savent s ha-
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biller et s’habillent avec infiniment d'art. Réaumur à payé un large tribut d'admiration à ces Insectes.
La Teigne des tapisseries (Tinea lapezella), que Geoffroy appelait la Teigne bedeaude à téle blanche, est l'une des plus redoutables. La petite chenille rongeant les étoffes de laine se construit avec de petits brins, qu'elle tisse d’une manière fort habile, un fourreau à peu près cylindrique. Obligée, par suite de sa croissance, d’avoir une demeure plus spacieuse, elle l’allonge au moyen de fils ajoutés à chacun des bouts. Voulant élargir le fourreau, elle le coupe dans toute sa longueur et y adapte une pièce de la largeur convenable. Que l’on s'amuse à prendre de jeunes chenilles, et, à de courts intervalles, à les transporter sur des morceaux de drap de différentes couleurs, les Teignes auront bientôt un véritable habit d'arlequin, qui permettra de suivre la façon dont s'exécute leur travail. Au moment de la transformation, elles attachent leur fourreau par une extrémité, et se retournent ensuite pour que les papillons trouvent une issue par le bout demeuré libre. Ceux-ci ont les ailes brunes à la base, d'un blanc gris dans le reste de leur étendue.
La Teigne des pelleteries (Tinea pelhonella) se fabrique un fourreau avec de la soie et de petits morceaux de poils coupés de la même taille. Cette espèce est un fléau pour les fourrures. Le papillon a les ailes grises avec trois points noirs.
La Teigne du crin (Tinea crinella) a les mêmes mœurs que les précédentes, mais elle attaque exclusivement les erins, les plumes, les peaux. Elle est fort à redouter pour les meubles. Le papillon a les ailes d’un fauve pâle uniforme.
On éloigne ces Insectes avec différentes odeurs : poivre, camphre, etc. ; mais le plus sûr est de remuer, d’agiter souvent et d'exposer à la Inmière les objets que l’on tient à conserver.
La Teigne des grains (Tinea granella) est considérée à juste titre comme une véritable calamité. Elle vit aux dépens des céréales amassées dans les greniers, l'orge, le seigle, le blé plus
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encore, Avec une fine soie blanche, elle réunit plusieurs grains, s'établit entre eux dans un petit tuyau de soie, et poursuit ainsi son œuvre de destruction.
Des Tinéides ayant de longs palpes garnis de grands poils et des ailes un peu en forme de faux, étant à l'état de chenilles, vivent sur diverses plantes, et se font remarquer par la perfec—