‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 70 sur 174 · LA CERCÉRIS DES SABLES · texte numérisé non relu

LA CERCÉRIS DES SABLES

( Cerceris arenaria).

4 et 2, Femelles en diverses attitudes, — 3. Mâle.

Coléoptères de la famille des Charançons. Elle ne tient pas à l'espèce, mais elle parait tenir essentiellement aux Charançons. Les investigateurs en ont compté de dix ou douze espèces, et de genres très-différents, dans les nids de la Gercéris des sables. Ce choix étonne ; on songe à la dureté des téguments de ces Coléoptères destinés à être dévorés par des larves molles, d’une extrême faiblesse. En y regardant de près, l’étonnement diminue : l'Hyménoptère à l'instinct de s'emparer de Charançons nouvellement éclos, dont les téguments ne sont pas encore très-fermes. D'un autre côté, les larves paraissent être assez habiles pour savoir entamer leur proie dans les articulations.

La Cercéris à quatre bandes (Cerceris quadricincta) observée par M. Fabre, a également le goût des Charançons, mais des plus petits, des Apions, de sorte qu'il lui faut en réunir une trentaine d'individus pour chacune de ses cellules. Le pauvre Hyménoptère a fort à faire pour peu qu'il construise de vingt à trente cellules.

Une autre Gercéris étudiée dansses habitudes par Léon Dufour,

assassine les Buprestes, de jolis Coléoptères (Cerceris bupresticida). Manœuvrant comme tant d'autres Fouisseurs, elle apporte un de ces Insectes jusqu'au bord de sa galerie, le dépose sur Je sol, entre à reculons dans son trou, puis vient ressaisir sa proie et la descendre dans sa loge.

Enfin, plusieurs espèces de Cercéris s'emparent d'Hyménoptères : la Cercéris ornée (C. ornata) prend des Mellifères; une autre chasse des Ichneumonides et des Chalcidides. |

Il est encore un type bien curieux du petit groupe des Cercérites, le genre Philanthe, que des mandibules unidentées et des antennes écartées à leur origine distinguent du genre, Cercéris. Les mœurs de l'espèce la plus commune, le Philanthe apivore (Philanthus apivorus ou P. triangulum), ont été décrites par Latreille, en l'année 1802.

Le Philanthe apivore a la tête et le thorax noirs, tachetés de jaune, l’abdomen jaune avec une tache triangulaire noire sur chacun des anneaux de l'abdomen ; ces signes suffisent à le faire reconnaître. Dans les sentiers, dans les terrains légers, il creuse des galeries qui, généralement, commencent par être verticales et deviennent ensuite horizontales en se prolongeant plus ou moins : nous en avons vu d'assez peu profondes; mais d’un autre côté on assure que ces galeries ont souvent une étendue de plus de 30 centimètres. Au reste le Philanthe nous intéresse surtout à aison de son audace particulière. Il se pose sur les fleurs, il butine nonchalamment comme s'il n'avait rien de plus à désirer, mais que l'observateur l’épie avec patience, un spectacle curieux s’offrira bientôt à ses yeux. Une Abeille survient et s'occupe de faire sa récolte ou de miel ou de pollen sans prêter la moindre attention ailleurs. Le rusé Philanthe l’examine, et jugeant la position bonne, s’élance sur elle avec toute l’impétuosité imaginable; il la saisit avec ses mandibules entre la tête etle corselet, et presque toujours parvient à la renverser sur le dos et à la piquer de son aiguillon, L’Abeiïlle oppose la plus vive résistance, mais le

Philanthe est plus agile et rarement il manque son coup. Après avoir été piquée, l’Abeille se tord dans quelques convulsions,

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