‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 71 sur 174 · LES MÉTAMORPHOSES DU PHILANTHE APIVORE · texte numérisé non relu

LES MÉTAMORPHOSES DU PHILANTHE APIVORE

(Philanthus triangulum, Fabr, ; Philanthus apivorus, Latr.). Des individus transportent des Abeilles; dons une coupe du lerrain on voit une loge occupée par le corps d'une

Abeille que vient d'apporter un Philanthe, une autre loge où une larve déjà grosse a consommé en grande partie

sa provision, d'autres loges où l'on remarque des coques à parois transparentes, laissant voir les larves dans leur intérieur, s

cherche à frapper avec son aiguillon, étend sa trompe, pour finir en un moment par tomber inerte. Le ravisseur, la prenant alors avec ses mandibules et entre ses pattes, s'envole avec son lourd

fardeau. En approchant de son nid, on le voit parfois s'arrêter comme s’il s’'inquiétait d’un danger possible, puis reprendre son essor et arriver à son trou avec le produit de sa chasse. Un œuf est déposé, il se met à murer l'entrée de sa galerie.

Fréquemment les Philanthes sont en grand nombre dans les mêmes lieux; plusieurs centaines d'individus travaillent simultanément, déployant une ardeur infatigable, sans se préoccuper en aucune façon les uns des autres. Leur hardiesse est incroyable, car souvent ils s’'approchent des ruches et osent engager des combats, là où ils ont la chance de tomber victimes de leur audace. Le Philanthe apivore est-il le Crabro des anciens Romains, qui combal, selon l'expression du poëte, imparibus armis? Peutêtre, mais les naturalistes n’oseraient l’affirmer.

La larve apivore, d'une forme assez ramassée, n’offrant du reste aucune particularité qui mérite une description de notre part, a pris toute sa croissance lorsqu'elle a mangé son Abeille; elle se construit alors une coque soyeuse à parois minces, presque transparentes, tout à fait transparentes, si l’on plonge la coque dans un liquide. Cette coque mérite bien une description qui n’a jamais été faite, c'est une véritable petite bouteille allongée, dont le fond est arrondi, le goulot bien prononcé, et paraissant cacheiée avec de la cire noire. En voyant les coques des Philanthes, on penserait volontiers avoir sous les yeux des objets provenant du mobilier d’un homæopathe.

Les Crabronites se distinguent des précédents par leurs antennes renflées à l'extrémité et par leur abdomen sans étranglement. Les vrais Crabrons comme les Cercéris ont le corps noir, varié de jaune. L'un des plus grands, le Crabron à grosse tête (Crabro cephalotes), a été observé par M. Shuckard, creusant des cellules dans le bois pourri à l’aide de ses mandibules ter minées en pointe bifide. La plupart des espèces de ce genre approvisionnent leurs nids avec des Diptères.

Les Cémones, petits Crabronites noirs aux mandibules tri-

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dentées, font leurs nids dans des tiges sèches. Le Cémone triste (Cemonus lugubris) construit des cellules régulières dans des tiges de ronce, comme l’attestent les exemples qui nous ont été fournis par M. Fabre. Les Mellines n’ont pas les antennes cou-

dées des Crabrons ou des Cémones; le type du genre, le

LE CÉMONE TRISTE ET SON NID, (Cemonus tugubris).

Melline des champs (Mellinus arvensis), insecte noir, varié de jaune, creuse son nid dans les endroits sablonneux, et approvisionne chaque cellule avec huit où dix mouches.

Les Opynémpes se rapprochent des Guêpes, au plus haut degré; elles en ont l'aspect général, la coloration ordinaire, et ce qui est plus notable, la faculté exceptionnelle de plier en deux leurs iles dans le sens longitudinal pendant le repos. C’étaient les

Guëêpes solitaires de Réaumur et de divers auteurs. Cependant plusieurs caractères extérieurs dénotent entre les Odynérides et les Guêpes ou Vespides des différences profondes dans les habitudes.

En effet, les Odynérides ne peuvent jamais être confondues avec les Guêpes, si l’on considère leurs mandibules fort longues, leurs antennes simplement arquées et non coudées, leurs jambes postérieures garnies d’épines dans toute la longueur. Ces Insectes, au contraire de la plupart des autres Fouisseurs, ont des mâchoires et une lèvre inférieure très-allongées, celle-ci divisée en trois ou quatre filets; conformation indiquant une parfaite aptitude à pomper le miel dans les fleurs. Les Odynérides se composent de deux grands genres, les Odynères et les Eumènes. Les premiers ont l’abdomen attaché au thorax par un court pédicule; les seconds ont l'abdomen campanulé à la base.

Elles sont charmantes ces fausses petites Guêpes noires ceinturées de jaune. Ils sont charmants ces Odynères, par leur agileté, par leurs mouvements gracieux, on dirait volontiers par leur physionomie intelligente ; ils sont charmants par leur habileté à construire. Réaumur a été leur premier historien, et l'historien enthousiasmé de leurs mœurs. Audouin et Léon Dufour, en France, Shuckard, en Angleterre, ont ajouté des pages intéressantes à leur histoire.

L'Odynère des murailles (Odynerus parietum), ayant un point entre les antennes, le bord du thorax, deux taches sur l’écusson et le bord de tous les anneaux de l'abdomen d’un jaune vif, est très-abondamment répandu dans certaines localités: Cest l'espèce étudiée par Réaumur que bien d’autres ont étudiée après lui et que l’on étudie toujours avec bonheur.

Dans les premiers jours du mois de juin, nous trouvant dans le département du Nord, à peu de distance de Denain, en compagnie de deux amis, notre attention se trouva appelée par un ravissant spectacle. La route était bordée par un talus d'en-

viron 2 mètres d'élévation qui la séparait d’un immense champ de luzerne. Le talus était formé d’une terre assez dense et ex-

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