LES GUÊPES DES BOIS ET LEURS NIDS
(Vespa syluestris),
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LES HYMÉNOPTÈRES. h11
dans de vieux troncs d'arbres largement excavés, car ils ont besoin de beaucoup d'espace pour établir leur vaste construction. Au sommet de la cavité, ils attachent un premier rayon au moyen d'une assez grande masse de pâte bientôt façonnée en une sorte de pédicule ou de support. Un second rayon s’ajoute au-dessous du premier, auquel il est fixé par des piliers ou des colonnettes plus où moins nombreuses. Tous les rayons sont ainsi attachés successivement les uns aux autres. Quand les Frelons ont installé leur domicile dans une cavité dont les parois le protégent suffisamment, ils ne font d’enveloppe que pour les parties qui restent à nu. Ils savent faire mieux cependant, et beaucoup mieux même, si les circonstances l’exigent. Les vieux troncs d'arbres crevassés, pourris à l’intérieur d’un effet {out pittoresque, qui plaisent aux artistes, n'étant pas le moins du monde du goût des conservateurs des forêts, sont devenus rares en France de nos jours. Les Frelons, assez intelligents pour s'épargner un peu de besogne quand ils le peuvent, trouvent difficilement à se loger. Forcés de s'établir à découvert, ils profitent d'une toiture avancée, d’un grenier à l'abandon, et abrités par un simple plafond ils bâtissent leurs nids. Aucune paroi naturelle ne protégerait leurs rayons, alors, comme la Guêpe des arbustes, ils fabriquent des enveloppes habilement superposées.
Des guêpiers de Frelons ainsi construits, ayant jusqu’à 30 centimètres de hauteur et 35 à 40 de diamètre, sont vraiment des objets magnifiques, et plus d’une fois ils ont excité l'admiration de ceux qui les découvraient. Nous avons vu des personnes en trées en possession d’un beau nid de Frelons, s'imaginant que la vente d'un si merveilleux produit allait leur procurer une petite fortune.
Ils sont bien beaux, en effet, ces grands nids de Frelons, mais aussi comme ils sont fragiles! Les Guêpes ordinaires détachent sur les arbres vivants des fibres ligneuses, et avec cette sub-
stance, elles fabriquent un papier ferme, tenace, de bonne qualité enfin; au contraire, les Frelons prennent du bois pourri et avec cette matière ils confectionnent un papier jaune ou roussâtre, d'une teinte fort agréable à l'œil, mais un papier cassant, friable au plus haut degré, un papier de mauvaise qualité, que les habitants du nid savent ne pas endommager.
Les Guêpes au corps élancé, dont l'abdomen a son premier anneau aminei en un pédicule assez long, et dont le chaperon affecte une forme triangulaire, composent le groupe des Polistites.
Chez les espèces du genre Poliste, le premier anneau de l'abdomen, s’élargissant en arrière, prend la figure d’une clochette. Il y en a à peu près par le monde entier de ces Polistes, mais c’est assez de nous occuper de l'espèce commune de notre pays. Elle se trouve dans la plus grande partie de l'Europe, dans l'Asie Mineure jusqu’en Perse, dans le nord de l'Afrique jusqu’en Egypte, et néanmoins Linné, évidemment peu renseigné sur l'étendue de sa distribution géographique, l’a appelée la Poliste de France ou la Poliste française (Pobistes gallica).
La Poliste de France est noire, peinte de jaune, avec les
“antennes de cette dernière couleur. On la voit fréquemment dans les clairières des bois, et l’on éprouve un grand charme à contempler au printemps, une femelle, une mère seule, occupée, ou de l'édification de son petit nid, ou des soins que réclament ses larves. L'observation est facile, car les Polistes attachent leurs nids à des plantes basses ou à des arbrisseaux peu élevés. Les Genèêts, par exemple, leur fournissent des tiges droites, grêles, fort à leur convenance. La femelle féconde qui se montre, vers le mois de mai, ardente au travail, après son long hivernage, se met à construire, avec une substance analogue à celle dont fait usage la Guêpe des arbustes. Des fibres d’écorce sont réduites en une pâte homogène et la pâte est convertie en papier gris, ferme. L'Hyménoptère emploie d'abord une quantité de matière assez considérable pour faire une attache solide et le pédicule qui sou-
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EM. DLANCHAND, PAGE 419,
LIBRAIRIE GERMER BAILLIÈRE
IMPA. DE E, MARTINETe