‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 76 sur 174 · LES POLISTES FRANÇAISES ET LEURS NIDS · texte numérisé non relu

LES POLISTES FRANÇAISES ET LEURS NIDS

(Polistes y allica).

LES HYMÉNOPTÈRES. h13

tiendra le rayon. C'est un tout petit rayon que construit la Po liste; il aura cinq, six, huit cellules, rarement davantage. Ce rayon doit rester à découvert; il sera agrandi plus tard par l’adjonction de nouvelles cellules, mais jamais il ne sera revêtu d'aucune enveloppe.

L'observateur, se transportant chaque jour dans les localités ou nidifient des Polistes, peut suivre aisément tous les travaux des industrieux Hyménoptères, toutes les phases de la vie des larves. Sans enveloppe, sans abri, ces nids élégants etmignons semblent bien exposés, mais en y regardant de près on admire l’heureuse disposition qui garantit les larves contre les intempéries des saisons. Les nids ont toujours une direction oblique, de la sorte, l'eau ne peut ni entrer dans les alvéoles ni séjourner sur le plafond; tournés vers l’est, les plus mauvais vents et la pluie venant habituellement du côté opposé, les habitants n’ont pas grand'chose à redouter.

Notre femelle printanière ayant soigné sa petite couvée, les larves arrivent au moment de se transformer en nymphes; elles filent une coque soyeuse et voilà leurs cellules fermées comme par uu petit couvercle. Les adultes ne tardent pas à éclore ; c’est une nichée d’ouvrières qui vont bâtir de nouvelles cellules, mais jamais le rayon n'aura une bien grande étendue. Cinquante à soixante cellules, c’est déjà beaucoup pour le nid de notre Poliste de France; il est des circonstances cependant, circonstances rares, Où la population, s’accroissant d’une manière exceptionnelle, les Polistes construisent un second rayon qu'elles attachent au premier par des piliers, exactement comme le font les vraies Guêpes.

Notre dessin donne une idée bien exacte des nids de Polistes, à diverses périodes d’accroissement. Dans le plus grand, on voit des alvéoles habités par des larves, au corps déprimé, à la tête large et forte ; elles attendent la becquée de leurs nourrices. D'autres alvéoles sont clos, les larves se sont enfermées pour

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h14 LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

subir leur métamorphose, les Insectes adultes ne sont pas nés encore. Lenid a été représenté tel qu'il était avec ses hôtes pleins de vie, larves et adultes.

Des Guêpes au corps élancé comme celui des Polistes, et même plus délicat, plus élégant encore, ayant le pédicule de l'abdomen formé par le premier anneau tout entier, compose le genre des Polybies, Vespides étrangères à l'Europe, extrèmement répandues dans les parties chaudes de l'Amérique. Les Polybies se font admirer comme tant d’autres Vespides par leurs constructions tantôt immenses, tantôt petites et d’une délicatesse ravissante, et fort variées selon les espèces.

Au Brésil, à la Guyane, abonde une Polybie (Polybia liliacea) d’une taille bien médiocre, — son corps noir, bigarré de jaune, n'a pas plus de 12 à 14 millimètres de longueur, — qui construit un nid dont les dimensions sont prodigieuses. On en voit dans la galerie du Museum d'histoire naturelle, un échantillon, dont la partie inférieure a été détruite. M. de Saussure dit «qu’on peut, à juste titre, considérer cet édifice comme un des plus grands miracles de l'architecture des Insectes » ; il ne sera pas démenti. Le guêpier que nous connaissons de cette Polybie a une hauteur de 1",10 et les plus grands rayons n’ont pas une circonférence de moins de 1",17. Ce nid incomplet, présentant encore vingt-six rayons, contient des milliers d’alvéoles. Il est attaché à une branche d'arbre; son enveloppe est rude, inégale, d’un brun rouge. Les rayons font corps avec l'enveloppe comme dans les constructions des Guêpes cartonnières dont nous allons signaler les particularités.

Une autre espèce du même genre propre à l'Amérique centrale (Polybia scutellaris), signalée il y a vingt-cinq ans par un naturaliste de l'Angleterre, M. A. White, fait également un nid gigantesque se distinguant de tous les autres guêpiers par une singularité. L’enveloppe, fort épaisse, est couverte de gros tubercules pointus dont rien jusqu'ici ne vient nous indiquer l'usage.

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