D TT LT
LES HYMÉNOPTÈRES. hA5
On peut également voir ce nid dans les galeries du Museum.
De toutes petites Polybies établissent leur habitation à la face inférieure des feuilles. M. de Saussure en a fait connaitre deux ou trois espèces de l'Amérique du Sud. Nous en signalerons une autre, que nous appellerons la Polybie des Palmiers (Polybia palmarum). Elle est commune au Guatémala. Gette Guêpe mignonne, longue de 6 millimètres, a le thorax jaune avec trois bandes noires, l'abdomen brun ou noir avec des ceintures jaunes. Elle construit son nid à la face inférieure d'une feuille de palmier; elle n’a pas besoin de beaucoup de place, la largeur d'une feuille lui suffit. Ce nid de la Guèpe ou Polybie des palmiers consiste tout simplement en un rayon habituellement de forme ovalaire, revêtu d'une enveloppe percée d’une ouverture à la partie inférieure. La substance est un papier d’un jaune roussâtre assez cassant. Voilà qui paraïtra fort ordinaire, après ce que nous con= naissons d’ailleurs ; mais que l’on s'arrête à considérer les cellules qui n'ont pas plus de 1 à 2 millimètres et pourtant d’une régularilé parfaite, d'une construction irréprochable; que l’on regarde dans leur ensemble ces petits nids pour lesquels une feuille est un abri suffisant, avec leur couleur fauve, tranchant sur la teinte du feuillage. Puis, que l’on se figure ces gentilles constructions avec leurs habitants, entrainées dans le mouvement des feuilles secouées par le vent, et l’on éprouvera en son âme une impression singulière à la pensée de ce monde si actif et si intelligent pour lequel une feuille de palmier est le séjour de prédilection.
Un dernier groupe de Vespides nous est fourni par de petites Guëpes de l'Amérique dont le corps est ramassé. Les Chartergues, qui en constituent le genre le plus important, ont l'abdomen ovale, avec le premier anneau de l'abdomen emboîtant l'origine du second. L'espèce la plus répandue est la Guêpe cartonnière de Réaumur (Chartergus nidulans), noire, avec l'écusson et le
h16 LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.
bord de tous les anneaux de l’abdomen jaunes. Cette Guëpe toute mignonne construit des nids d’une étonnante perfection et en même temps d’une solidité bien remarquable. Attachés aux branches d'arbres par une sorte d’anneau, ces nids sont formés d'un carton fin, blanchâtre ou d’un gris clair. Comme l'exprimait Réaumur, « ce ne serait pas assez dire que cet objet paraît de carton; ilen est réellement ». En effet, on en montra un échantillon à un fabricant qui, après avoir bien examiné le produit de la petite Guêpe américaine et s'être extasié sur sa belle qualité, déclara qu'aucune maison de Paris n’était capable de fournir de pareil carton, que celui-là venait peut-être d'une fabrique d'Orléans. Ces nids, très-abondants dans l'Amérique méridionale, affectent la fornie de sacs. Analogues à ceux de certaines Polybies, les rayons et l'enveloppe sont intimement unis; une ouverture, ménagée dans la partie céntrale des rayons, est l'unique passage permettant la cireulation de bas en haut de l'édifice. Un nid de Cartonnière consiste, à son origine, en un gâteau à peu près circulaire revêtu d’une enveloppe percée d’un trou. Des alvéoles étant bâtis sur la face inférieure de cette enveloppe, celle-ci devient le fond d’un nouveau gâteau, les parois sont alors prolongées etrecouvrent la nouvelle construction, et il ÿ aura ainsi des rayons successivement ajoutés jusqu'à dix ou douze.
Les Nectarinies, distinctes des Chartergues par le premier z00nite de l'abdomen très-petit, construisent encore de très-jolis nids à enveloppe papyracée. Ces petites Guêpes amassent du miel qui est fort recherché par les Indiens des pampas.
A la Guyane vit une Guêpe toute noire, avec les ailes enfumées; c’est la Guêpe Tatou (Tatua morio), type d'un genre particulier à raison de sa tête plus large que le thorax, de son abdomen ayant un long pédicule formé par le premier anneau tout entier, et de quelques autres caractères moins apparents. Le nid de cette espèce est l'une des étonnantes merveilles de l’architecture des Insectes. M. de Saussure attribue, à la vérité, à la
LIBHAIKIE GERMER BAILLIÈRES